04 février 2010
LES TROIS FRERES QUILLIEN
La famille QUILLIEN a payé un lourd tribu à la guerre. En l'espace d'une année, elle a perdu trois de ses fils.
Deux étaient mobilisés au 19e régiment d'infanterie, le troisième au 219e régiment d'infanterie.
Jean Pierre Quillien, soldat au 19e RI, a été tué lors de l'attaque de La Boisselle le 17 décembre 1914, à l'age de 31 ans.
Deux mois plus tard, Jean Jacques Quillien sergent au 19e RI, succombe à son tour le 20 février 1915 au même endroit, La Boisselle. Il avait 23 ans.
Jean Marie Quillien, agé de 29 ans est soldat au 219e RI. Il s'éteint le 19 septembre 1915 à l'hôpital de Saint Servan des suite d'une maladie contractée au front.
Je remercie Mr Le Chatreux de m'avoir communiqué cette photo.
11 janvier 2010
L'ALBUM PHOTO DU LIEUTENANT JEANTREL
Voici quelques photos prisent par le lieutenant Jeantrel que Guy François, propriétaire de l'album, a eu l'extrême gentillesse de me communiquer.
Ces clichés ont été pris dans la Somme dans le secteur d'Ovillers La Boisselle, Bécourt, Fricourt pendant l'hiver 1914-1915, période ou le 11e Corps d'Armée, dont faisait partie le 19e régiment d'infanterie, occupait ce secteur.
Le lieutenant Jeantrel n'était pas au 19e régiment d'infanterie. Il faisait partie du 28e Régiment d'Artillerie ou il était officier à la 8e batterie du 3e groupe. Le 28e RA est le régiment d'artillerie du 11e CA et il passé l'hiver 1914-1915 en compagnie des fantassins du 19e régiment d'infanterie.

Le lieutenant Jeantrel (à droite) et l'adjudant Carême dans un abri de première ligne.
Une tranchée devant La Boisselle.
Les ruines de La Boisselle vues depuis un PC du 28e RA.
Les lignes blanches visibles au premier plan sont les tranchées allemandes.
Officiers du 19e RI.
Le deuxième en partant de la gauche est le commandant Wolf, chef du 3e bataillon.
Casemate de canon de 75 du 28e RA construite devant La Boisselle.
La basilique d'Albert en ruine et sa célèbre vierge penchée.
Si les photos du lieutenant Jeantrel vous ont intéressées, vous pouvez voir la suite sur le forum "Pages 14-18"
Grand merci à Guy François pour le partage de ces photos.
27 décembre 2009
BONNE ANNEE 2010
18 décembre 2009
LETTRE D'UN ARTILLEUR
Voici un article paru dans le Courrier du Finistère en 1915.
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LETTRE D'UN ARTILLEUR
A propos des poilus du 19e RI, un artilleur nous écrit:
Le 19e et le 118e RI sont deux régiments merveilleux et constituent une des meilleures brigades de l'armée française.
L'autre jour, le général F......, nommé ailleurs, est venu aux tranchées faire ses adieux et voir ses "chers poilus bretons". Il s'arrêtait devant chaque homme dont l'écusson porte "19" et serrait les mains des officiers en les félicitant et les appelant "mes braves".
Entre mille, je citerais un fait qui montre l'héroïsme et le courage des bretons. Ceci s'est passé il y a quelques jours à La Boisselle.
Le dernier entonnoir occupé par nos troupes se trouve à 6 mètres du poste d'écoute des boches. Les sacs de terre qui se trouvent au-dessus des deux trous se touchent et, avec la baïonnette, on démolit de part et d'autre le parapet ennemi.
L'autre jour, les boches font sauter cet entonnoir, 3 hommes sont enfouis sous la terre projetée; on les dégage et on les transporte au gourbi d'artillerie situé à 10 mètres de là. Deux soldats sont simplement évanouis à moitié écrasé par la terre, le troisième est sérieusement blessé. On les ranime et on veut les expédier à l'ambulance. Mais va donc faire entrer dans une tête de breton qu'il faut se soigner..."Gast....Gast...Donne moi un fusil, maréchal des logis, que j'aille tuer ces ........."
Et les trois braves sont retournés monter la garde à 6 mètres des boches.
