10 novembre 2011

HENRI BOISSELEAU

Boisseleau Henri

Henri Constant Auguste BOISSELEAU est né le 19 novembre 1889 à Ardelay en Vendée.
A 20 ans, il effectue son service militaire au 137e régiment d'infanterie à Fontenay le Comte. Libéré de ses obligations militaires, il rentre à Ardelay ou il exerce la profession de charpentier. Il se marie le 29 septembre 1913 avec Marie Papin.
Rappelé sous les drapeaux par la mobilisation générale du 2 aout 1914, Henri Boisseleau est affecté au 137e régiment d'infanterie et part au front.
Le 18 avril 1915 nait son premier enfant, une petite fille prénommée Simone.
Henri Boisseleau est blessé une première fois à l'été 1915 et évacué à l'hôpital Joubert d'Ancenis. Après guérison, il repart au front et est affecté à la 11e compagnie du 19e régiment d'infanterie le 26 septembre 1915. il est mortellement blessé le 8 octobre 1915 à Tahure. Un éclat d'obus lui déchiquète la jambe. Il est conduit dans un hôpital à La Croix en Champagne ou il a "la chance" d'y retrouver son propre frère. Ce dernier lui donne son sang mais les erreurs de compatibilité et la rusticité de la technique de transfusion sanguine ne permet pas de le sauver. Henri Boisseleau meurt des suites de ses blessures ce même jour. Son frère, présent à son chevet, recueille son dernier souffle. Il sera inhumé à La Croix en Champagne.
Le 26 avril 1916 nait sa seconde fille, Marie, qui ne connaitra jamais son père. Inconsolable, son épouse mourra de la grippe espagnole quelques mois plus tard laissant les petites Simone et Marie orphelines.
En 1922, le cimetière de La Croix en Champagne est désaffecté et les corps des soldats transféré dans la nécropole nationale de Saint Jean sur Tourbe ou Henri Boisseleau repose encore de nos jours.
Henri Boisseleau sera décoré de la médaille du combattant et de la croix de guerre.

Boisseleau H 137e RIHenri Boisseleau lors de son service militaire au 137e RI de Fontenay le Comte.

Merci à son arrière petit fils Sébastien Boudaud pour ses informations et photos.

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26 octobre 2011

RECHERCHES ARCHEOLOGIQUES A LA BOISSELLE

En parallèle de la cérémonie d'inauguration après restauration du calvaire breton dédié aux soldats du 19e régiment d'infanterie mort pour la France le 17 décembre 1914, se déroulait une opération "portes ouvertes" sur le site ou des recherches archéologiques sur la première guerre mondiale sont effectuées à Ovillers La Boisselle.
Menées par un groupe d'historiens britanniques, ces recherches ont pour but de mener une étude détaillée d'un champ de bataille de la 1ère guerre mondiale, l'étude et la cartographie du réseau de galeries, sapes et puits souterrains, vestiges de la guerre des mines et la préservation d'un lieu unique de la première guerre mondiale resté quasiment en l'état depuis la fin du conflit grâce à la volonté des propriétaires.

En 1915, ce terrain faisait partie du secteur de la 44e brigade d'infanterie. Le 19e et le 118e R.I s'y sont relayés pour garder cette ligne de front jusqu'à fin juillet 1915, date à laquelle ils ont été relevés par l'armée britannique. Hiver terrible pour les soldats bretons ! Sous les bombardements et fusillades incessants, dans le froid, ils se transforment en terrassiers et creusent tout un réseau de tranchées et boyaux qui porteront les noms de soldats tués dans ce terrain. De plus, une guerre des mines est poussée activement sur ce petit morceau du front. De nombreuses galeries souterraines sont creusées dans le sous sol en direction des lignes ennemies afin d'y placer des explosifs pour faire sauter la tranchée adverse. Les allemands font de même. Les soldats vivent dans l'angoisse permanente d'être enseveli vivant par une explosion de mine. Ces travaux de fortification du terrain et de guerre des mines seront poursuivis par les soldats britanniques.

