Le 19eme régiment d'infanterie 1914/1918

14 juin 2016

KEPI DE SOUS-OFFICIER DU 19e RI

képi 19RI Blog
Collection Bertrand Garandeau

Voici un képi de sous-officier du 19e régiment d'infanterie. Marqué du 11e Corps d'Armée, il daterait de 1909.

Ce képi, modèle 1884, présente 3 différences avec un képi de troupe :

1) le drap est plus fin.

2) il porte extérieurement une jugulaire en fin galon doré au lieu de la jugulaire à coulisse en veau de 1,5 cm de large.

3) il possède une jugulaire intérieure, en deux parties, en cuir.

Merci à Bertrand Garandeau pour le partage de cette pièce de sa collection.

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17 avril 2016

VERDUN 17 AVRIL 1916

BDIC_VAL_207_021
Verdun - Le ravin de la Dame et le ravin de la Couleuvre - BDIC VAL 207/021

Dès le matin, le bombardement habituel reprend et s’amplifie d’heure en heure. L’extrême violence de ce dernier détruit tout. Les tranchées et positions françaises sont nivelées et beaucoup de soldats du 19e régiment d’infanterie sont victimes de cet ouragan de fer et de feu, tués, blessés, enterrés vivants, disparus…

A 11 heures 30, les Allemands passent à l’offensive. Abasourdis, les survivants tentent de repousser l’ennemi. Dans le secteur du 1er bataillon, il parvient à s’infiltrer dans le bois Albain, le ravin de la Couleuvre, le bois Nawé et, contournant les positions françaises, il surprend nos soldats par derrière et fait de nombreux prisonniers.

De leur côté, les 2e et 3e bataillons résistent farouchement aux assauts et ne cèdent le terrain que pas à pas. La 8e compagnie est submergée et les soldats allemands s’engouffrent dans cette brèche mais une contre-attaque de la 10e compagnie parvient à refouler ces hommes jusque la tranchée Picard.

AFGG - Verdun avril 1916 Extrait

En fin de journée, les Allemands n’ont progressés que d’environ 500 mètres. L’héroïque résistance du 19e régiment d’infanterie l’ayant empêché d’aller plus loin. Mais à quel prix, 110 hommes sont tués au combat pour cette seule journée du 17 avril 1916.

Décimé, le 19e régiment d’infanterie est relevé de l’enfer de Verdun le 20 avril 1916.

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19 mars 2016

EN ROUTE POUR VERDUN

Les 24 et 25 février 1916, le 19e régiment d'infanterie est relevé du front de Tahure en Champagne. Rassemblé à Croix en Champagne, il se rend à Saint Jean sur Moivre, Omey et Pogny le 26 puis à Breuvery sur Coole et Saint Quentin sur Coole ou il reste jusqu'au 9 mars. Ce même jour, après 30 kilomètres parcourrus à pieds, il s'installe à Poix, Moivre et le Fresne.
Le 23 mars, la 22e division d'infanterie (62e, 116e, 19e et 118e RI), détachée temporairement du 11e Corps d'Armée, est mise à la disposition de la IIe Armée. Le 19e régiment d'infanterie se rend alors à Somme-Yevres. Le 25, il est acheminé en camion à Villote de Louppy et Louppy le Château.
Le 27 mars, la 22e division d'infanterie est mise à la disposition du général Guillaumat pour remplacer à Verdun la 42e division d'infanterie. Pour ce faire, le 19e R.I est envoyé, dans un premier temps, à Vaubécourt et Evres puis emmené en camion à Baleycourt d'ou il gagne Verdun à pieds et s'installe dans la caserne Miribel dans la soirée du 30. Aussitôt, quelques officiers partent reconnaitre le futur secteur que le régiment doit tenir.

Bois Nawé

Des le lendemain soir, les 1er et 3e bataillons du 19e régiment d'infanterie partent pour relever le 94e régiment d'infanterie tandis que le 2e bataillon reste en réserve à Verdun. Cette relève particulièrement pénible a lieu sous l'incessant bombardement ennemi. Lors de la traversée du bois de Nawé, les troupes s'égarent dans les boyaux à peine creusés. Tant bien que mal, elles arrivent sur zone et découvrent leur nouvelle position qui est très proches des premières lignes ennemies. Constituée d'ébauches de tranchées non reliées entre elles, les hommes s'y abritent comme ils peuvent. Beaucoup d'entre eux sont obligés de se terrer dans des trous d'obus.