10 novembre 2009
THEODORE BOTREL - UNE CROIX DANS LA TRANCHEE
Jean Bannier a retrouvé dans de vieux papiers familiaux, un poème de Théodore Botrel dédié " Aux compatriotes du 19e " et m'en a fait parvenir une copie. Écrit en mai 1915 à La Boisselle, ce poème a pour titre " Une croix dans la tranchée ".
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AUX COMPATRIOTES DU 19e
UNE CROIX DANS LA TRANCHÉE
Nous suivions la tranchée à vingt mètres des Boches,
Silencieux, le dos voûté, le pied glissant,
Et les canons "tapaient" là, si proches,
Que le vent des obus nous fouettait en passant.
Nous voyons à travers les créneaux La Boisselle,
Son petit cimetière et son îlot brumeux,
Paysage banal qu'un frôlis de ton aile
A fait sublime, ô gloire, et pour jamais.
Nous bonjournions les gars bretons du 19e
A leurs postes d'écoute au long des longs boyaux
Où échangeant deux mots "brezounek" parfois même,
Les "tiens bon" se croisaient avec les "kenavos".
Quand, tout à coup, je vis au bas d'une tranchée
Une petite croix faite avec deux roseaux
Croix sans date et sans nom timidement cachée
Comme en font les enfants sur les tombes d'oiseaux.
Qui était donc ce mort, quand tomba t'il ? Mystère
Il était de ceux là qu'on note "disparus"
Et qui, devant les yeux des remueurs de terre,
Sous le coup de leurs pics, un soir, sont reparus.
On ne dérange pas ce corps du camarade
On salue, on se signe et le travail reprend
Si bien qu'il reste encore là, sous la fusillade
Soldat jusqu'au-delà du tombeau, dans le rang.
Et devant l'humble croix, saisi d'un trouble étrange,
Je me sentis jaloux de ce mort radieux
Qui, face à l'ennemi, dans son linceul de fange,
Dormait là du grand sommeil des héros et des dieux.
Théodore Botrel - La Boisselle 13 mai 1915
Merci beaucoup à Jean Bannier pour ce document.
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Célèbre chansonnier breton, Théodore Botrel avait été nommé par le ministère de la guerre "Chansonnier aux armées". Pendant tout le conflit, il s'est rendu sur tous les différents secteurs du front, ou il donnait des spectacles patriotiques.
Théodore Botrel a écrit beaucoup de poèmes et chansons dont la célèbre "Rosalie".
07 novembre 2009
LE LIEUTENANT PAUL BOURDET
Pâtissier à Brest dans le civil, Paul Bourdet est lieutenant de réserve au 19e régiment d'infanterie.
A la mobilisation, il rejoint le régiment ou il prend le commandement d'une section de la 7e compagnie du 2e bataillon. Le 22 août 1914 à Maissin, commandant l'avant garde du 2e bataillon, le lieutenant Paul Bourdet quitte Paliseul à la tête de sa section. La mission du 2e bataillon est de se rendre au moulin de Vilance en passant par Framont et le Franc-bois afin de couvrir le flanc-droit de la 22e Division d'infanterie.
Grièvement blessé lors de combats, le lieutenant Paul Bourdet décède des suites de ses blessures.
Il repose au cimetière Pierre Massé à Maissin en Belgique.
Je remercie Laurent Chapelier pour la photo de son grand oncle. 
08 octobre 2009
PERTES DU 19e RI VERDUN 31 octobre 1916 au 31 décembre 1916
Aujourd'hui, quelques chiffres.
Dans un document de la 22e division d'infanterie figure un état des pertes du 19e régiment d'infanterie dans le secteur de Vaux-Damloup pour la période du 31 octobre au 31 décembre 1916.
Du 31 octobre au 10 novembre 1916 :
- Blessés : 217
- Malades : 51
- Tués : 82
- Disparus : 47
- Soit un total de 397 hommes.
Nota : Le 19e RI est en première ligne et a pour mission de porter les lignes françaises jusqu'au village de Vaux. Période d'intenses combats sous de terribles bombardements.
Du 10 au 20 novembre 1916 :
- Blessés : 91
- Malades : 153
- Tués : 15
- Disparus : 0
- Soit un total de 259 hommes.
Nota : Le 19e RI est relevé le 9 novembre par le 118e RI et va au repos à Haudainville jusqu'au 17 novembre ou il remonte en ligne dans le secteur du bois Fumin.
Du 20 au 30 novembre 1916 :
- Blessés : 46
- Malades : 171
- Tués : 14
- Disparus : 1
- Soit un total de 232 hommes.