Vue générale

A l'occasion de ces portes ouvertes, les historiens britanniques avait matérialisés les tranchées avec des petits drapeaux (jaune pour les franco-britanniques, rouge pour les allemandes). Par endroit, celles-ci ne sont distantes que de 35 mètres. Les noms des tranchées ainsi matérialisées était inscrit sur un panneau de bois, en haut le nom français, en dessous le nom que les britanniques ont donné à cette tranchée quand ils ont repris le secteur.

Tranchée Dohollou

 

Jean Dohollou était sous lieutenant au 19e régiment d'infanterie. Il est mort des suites de ses blessures à l'ambulance 3/11 installée à Dernancourt le 5 mars 1915. Son nom a été donné à la tranchée ou il a été mortellement blessé. La tranchée Dohollou était la tranchée de 1ere ligne. Elle n'a pas été renommée par les britanniques.

 

 

 

 Tranchée Joanny

Pierre Marie Jouanny était sergent au 19e régiment d'infanterie. Il a été tué au combat le 28 février 1915 à La Boisselle, probablement non loin de la tranchée qui a pris son nom. Les soldats britanniques ont renommé cette tranchée "Tummel Street".
A noter une petite erreur dans l'orthographe du nom.

 

 

 

 

 

Tranchée QuemarFrédéric Hyacinthe Quémar était sous lieutenant au 19e régiment d'infanterie. Il a été tué au combat le 7 février 1915 à La Boisselle lors d'une attaque pour occuper les lévres de l'entonnoir produit par l'explosion de mines allemandes. Il a donné son nom à la tranchée qui se trouvait juste devant cet entonnoir. Elle été renommée "Fairmaid Street" par les soldats britanniques.

 

 

 

 


Entonnoir du 7 février 1915Des entonnoirs de mines ont été dégagées, ici celui du 7 février 1915.

L'ilot

 

 

Les chercheurs sont parvenus a localiser l'Ilot, théâtre d'âpres combats pour le 19e régiment d'infanterie.

 

 

 

 

 

 

Au cours de cette session de fouilles, les historiens et archéologues découvert et remis à jour deux entrées de galeries souterraines, une française et une britannique.

Galerie Française

Entrée de la galerie française. On y voit les restes du boisage fait en 1915.

La prochaine session de recherches sur ce terrain à Ovillers La Boisselle aura lieu au printemps 2012.
Pour en savoir plus sur ces recherches archéologiques et suivre l'avancée des travaux, n'hésitez pas à consulter le site des historiens britanniques ici => http://www.laboisselleproject.com/fr/

16 octobre 2011

UN REPORTAGE DE FRANCE 3 BRETAGNE

Voici un reportage en langue bretonne (sous-titré en français) ou Gabriel Le Mer de l'association "Bretagne 14-18" évoque l'attaque du 19e régiment d'infanterie de Brest le 17 décembre 1914.
Filmé en 2008, on y voit le calvaire du 19e RI avant rénovation. Ce reportage a été diffusé sur France 3 Breizh en octobre 2011. Cliquer sur la flèche blanche pour démarrer la lecture de la vidéo.

A noter une petite erreur dans le reportage: Augustin De Boisanger est le président de l'Office Central de Landerneau et non pas son fils ainé.

 

10 octobre 2011

INAUGURATION DU CALVAIRE BRETON DU 19e REGIMENT D'INFANTERIE

Inauguration 1

Inauguration 2

 

Samedi 8 octobre 2011 a eu lieu l'inauguration, après travaux de restauration, du calvaire breton d'Ovillers La Boisselle.

Erigé en 1924, sur l'initiative de la famille De Boisanger et de l'Office Central des œuvres mutuelles et des syndicats agricole du Finistère, le calvaire est l'oeuvre du marbrier Donnart de Landerneau.
Réalisé en pierre de Kersanton, il est dédié à la mémoire du lieutenant Augustin De Boisanger, de l'adjudant André Pitel, du capitaine Henri Raillard et des braves du 19e régiment d'infanterie tombés le 17 décembre 1914 lors de l'attaque d'Ovillers.

