01 septembre 2011

25 SEPTEMBRE 1915 - A L'ASSAUT

Brosse à dent Le 25 septembre 1915 à 9 heures 15, les soldats s'élancent à l'assaut précédés par le tir de barrage roulant exécuté par l'artillerie.
Bénéficiant de l'effet de surprise, les 10e (1ere vague), 11e et 12e (2e vague) compagnies du 19e RI franchissent les tranchées du Trapèze malgré la résistance de quelques ilôts ennemis. La 4e compagnie (3e vague d'assaut) réussit à rejoindre rapidement ces trois compagnies. Le commandant Wolf, chef du 3e bataillon est tué. Privé de leur chef, les troupes continuent à avancer, comme l'ordre en avait été donné, mais dans la plus grande confusion, sans aucune cohésion. Ils parviennent à la Brosse à Dents vers midi ou ils se mêlent aux soldats du 118e RI (régiment qui attaquait à la gauche du 19e RI).

Faisant partie de la 1ere vague d'assaut, la 9e compagnie part à l'offensive à l'aile droite du 19e RI. Elle ne connait pas le succès des 10e, 11e, 12e et 4e compagnies car, à sa droite, le 65e RI est refoulé sur ses tranchées de départ. Ce recul découvre le flanc droit du 19e RI. De ce fait, la 9e compagnie, parvenue à la première tranchée ennemie se trouve prise sous les tirs allemands qui l'oblige à se replier sur la tranchée de départ. La 1ere compagnie (3e vague), qui suit la 9e, subit le même sort.

De son côté, la 2e compagnie (3e vague) accompagnée d'une section de Point 477 Trapèzemitrailleuses, suit la 10e compagnie. A l'Ouest du point 477, elle est arrêtée par une forte résistance de l'ennemi dans la dernière tranchée du Trapèze. A ce moment là, elle est attaquée par derrière par des groupes de soldats allemands qui s'était cachés dans leurs abris lors du passage de la première vague d'assaut. Au même instant, elle est aussi attaquée sur son flanc droit. De furieux combats à la grenade ont lieu. Encerclés, les survivants de la 2e compagnie sont faits prisonniers.

Formant la dernière vague d'assaut, la 3e compagnie nettoie à la grenade les tranchées franchies par les deux premières vagues. Les points de résistances ennemis sont réduit au silence par d'acharnés combats au corps à corps. De nombreux prisonniers sont faits. Du côté de la mamelle Sud, la résistance allemande est opiniâtre. Rejoints par quelques éléments de la 2e compagnie et menacé de subir le même sort que celle-ci, la 3e compagnie se replie aussi sur la tranchée de départ.

Craignant une contre-attaque, le commandement donne ordre aux trois compagnies (1ere, 3e et 9e) revenues à la tranchée de départ ainsi qu'au colonel Albert, commandant le 19e régiment d'infanterie, de rester sur place. Ils y resteront toute l'après-midi du 25 septembre sans aucunes nouvelles des autres compagnies du régiment.

Placé en réserve du 11e Corps d'Armée, le 2e bataillon du 19e RI, commandé par le commandant Fohanno, est Point 188alerté à 9 heures 45. Il quitte sa position de départ à 10 heures en direction du point 188 en suivant la route de Perthes les Hurlus-Tahure sur les pas de la 43e brigade d'infanterie (62e et 116e RI). Vers 11 heures, un nid de mitrailleuses placé à l'Est du boyau Heine et à 100 mètres au Sud du bois des Artilleurs arrête la progression du 2e bataillon. Le lieutenant Picard et sa section de la 7e compagnie sont tués. Après avoir réduit au silence ce nid de mitrailleuse, la troupe reprend sa marche en avant pour arriver au point 188 en début d'après-midi. Vers 14 heures 15, il repart en avant tout en nettoyant les ilots de résistance allemands situé à l'Est de la route Perthes les Hurlus-Tahure pendant qu'un bataillon du 116e RI se charge de ceux situés à l'Ouest. A 17 heures, le 2e bataillon reçoit l'ordre d'appuyer le 2e bataillon du 118e RI qui doit marcher sur Tahure. Le mouvement est arrêté par la nuit tombante.

Point 765 et 6774Les 1ere, 3e et 9e compagnies, relevées par des territoriaux, quittent la tranchée de départ pour rejoindre le gros du régiment dans la soirée. Le 19e régiment passe la nuit sur ses positions sous la pluie qui ne cesse de tomber. Le bataillon Fohanno se trouve au point 6774 tandis que les 4e, 10e, 11e et 12e comapgnies sont de le boyau de Tahure au niveau du point 765. Nuit étrangement calme, à peine quelques coups de canons. Les officiers en profitent pour tenter de rassembler leurs hommes qui, dans le feu de l'action, se sont retrouvés mélangés avec ceux des 62e, 116e et 118e RI.

Les extraits de cartes proviennent du JMO du 118e RI que vous pouvez lire ici => http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/jmo/img-viewer/26_N_682_013/viewer.html
La carte se trouve page 5.


24 juillet 2011

DANS LES PARALLELES DE DEPART

Massés dans les parallèles de départ, sous la pluie qui ne cesse de tomber, la nuit parait interminable pour les hommes du 19e régiment d'infanterie. Les 700 mètres de leur secteur d'attaque (le plus étendu de la 22e D.I) s'étend, de gauche à droite, du boyau d'Erfurth au point 479. Face à eux, les deux mamelles, stratégiquement importantes pour l'ennemi qui s'y est solidement retranché, domine le terrain. Entre la parallèle de départ et les deux mamelles, se trouve le Trapèze ensemble de tranchées couvert de réseaux barbelés.
Après avoir franchi ces trois positions, le 19e régiment d'infanterie, passant par le ravin de la Goutte et la Brosse à dents, doit participer à la prise de Tahure, objectif de la 22e division d'infanterie pour ce 25 septembre 1915.
Les compagnies sont placées dans leurs ordres de départ.
Le 3e bataillon, commandé par le commandant Wolf, est dans la parallèle 1. Le 1er bataillon, commandé par le commandant Lesdos, se trouve dans la parallèle 2. Le 2e bataillon, commandé par le commandant Fohanno, est placé en réserve de la 22e D.I en arrière du bois violet (point 463).
les troupes d'assaut sont réparties en quatre vagues :
Le 3e bataillon forme les deux premières vagues, 9e et 10e compagnies en tête, suivies à 50 mètres de distance par les 11e et 12e compagnies.
Viennent ensuite les 1er, 2e et 4e compagnies, du 1er bataillon, formant la 3e vague qui suit la 2e à 100 mètres et renforcés par la compagnie de mitrailleuses.
S'élançant à 100 mètres derrière la 3e vague, la 3e compagnie, commandée par le capitaine Jegaden, forme la 4e vague.
La mission des deux premières vagues d'assaut est de franchir, sans s'arrêter, les tranchées ennemies en se dirigeant sur l'objectif sans se préoccuper des liaisons avec les unités voisines, sauf si le décalage avec ces dernières expose leur flanc aux tirs ennemis.
La 3e vague soutient les deux premières et les rejoint si nécessaire.
La 4e vague est chargée du nettoyage des tranchées ennemies que les précédentes vagues ont franchis sans s'arrêter.