Nota : En ligne depuis le 17 novembre, pas de combats mais des bombardements incessants.
Du 30 novembre au 10 décembre 1916 :
- Blessés : 14
- Malades : 97
- Tués : 9
- Disparus : 0
- Soit un total de 120 hommes.
Nota : Le 19e régiment d'infanterie quitte les premières lignes le 27 novembre et va au repos à Haudainville. Il remonte au front le 5 décembre, toujours dans le secteur du bois Fumin, ou il relève le 116e RI.
Du 10 au 20 décembre 1916 :
- Blessés : 15
- Malades : 58
- Tués : 5
- Disparus : 0
- Soit un total de 78 hommes.
Nota : Le régiment participe à une attaque sur Hardaumont le 15 décembre. Le 16, il est relevé par le 116e RI et retourne au repos.
Du 20 au 31 décembre 1916 :
- Blessés : 0
- Malades : 37
- Tués : 0
- Disparus : 0
- Soit un total de 37 hommes.
Nota : Le 26 décembre, il remonte en ligne relever le 62e RI dans le secteur d'Eix-Moulainville.
Au cours de ces deux mois, le 19e régiment d'infanterie aura eu :
- 383 hommes blessés
- 567 hommes malades
- 125 hommes tués
- 48 Hommes disparus
- Soit 1123 hommes.
1123 hommes en deux mois ! Les chiffres sont éloquent et démontrent bien toute l'horreur de cette guerre.
21 septembre 2009
VISITE DES VILLAGES DISPARUS DU CAMP DE SUIPPES
Tous les deux ans, les autorités militaires ouvre au public les portes du camp militaire de Suippes dans la Marne. A l'intérieur de ce camp subsiste les vestiges de cinq villages, Mesnil les Hurlus, Hurlus, Perthes les Hurlus, Tahure et Ripont. Ces cinq villages furent complément détruit pendant la 1ere guerre mondiale et n'ont jamais été reconstruit.
Le 19e régiment d'infanterie a occupé ce secteur d'août 1915 à février 1916. Beaucoup d'hommes y ont laissé la vie, notamment lors de l'offensive du 25 septembre 1915, et certains y reposent encore, leurs corps n'ayant jamais été retrouvés...

Autel de l'église de Tahure retrouvé en 1980 lors de travaux.
Pour en savoir plus sur ces villages disparus http://www.crdp-reims.fr/memoire/lieux/1GM_CA/villages_detruits/menu.htm
03 septembre 2009
TABLEAU D'HONNEUR 1914 - 1918
Sur le site de la bibliothèque nationale de France http://gallica.bnf.fr/ se trouve un livre paru aux éditions La Fare en 1921 : "Tableau d'honneur 1914 - 1918".
Dans cet ouvrage, une liste impressionnante de soldats mort pour la France au cours de la 1ère guerre mondiale parmi lesquels j'ai retrouvé quelques hommes du 19e régiment d'infanterie.
Pour certains, le livre donne juste les noms, prénoms, grade, régiment, décoration et date du décés. Pour d'autres ces renseignements sont complété par le texte de la citation obtenue. Je vous livre le texte tel qu'il est dans le livre malgré les quelques petites erreurs qui y figure.
En voici la liste :
Pierre ANSART DU FIESNET
- Sergent au 19e d'infanterie. Disparu le 6 octobre 1914.
Augustin BREART DE BOISANGER
- Lieutenant au 19e d'infanterie. Légion d'honneur à titre posthume. Croix de guerre avec palmes.
Citation : Brave entre les braves; toujours en première ligne avec ses hommes, qui avaient pour lui un véritable culte. Blessé en tête de sa compagnie, le 17 décembre 1914, au combat d'Ovillers La Boisselle, répondait à ses camarades qui le pressaient de se laisser évacuer : "Un de Boisanger n'abandonne pas ses bretons." Tombé glorieusement quelques instants après.
Jean Jacques Etienne DU CREST
- Chef de bataillon au 19e d'infanterie. Légion d'honneur.
Blessé grièvement le 25 août 1914, succomba à ses blessures le 27 suivant à Sedan.
René DE FONTAINE DE RESBECQ
- Officier au 19e d'infanterie. Légion d'honneur et croix de guerre.
Mort des suites de ses blessures, le 28 décembre 1915.
Joseph DE LAAGE DE MEUX
- Chef de bataillon au 19e d'infanterie. Légion d'honneur et croix de guerre avec palme.