 

 Les quatre faces du socle du calvaire

Socle 1

 Socle 2

 

 

 

 

 Socle 3

Socle 4

 

 

 

 

 

 Le calvaire

Calvaire rénovation

Fidèle gardien de la mémoire des soldats bretons du 19e régiment d'infanterie tombés le 17 décembre 1914 sur la terre picarde, le calvaire, qui avait subi les ravages du temps, a fait l'objet d'une complète restauration cet été. Il a été inauguré le samedi 8 octobre 2011 au cours d'une émouvante cérémonie.
Une importante délégation bretonne était présente parmi laquelle des familles de soldats du 19e régiment d'infanterie mort pour la France le 17 décembre 1914 à Ovillers La Boisselle.

Quelques photos de cette cérémonie

Le départ du cortège. Le Samarobriva Pipes and Drums ouvre la marche suivi par les poilus de l'association "14-18 en Somme".

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En route vers le calvaire breton

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Les portes drapeaux se mettent en place

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Le ruban est coupé par madame Wattraint maire d'Ovillers La Boisselle, monsieur Patrick Leclerc maire de Landerneau, monsieur Bassaguet sous-prefet de Peronne.

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Inauguration du panneau explicatif

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Le panneau

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Discours officiels

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Les enfants déposent des petits bouquets

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01 septembre 2011

25 SEPTEMBRE 1915 - A L'ASSAUT

Brosse à dent Le 25 septembre 1915 à 9 heures 15, les soldats s'élancent à l'assaut précédés par le tir de barrage roulant exécuté par l'artillerie.
Bénéficiant de l'effet de surprise, les 10e (1ere vague), 11e et 12e (2e vague) compagnies du 19e RI franchissent les tranchées du Trapèze malgré la résistance de quelques ilôts ennemis. La 4e compagnie (3e vague d'assaut) réussit à rejoindre rapidement ces trois compagnies. Le commandant Wolf, chef du 3e bataillon est tué. Privé de leur chef, les troupes continuent à avancer, comme l'ordre en avait été donné, mais dans la plus grande confusion, sans aucune cohésion. Ils parviennent à la Brosse à Dents vers midi ou ils se mêlent aux soldats du 118e RI (régiment qui attaquait à la gauche du 19e RI).

Faisant partie de la 1ere vague d'assaut, la 9e compagnie part à l'offensive à l'aile droite du 19e RI. Elle ne connait pas le succès des 10e, 11e, 12e et 4e compagnies car, à sa droite, le 65e RI est refoulé sur ses tranchées de départ. Ce recul découvre le flanc droit du 19e RI. De ce fait, la 9e compagnie, parvenue à la première tranchée ennemie se trouve prise sous les tirs allemands qui l'oblige à se replier sur la tranchée de départ. La 1ere compagnie (3e vague), qui suit la 9e, subit le même sort.

De son côté, la 2e compagnie (3e vague) accompagnée d'une section de Point 477 Trapèzemitrailleuses, suit la 10e compagnie. A l'Ouest du point 477, elle est arrêtée par une forte résistance de l'ennemi dans la dernière tranchée du Trapèze. A ce moment là, elle est attaquée par derrière par des groupes de soldats allemands qui s'était cachés dans leurs abris lors du passage de la première vague d'assaut. Au même instant, elle est aussi attaquée sur son flanc droit. De furieux combats à la grenade ont lieu. Encerclés, les survivants de la 2e compagnie sont faits prisonniers.

Formant la dernière vague d'assaut, la 3e compagnie nettoie à la grenade les tranchées franchies par les deux premières vagues. Les points de résistances ennemis sont réduit au silence par d'acharnés combats au corps à corps. De nombreux prisonniers sont faits. Du côté de la mamelle Sud, la résistance allemande est opiniâtre. Rejoints par quelques éléments de la 2e compagnie et menacé de subir le même sort que celle-ci, la 3e compagnie se replie aussi sur la tranchée de départ.

Craignant une contre-attaque, le commandement donne ordre aux trois compagnies (1ere, 3e et 9e) revenues à la tranchée de départ ainsi qu'au colonel Albert, commandant le 19e régiment d'infanterie, de rester sur place. Ils y resteront toute l'après-midi du 25 septembre sans aucunes nouvelles des autres compagnies du régiment.