22 février 2016

TEMOIGNAGE DE JEAN COTE

Vaux - Fort

« C’était à Verdun, dans le secteur du fort de Vaux. Il fallait que je monte au fort tous les soirs. Le sergent-major me dit : « Il y a là deux caporaux qui reviennent de permission, tu vas les ramener en ligne. » Je les emmène donc avec moi. Ah ! Malheureux ! En arrivant en face des batteries de l’Hôpital, juste en face du fort de Vaux, on a pris un bombardement terrible. Alors on n’y voyait que du feu. Il y a des fois où on dit qu’on ne voit que 36 chandelles, là, je ne voyais que du feu ! Les gars marchaient un de chaque côté de moi et moi au milieu. Je me suis jeté à terre. Quand je me suis relevé, qu’est-ce que je vois ? Un porte-monnaie par terre et une jambe un peu plus loin, c’est tout ce que j’ai vu. J’étais à peu près loin comme d’ici l’embranchement qui va d’ici au Désert. J’arrive au fort. Il y avait là Thébaut qui était un gars de Plémy. Je cherche un coin pour m’asseoir. Je les entendais bien causer mais je ne pouvais pas répondre. Ils se demandaient ce que j’avais. Les voilà tous autour de moi. Il paraît qu’au bout de 20 minutes, je suis revenu à moi. Alors je leur ai dit : « Voilà un porte-monnaie. » « Mais les gars qui étaient avec toi ? » « Mon vieux, il ne restait qu’une jambe d’eux, ils ont été complètement déchiquetés. » Sûr que ça m’avait commotionné… » © Enregistrement oral, 1980, Fonds René Richard.

Jean Cote, classe 1911, de Plémet (Côtes d'Armor), incorporé au 19ème R.I. de Brest est agent de liaison. Il y fait toute sa guerre sans jamais être blessé. Il a été enregistré, en 1980, par René Richard que je remercie de son autorisation de publication.

20 janvier 2016

LETTRE D'UN BLESSE RESCAPE DE LA BATAILLE DE LENHARREE

Foix, le 20 septembre 1914
Chère maman,

Je vous écris de la main gauche. J'ai reçu votre lettre ce matin. En passant à Toulouse, j'avais trouvé un Bordelais qui retournait chez lui. C'est lui qui a bien voulu porter un mot à Sainte Margueritte. Je commence a remuer les doigts de la main droite mais j'en ai pour six mois avant que mon bras puisse me rendre quelque service. L'autre jour, je suis tombé juste dessus, ce qui m'a valu l'épithète d'imbécile par le major !! Heureusement que mon plâtre est solide, sans quoi j'aurais fait de la salade !

Le major m'a dit l'autre jour que je pourrais aller chez moi avec mon plâtre, quand je voudrais. Il n'y a plus de pansement à me faire. Les deux plaies d'entrée et de sortie de la balle vont se cicatriser toutes seules. Il faudra juste un médecin pour m'enlever le bras du plâtre.

Je suis bien sûr que la campagne est finie pour moi. Ils m'ont bien amoché, les cochons. J'ai eu beaucoup de casque entre les mains et, quand j'ai été blessé, je n'ai pas pu en trouver. La seule chose qui me reste, c'est un couteau que j'ai pris à un prisonnier allemand à Maissin.

J'étais bien heureux de ne plus entendre le grand orchestre et de trouver un bon lit ! Ca vaut mieux que les tranchées pour ronfler ! Et qu'est-ce que je me mets dans l'estomac ! Ca change des rutabagas et du pain pourri.

Il a eu de la veine Louis. Un fantassin aurait été zigouillé d'ou avantage d'avoir un cheval qui fait le sacrifice de sa peau. Avez-vous des nouvelles de Paul et Louis Aurégan ? On peut faire la comparaison dans les hôpitaux et dans les trains de blessés. La cavalerie et l'artillerie n'ont que des pertes insignifiantes auprès de l'infanterie. Ce sont les pauvres pousse-cailloux qui se font casser la figure.

J'ai vu des endroits ou l'herbe et l'avoine étaient rouges sur de grands espaces. Une ligne de tirailleurs avait été à l'abattoir... Ce n'est pas gai de voir tomber des jeunes gens en pleine vitesse, qui sont ensanglantés et qui pleurent ou crient "Maman !". Les pauvres bougnoules criaient " Oh ! Ma Doué !" C'est la nuit que leurs cris et leurs râles étaient horribles. La plaine de Wagram dans l'Aiglon n'est rien auprès de ce que nous avons entendu à Maissin la nuit entière. J'avais des cauchemars les premières nuits que j'ai passé à l'hôpital car ma blessure me donnait un peu de fièvre. Tout ça me trottait dans la caboche. Il y a des scènes dont je me rappellerai toute ma vie.

Donnez-moi l'adresse de Louis et celle d'Auguste. J'ai appris sa blessure l'autre jour par un soldat de sa compagnie. Il ne pouvait plus parler et il a été amoché deux heures après moi au même village de Lenharrée, près de La Fère Champenoise. Il en est tombé du 19eme ce jour-là. Nous étions les derniers débris du régiment. Je connais des familles brestoises ou il y aura du deuil.

Dites-moi si vous êtes à Brest ou à Guillers et, dans une quinzaine de jours, je me mettrais en route pour Brest. Je vous enverrais une dépêche pour vous dire l'heure de l'arrivée du train. Je mettrais deux jours et deux nuits. Notre train de blessés avait mis quatre jours et quatre nuits pour arriver à Foix et des fourgons à bestiaux avec un peu de paille. Ceux qui étaient bien atteints avaient bien souffert.