Ayant reçu, en aout 1914, à Maissin-PaliseulMaissin-PaliseulMaissin-PaliseulMaissin-Paliseul (Belgique), l'ordre de s'emparer d'une hauteur que dominait un moulin, il n'hésita pas, sous une pluie de mitraille, à se porter en avant pour entraîner ses hommes dans une charge à la baïonnette, contre un ennemi bien supérieur en nombre : une balle reçue en plein coeur l'arrêta brusquement dans cet acte d'héroïsme. Son corps fut enterré non loin de là, dans un jardin dépendant de la ferme des Bruyères.
Citation : Avec le plus grand mépris du danger, a enlevé brillamment son bataillon à l'attaque d'un moulin le 22 août 1914 : est tombé glorieusement au moment ou il enlevait la position.
René DE SAINT LAURENT
- Lieutenant au 19e d'infanterie. Croix de guerre.
Tué le 27 aout 1914, à l'assaut de La Marfée.
Paul WALWEINWALWEIN TAYLOR, baron
- Colonel du 19e d'infanterie. Légion d'honneur, croix de guerre avec palme, croix de guerre belge, ordre de Danebrog et Saint Olaf.
Blessé et disparu le 27 mai 1918 au Chemin des Dames.
Parti à la mobilisation comme chef d'escadron au 13e Hussards, il avait été blessé une première fois, en 1914, à la tête de ses escadrons. Nommé attaché militaire au Danemark et Norvège en 1915, il avait sollicité et obtenu, en 1916, son rappel en France et un commandement d'infanterie.
Citation : Officier supérieur de tout premier ordre, joignant à une expérience consommée du combat les plus belles qualités de courage, de sang-froid et d'abnégation ; a su faire de son régiment une unité de choc remarquable, qu'il a commandé pendant 14 mois. Le 27 mai 1918, au Chemin des Dames, après avoir résisté avec acharnement sur les positions prescrites, a passé au travers des groupes ennemis qui le cernaient dans son poste de commandement, et ralliant quelques débris de son régiment, a organisé lui-même un nouveau centre de résistance qui infligea à l'adversaire de lourdes pertes. Cerné à nouveau et sommé de se rendre, s'écria: "Prisonnier, jamais ! " et tomba mortellement frappé en essayant de résister jusqu'au bout.
23 août 2009
LE COMMANDANT DU CREST
Né le 27 mars 1863 à Bourbon Lancy (71) Jean Jacques Etienne DU CREST est élève à l'école spéciale militaire de Saint Cyr de 1884 à 1886, promotion de Fou Tchéou.
Nommé sous lieutenant au 41e régiment d'infanterie de Rennes le 1er septembre 1886, il passe au 116e régiment d'infanterie de Vannes le 25 septembre 1890 avec le grade de lieutenant. En 1897, il est promu capitaine. Après un bref passage de 2 mois au 118e régiment d'infanterie de Quimper, il passe au 137e régiment d'infanterie de Fontenay le Comte le 26 mai 1897. C'est dans ce régiment que Jean Jacques Etienne DU CREST effectuera la plus grande partie de sa carrière, 16 ans. Il est promu capitaine adjudant major le 16 janvier 1907 et reçoit la légion d'honneur en 1910.
Fin septembre 1913, nouvelle promotion, il devient chef de bataillon et est muté au 19e régiment d'infanterie de Brest ou il prend le commandement du 1er bataillon à la tête duquel il participera à la terrible bataille de Maissin le 22 août 1914.
Quelques jours plus tard, dans le cadre de la mission du 11e Corps d'Armée qui est d'empêcher les allemands de passer la Meuse, le 19e régiment d'infanterie défend les ponts de Sedan. Au cours de cette mission que le chef de bataillon Jean Jacques Etienne DU CREST sera grièvement blessé le 26 août 1914. Transporté à l'ambulance Pajot, il succombera à ses blessures le lendemain.
Pour son action au cours de ces combats de Sedan, Jean Jacques Etienne DU CREST sera cité à l'ordre de l'armée :
" Chargé de la défense de ponts, le 25 août, a maintenu jusqu'au dernier moment son bataillon sous un feu meurtrier. Est tombé mortellement atteint au ventre au cours de l'action. "
Jean Jacques Etienne DU CREST repose dans la nécropole nationale de Sedan - Torcy.

Merci à Mr Desplanches pour ses renseignements et la photo du commandant DU CREST.