Placé en réserve du 11e Corps d'Armée, le 2e bataillon du 19e RI, commandé par le commandant Fohanno, est Point 188alerté à 9 heures 45. Il quitte sa position de départ à 10 heures en direction du point 188 en suivant la route de Perthes les Hurlus-Tahure sur les pas de la 43e brigade d'infanterie (62e et 116e RI). Vers 11 heures, un nid de mitrailleuses placé à l'Est du boyau Heine et à 100 mètres au Sud du bois des Artilleurs arrête la progression du 2e bataillon. Le lieutenant Picard et sa section de la 7e compagnie sont tués. Après avoir réduit au silence ce nid de mitrailleuse, la troupe reprend sa marche en avant pour arriver au point 188 en début d'après-midi. Vers 14 heures 15, il repart en avant tout en nettoyant les ilots de résistance allemands situé à l'Est de la route Perthes les Hurlus-Tahure pendant qu'un bataillon du 116e RI se charge de ceux situés à l'Ouest. A 17 heures, le 2e bataillon reçoit l'ordre d'appuyer le 2e bataillon du 118e RI qui doit marcher sur Tahure. Le mouvement est arrêté par la nuit tombante.

Point 765 et 6774Les 1ere, 3e et 9e compagnies, relevées par des territoriaux, quittent la tranchée de départ pour rejoindre le gros du régiment dans la soirée. Le 19e régiment passe la nuit sur ses positions sous la pluie qui ne cesse de tomber. Le bataillon Fohanno se trouve au point 6774 tandis que les 4e, 10e, 11e et 12e comapgnies sont de le boyau de Tahure au niveau du point 765. Nuit étrangement calme, à peine quelques coups de canons. Les officiers en profitent pour tenter de rassembler leurs hommes qui, dans le feu de l'action, se sont retrouvés mélangés avec ceux des 62e, 116e et 118e RI.

Les extraits de cartes proviennent du JMO du 118e RI que vous pouvez lire ici => http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_682_013/viewer.html
La carte se trouve page 5.


24 juillet 2011

DANS LES PARALLELES DE DEPART

Massés dans les parallèles de départ, sous la pluie qui ne cesse de tomber, la nuit parait interminable pour les hommes du 19e régiment d'infanterie. Les 700 mètres de leur secteur d'attaque (le plus étendu de la 22e D.I) s'étend, de gauche à droite, du boyau d'Erfurth au point 479. Face à eux, les deux mamelles, stratégiquement importantes pour l'ennemi qui s'y est solidement retranché, domine le terrain. Entre la parallèle de départ et les deux mamelles, se trouve le Trapèze ensemble de tranchées couvert de réseaux barbelés.
Après avoir franchi ces trois positions, le 19e régiment d'infanterie, passant par le ravin de la Goutte et la Brosse à dents, doit participer à la prise de Tahure, objectif de la 22e division d'infanterie pour ce 25 septembre 1915.
Les compagnies sont placées dans leurs ordres de départ.
Le 3e bataillon, commandé par le commandant Wolf, est dans la parallèle 1. Le 1er bataillon, commandé par le commandant Lesdos, se trouve dans la parallèle 2. Le 2e bataillon, commandé par le commandant Fohanno, est placé en réserve de la 22e D.I en arrière du bois violet (point 463).
les troupes d'assaut sont réparties en quatre vagues :
Le 3e bataillon forme les deux premières vagues, 9e et 10e compagnies en tête, suivies à 50 mètres de distance par les 11e et 12e compagnies.
Viennent ensuite les 1er, 2e et 4e compagnies, du 1er bataillon, formant la 3e vague qui suit la 2e à 100 mètres et renforcés par la compagnie de mitrailleuses.
S'élançant à 100 mètres derrière la 3e vague, la 3e compagnie, commandée par le capitaine Jegaden, forme la 4e vague.
La mission des deux premières vagues d'assaut est de franchir, sans s'arrêter, les tranchées ennemies en se dirigeant sur l'objectif sans se préoccuper des liaisons avec les unités voisines, sauf si le décalage avec ces dernières expose leur flanc aux tirs ennemis.
La 3e vague soutient les deux premières et les rejoint si nécessaire.
La 4e vague est chargée du nettoyage des tranchées ennemies que les précédentes vagues ont franchis sans s'arrêter.