Je vous envoie une copie de mon diagnostic au registre des blessés. Gardez-le, il pourra servir.

Embrassez Gabrielle et ses deux petits lapins (futurs pioupious), Marie Thérèse et, pour vous, mes meilleurs baisers.
Répondez moi vite, on s'embète sans nouvelles.
Bonne poignée de main à Fernand. En haut de sa pyramide, il doit se barber.
Gardez moi la carte que le major vous a envoyé.

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Je remercie l'association " Bretagne 14-18 " de m'avoir autorisé à publier cette lettre parue dans leur bulletin trimestriel n° 74.

 

 

 


01 janvier 2016

BONNE ANNEE 2016

Voeux 2016

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16 décembre 2015

EMOUVANTE CARTE POSTALE

Emouvante carte postale, évoquant les nombreuses victimes de l'attaque d'Ovillers le 17 décembre 1914, envoyée par un soldat du 19e régiment d'infanterie à sa fiancée.

Recto

Le 15 janvier 1915

Ma chère petite Marie

Je viens de recevoir ta carte. Je suis heureux de savoir que tu es toujours en bonne santé et moi je suis de même, Dieu merci. Alors, tu as su que le 19e a été complétement détruit. Je t’assure qu’on avait fait du propre. Nous sommes partis à 4 heures du matin avec 2500 hommes pour faire une attaque et à 6 heures et demie nous étions que 1200 hommes et alors tu n’as qu’à voir combien qui ont laissé leur peau. Je t’assure qu’on aura beaucoup de mal à retourner.

Ton ami qui t’aime et qui pense toujours à toi.

 

Verso

06 novembre 2015

ALAIN MARIE CAM

Alain Marie Cam est né le 28 juillet 1887 à La Roche Maurice (Finistère). A 19 ans, il est domestique dans une famille noble de Tréguier (Côtes d'Armor). Après son service militaire effectué au 118e régiment d'infanterie de Quimper entre 1909 et 1911, il rentre à Trèguier où il habite rue Ernest Renan puis place des Halles. Lorsque la guerre éclate, il est mobilisé au 19e régiment d'infanterie de Brest qu'il rejoint le 12 mars 1915. Après la Champagne, il combat une première fois à Verdun en avril 1916. L'été 1916 se passe dans le secteur de Berry au Bac puis, retour dans la fournaise de Verdun.

Le 18 novembre 1916, Alain Marie Cam écrit à une correspondante dont l'identité n'est pas connue.

Cam CP1

Cam CP2

 

 

Samedi 18 novembre 1916

Chère madame,

Quelques mots pour vous dire que je suis toujours en bonne santé car nous sommes remontés aux tranchées depuis 2 jours et le temps n'est pas bien beau. Cette nuit il a neigé et dans la journée nous avons la pluie. Mais cela n'est rien s'il n'y avait pas la grosse mitraille qui tombe à chaque instant mais j'espère qu'on se retirera de cette vilaine passe.

Bien le bonjour à votre mère ainsi qu'aux habitués.
Embrassez bien les enfants pour moi.
Bien affectueusement à vous
Votre tout dévoué
   Alain CAM

 

 

 

Ce même jour, Alain Marie Cam est victime de la grosse mitraille qu'il évoque dans sa correspondance. Il est tué par un éclat d'obus dans le secteur du bois Fumin.

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18 octobre 2015

SENTINELLE AU FORT DE VAUX

Fort de Vaux - Gazette des uniformes HS n°3Voici une photo d'un soldat du 19e régiment d'infanterie parue dans le hors série numéro 3 de la Gazette des Uniformes et la légende qui l'accompagne : " Sentinelle en faction au pied de l'escalier intérieur du fort de Vaux en novembre 1916".

23 septembre 2015

ETE 1916 A BERRY AU BAC

Dans la lettre du Chemin des Dames, numéro 34, figurent quelques photos de Berry au Bac, secteur occupé par le 19e régiment d'infanterie en cet été 1916. Elles ont été prises par un officier du 35e régiment d'artillerie, Jean Cuer.

Lettre du Chemin des Dames

Pour voir la suite de ces photos, dans le carré si-dessous, cliquez sur " La lettre du Chemin des Dames".

La Lettre du Chemin des Dames

Le Portail est le site de référence du Chemin des Dames, à vocation historique, culturelle et touristique. Il présente un ensemble d'informations historiques pour comprendre le rôle du Chemin des Dames dans l'histoire de la Première Guerre mondiale, mais également des informations pratiques pour vous rendre sur les différents lieux de Mémoire du Chemin des Dames.

http://www.chemindesdames.fr

 Puis, dans la liste déroulante, cliquer sur "la lettre du Chemin des Dames numéro 34". Vous trouverez les photos de Jean Cuer de la page 32 à 36.