 

12 juin 2011

ORDRE D'ATTAQUE POUR LE 25 SEPTEMBRE 1915

XI° Corps d’Armée                                          Q.G, le 21 septembre 1915
22° Division
Etat-Major                                            Ordre d’attaque
N° 4/21                                   Pour la journée du 25 septembre 1915
                                                                  ------

I- Mission générale
L’armée a pour mission initiale de s’emparer des hauteurs qui bordent au nord le vallon de la Dormoise (croupe 193 – Butte de Tahure – hauteurs 194 et 171 au nord de Ripont et Cernay en Dormois).

II – Objectifs de la 22° D.I.
La 22° D.I. a pour objectif la butte de Tahure et mamelon 192, situé à 600 m au Nord, la partie Ouest des tranchées nouvelles jusqu’au boyau Nord-Sud (ce boyau à la 21° D.I.).
A sa droite, la 21° D.I. attaque la partie Est des tranchées nouvelles et les bois entre ces tranchées et les tranchées de la ferme Ripont.
A sa gauche, la 27° D.I. attaque la tranchée de la Vistule à l’Ouest de la butte de Tahure.
La 22° D.I. attaquera par brigades accolées.
La 44° brigade partant du front Boyau Bonhomme exclus – Boyau B4 inclus aborderas la première ligne ennemie sur le front 479 inclus – saillant 467 inclus et prendra comme objectif la partie Ouest des tranchées nouvelles en marchant par la mamelle Nord et la Brosse à dents.
La 43° brigade partant du front Boyau B4 – Ligne parallèle à la route de Perthes à 100 m à l’Ouest de cette route, abordera la 1ere ligne ennemie sur le front 466 – 456 (lisière Est du bois Carré) et prendra comme objectif la butte de Tahure et le mamelon 192 situé à 600 m au Nord, en marchant par la croupe 188 et la hauteur au Nord de 170.
Liaison à droite avec la 21° D.I. par la ligne Boyaux 681 – ravin de la Goutte  lisière Ouest des bois 8094 (cette ligne à la 21° D.I.).
Liaison à gauche avec la 27° D.I. par la ligne lisière Est du bois Carré – 678 – lisière Ouest du bois des lièvres – lisière Ouest du bois au Sud-Ouest de la butte de Tahure (cette ligne à la 22° D.I.)
Liaison entre les deux brigades par 466 – 568 – 669, l’extrémité ouest de la Brosse à dents et le village de Tahure qui sera évité par les deux Brigades. Les boyaux de Taunus, de Franconie et de Spire appartenant à la zone de la 44° brigade, les boyaux de Bamberg, de Ham et de Wemar appartenant à la zone d’attaque de la 43° brigade.

III – Préparation et accompagnement de l’attaque
La 22° Division dispose de l’artillerie divisionnaire renforcée par un groupe de A.C., 2 batteries de la 53e D.I., 3 batteries de 155 Court, 1 batterie de 220 et 22 pièces de 58. Elle est en outre appuyée par l’artillerie lourde et de campagne du C.A.         
La préparation de l’attaque par l’artillerie comportera une préparation éloignée qui durera 3 jours, et une préparation rapprochée.
Dans la journée N1 aux heures fixées par le général commandant l’Armée, il sera exécuté des tirs de bombardements violents d’une durée limitée sur les tranchées ennemies de 1ére ligne, suivis d’allongements systématiques. Après cette feinte le tir sera ramené pendant une durée très courte sur les tranchées de 1ére ligne.
L’attaque ne sera précédée d’aucun tir d’efficacité, afin de ne pas provoquer les tirs de barrage de l’ennemi.
A l’heure H de l’attaque, toute l’artillerie entrera en action, de telle sorte que son tir se déroule en avant de l’infanterie au fur et à mesure de sa progression.
Les batteries désignées se tiendront en mesure d’accompagner l’attaque par les passages préparés dès que l’ordre en sera donné.
La répartition des missions et des objectifs entre les batteries fait l’objet d’un ordre spécial.

IV - Exécution de l’attaque
L’attaque de l’infanterie partira sans nouveaux ordres le jour N à l’heure H fixée par le commandement supérieur. Il ne sera employé ni clairon ni fusées pour donner le signal. Elle sera poursuivie, sans interruption, de jour et de nuit jusqu’à la conquête définitive des objectifs.
Chaque unité, à l’exception de celles spécialement désignées pour le nettoyage des tranchées, ne pensera qu’à poursuivre droit devant elle, sans s’attarder dans les boyaux et tranchées, sans s’inquiéter de savoir si les unités voisines sont en retard, autrement que pour garder convenablement ses flancs découverts, le cas échéant.
L’infanterie s’efforcera de dépasser du 1er élan les batteries ennemies qui constituent le principal obstacle à sa progression.

V – Organisation du terrain conquis
Les Brigades ayant atteint leur objectif, s’installeront solidement sur le terrain conquis en creusant des tranchées complétées par des sacs à terre, sous la protection des batteries poussées en avant.

                                     Le général commandant la 22° Division                                                                                                   Général Bouyssou

Source : SHD 24N430

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INSTRUCTION POUR L'EXECUTION DE L'ATTAQUE DE L'INFANTERIE

XI° Corps d’Armée                                          Q.G, le 21 septembre 1915
22° Division
Etat-Major                                          
N° 3/21                     Instruction pour l'execution de l'attaque de l'infanterie
                                                                  ------

I – Dispositif d’attaque –
      -1°Troupes d’assaut
Les troupes d’assaut seront réparties en 4 vagues. Les deux premières vagues franchiront sans arrêt les tranchées de la première ligne ennemie et marcheront sur l’objectif prescrit. La troisième vague appuiera le mouvement des deux premières, en les renforçant au besoin. La quatrième vague fournira les nettoyeurs de tranchée.
La 44° brigade sera formée par régiments accolés, 19e R.I. à droite. Dans chaque régiment, les deux bataillons d’assaut seront placés l’un derrière l’autre, le bataillon de tête fournissant deux vagues de deux compagnies, le bataillon de queue fournissant une troisième vague de trois compagnies et une quatrième vague d’une compagnie.
La 43° brigade sera formée par régiments accolés, 62e R.I. à droite. Chaque régiment aura deux bataillon en première ligne, fournissant chacun la première et la deuxième vague constituées par deux compagnies en colonne par pelotons, et la troisième vague constituée par deux compagnies en ligne. Le troisième bataillon de chaque régiment fournira la quatrième vague de nettoyeurs, à répartir pour le nettoyage des lignes successives de tranchées.
En raison des entonnoirs qui rendent certains points de la 1ére ligne ennemie inabordable, les éléments des troupes d’assaut seront répartis dans les parallèles face aux portions de cette ligne qu’ils devront aborder.

     -2° Troupes en réserve
Le 118e R.I. aura un bataillon (trois compagnies) en réserve de brigade dans la place d’armes entre B5 et B6 à l’Est du bois des mitrailleuses. Le 19e R.I. aura un bataillon en réserve de Division dans la place d’armes entre B3bis et B4 à l’est de Perthes. Ce bataillon se mettra en liaison avec le poste Q.
Une compagnie, prélevée sur le bataillon en réserve du 118e R.I. aura pour mission spéciale l’attaque du saillant 467. Cette compagnie sera placée dans le dispositif d’attaque à gauche et à hauteur des première et deuxième vagues du 118e R.I., appuyant sa gauche au boyau B4 en liaison immédiate avec les première et deuxième vagues du 62e R.I. Elle assurera le nettoyage du saillant 467.

II – Rassemblement initial
Les deux premières vagues seront disposées dans la première parallèle, les deux autres vagues dans les deuxième et troisième parallèles. Les troupes seront portées de leurs bivouacs dans les parallèles par les boyaux, et en arrière des boyaux par des itinéraires soigneusement reconnus et jalonnés. Le détail de leur mouvement sera réglé par les généraux de brigade : La 43e brigade dispose des boyaux B1, B2, B3 et B3bis ; La 44e brigade dispose des boyaux B4, B5 et B6.
Toutes les troupes seront en place le jour N à 4 heures

III – Exécution de l’attaque
A l’heure fixée pour l’assaut, les quatres vagues se porteront en avant. Les deux premières se suivront à une distance d’environ 50 mètres. Chacune des deux dernières prendra au départ une distance d’environ 100 mètres de la précédente.
Les commandants de bataillons en première ligne marcheront avec la deuxième vague, les colonels avec la troisième vague.
Les compagnies de mitrailleuses de régiment marcheront avec la troisième vague. Les compagnies de mitrailleuses de brigade seront à la disposition du général de brigade. Il sera affecté à chaque compagnie de mitrailleuses une escouade de soutien avec outils de terrassiers.
Les bataillons en réserve viendront dès le départ des troupes d’assaut se déployer dans les parallèles, prêts à se porter en avant.
Les obstacles de la première ligne ennemie une fois dépassés, les unités constituant les troupes d’assaut élargiront leur formation de façon à souder leurs attaques pendant la marche sur l’objectif. Seules les compagnies de nettoyeurs de tranchées spécialement désignées (4e vague) pénétreront dans les tranchées et organisations défensives ; leur mission est d’en supprimer les défenseurs et les mitrailleuses. Le rôle de ces compagnies sera soigneusement réparti à l’avance, chacune devant connaître en détail la position des organisations ennemies dans laquelle elle devra opérer, de manière à n’en négliger aucune.
Dans ce but, chaque compagnie étant fractionnée en groupes, chaque groupe marchera par un boyau déterminé, en occupera les carrefours dans toute la profondeur défensive pour procéder au nettoyage des tranchées perpendiculaires, les groupes opérant tous dans le même sens jusqu’au boyau du groupe voisin, ce sens sera de la droite vers la gauche.

IV – Garde des tranchées
Pendant les 3 jours qui précèderont l’attaque, la garde des tranchées sera confiée au 22e régiment d'infanterie territorial, les soutiens seront constituées par le bataillon de réserve du 19e R.I. et le bataillon de réserve du 118e R.I qui auront chacun une compagnie dans leur place d’arme, les trois autres compagnies aux emplacements habituels des bataillons de soutien. Le commandement de la première ligne sera exercé par le colonel commandant le 22e régiment d'infanterie territorial.
Pendant les tirs exécutés sur la première ligne ennemie, les unités territoriales se retireront dans les abris des tranchées et parallèles.
A l’arrivée des troupes d’assaut, elles se grouperont dans les portions libres des parallèles.
Des le départ des troupes d’assaut, elles regagneront les tranchées de tir ; la compagnie disponible de chaque bataillon établira immédiatement les communications et passages au-delà de notre premièr ligne sous la direction du génie. A cet effet, tout les hommes de ces trois compagnies seront porteurs d’outils.

V – Génie
La 22e D.I. dispose des compagnies 11/2 et 11/3 bis.
La répartition de ces troupes fait l’objet d’une instruction spéciale du 13 septembre de la 22e D.I.
Il est rappelé que les dépôts du Génie de Perthes et du bois Jaune comportent chacun 1500 pelles et pioches, destinés à l’organisation de la position conquise.
Une section de chacune des compagnies 11/4 et 11/3 sera chargée du nettoyage des galeries de mine de l’ennemi, celle de la compagnie 11/4 au Trapèze, celle de la compagnie 11/3 du Trapèze exclus au nord de Perthes. Ces sections marcheront avec la quatrième vague.

                                            Le général commandant la 22e D.I.
                                                   Général Bouyssou
Source: SHD 24N430

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15 mai 2011

LE JOUR "N" APPROCHE

Après des mois de guerre de position, le général Joffre reprend l'offensive en prévoyant deux attaques sur deux fronts différents, l'une sur Arras et Neuville Saint Vaast, l'autre en Champagne.
Prévue et minutieusement préparée depuis des mois, l'attaque sur le front de Champagne a pour objectif de rompre le front allemand mais aussi de fixer l'adversaire sur le front français afin d'aider les troupes russes sur le front de l'est. Ce sont les 2e armée (dont fait partie le 19e RI) et 4e armée qui doivent attaquer en Champagne. Le jour de l'attaque, désigné par la lettre "N" approche.
Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1915, le 19e régiment d'infanterie est relevé de la première ligne par un bataillon du 22e régiment d'infanterie territorial. Les 1er et 3e bataillons partent au camp des Coloniaux, le 2e bataillon, réserve de corps d'armée, va au camp Bonnefoy.
Le mercredi 22 septembre est le jour "N" - 3. L'artillerie française commence des le matin le bombardement des positions ennemies. Cette préparation d'artillerie, qui va durer 3 jours, est sans précédent. Les moyens engagés sont énormes. L'artillerie lourde tire sur l'arrière-front ennemi, visant les cantonnements, les dépôts de munitions et d'approvisionnement ainsi que les routes, voies ferrées et gare. Les batteries de 75 ont mission de détruire les tranchées ennemies et les réseaux de fil de fer barbelé.
Au camp des Coloniaux et au camp Bonnefoy, les hommes du 19e RI sont informés que le régiment va participer à l'attaque. L'ordre du jour du général Joffre leur est lu :

Soldats de la république

Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras.
Derrière l'ouragan de fer et de feu déchainé grâce au labeur des usines de France ou vos fréres ont, nuit et jour, travaillé pour vous, vous irez à l'assaut tous ensemble sur le front en étroite union avec toutes les armées de nos alliés.
Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire, au delà des lignes fortifiées qu'il vous oppose. Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'ç l'achèvement de la victoire.
Allez y de plein coeur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté.

Général Joffre

Pour les hommes du 19e RI, ce n'est qu'une demi-surprise. Ils se doutaient bien que toutes les tranchées, boyaux et places d'armes qu'ils avaient construit ces derniers temps laissaient augurer une grande offensive.
Pendant 3 jours, les hommes sont entrainés à partir à l'attaque en vagues d'assaut et à la manipulation et au lancement de grenades. Ces exercices de lancé de grenades furent d'ailleurs l'occasion d'accidents ou seront plus ou moins blessés grièvement des soldats du 19e RI.
Les hommes ont bien conscience que plusieurs d'entre-eux ne reviendront pas de cet assaut. Mais la nouvelle de la reprise de l'offensive gonfle le moral des soldats, usés par la guerre de position, qui en ont assez de leur vie de terrassiers. "Cette fois-ci, on va les battre, la guerre sera alors finie et l'on pourra rentrer à la maison." L'extraordinaire bombardement des lignes ennemies par nos artilleurs ne fait que conforter les soldats dans leur conviction de victoire. C'est un tel déluge de fer et de feu que personne ne peut y survivre.
Messe Le 24 septembre 1915, jour "N" -1, en fin d'après-midi, l'aumônier du 19e régiment d'infanterie, Ernest Keramoal dit une messe en plein-air. Son sermon très patriotique galvanise encore plus les hommes.
Vers 21 heures, le 19e RI quitte le camp des Coloniaux pour monter en première ligne. Alors qu'il faisait un temps magnifique depuis plusieurs jours, la pluie se met à tomber. Les soldats, trempés et lourdement chargés, arrivent dans la nuit et relèvent le 22e régiment d'infanterie territorial qui s'en va en deuxième ligne. Ce dernier reviendra en première ligne des que les troupes seront parties à l'assaut. Les compagnies du 19e RI sont placées dans les parallèles de départ et places d'armes dans leur ordre de départ à l'assaut.

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22 avril 2011

30 AOUT 1915 - EXPLOSION DE MINE

Le 30 aout 1915, le 3e bataillon du 19e régiment d'infanterie est en première ligne dans le secteur A.
A 5 heures 30, une mine allemande explose devant la tranchée 474. La mine produit un entonnoir de 50 mètres de diamètre, détruit la première ligne française sur quarante mètres et comble la tranchée de seconde ligne sur vingt mètres.
A la 12e compagnie, une dizaine d'hommes sont ensevelis. La section voisine se porte aussitôt dans l'entonnoir. Une partie des hommes se ruent sur la lèvre de l'entonnoir faisant face à l'ennemi et défend celle-ci à coup de grenades. Les autres recherchent activement leurs camarades ensevelis sous le violent bombardement qui a suivi l'explosion de la mine.
LARDY

 Quatre hommes ne pourront être sauvés:

 Le sous lieutenant Maurice Lardy
 Les soldats : Meven André
                   Jean Brelivet
                   Prigent Moal
                   Yves Velly

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