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17 janvier 2017

ROGER POPINEAU

Fils de Jean Lucien et de Claire Elodie perier, Roger POPINEAU nait à Paris le 29 novembre 1897. Mobilisé à 19 ans, il abandonne ses études et incorpore le 54e régiment d’infanterie à Laval (53) en janvier 1916 où il reçoit une instruction militaire puis est muté au 124e régiment d’infanterie en juillet de la même année.

Roger Popineau au 54e RI
3ème à droite sur la photo, Roger Popineau lors de sa période d'instruction au 54e RI

En décembre 1916, Roger POPINEAU rejoint le front et, après avoir passé quinze jours au dépôt divisionnaire, est affecté dans une compagnie de mitrailleuse du 19e régiment d’infanterie qu’il rejoint dans le secteur d’Eix-Moulainville, tout près de Verdun. Malade, il est évacué le 26 janvier 1917 sur l’annexe Exelmans de l’hôpital central de Bar le Duc. Après trois semaines de soin, il bénéficie d’une permission de convalescence d’un mois et rejoint le 19e régiment d’infanterie le 20 mars 1917 qui s’achemine vers Soissons et le Chemin des Dames ou il livrera de durs combats à Laffaux et Hurtebise.
Le 16 aout 1917, cité à l’ordre du régiment, Roger POPINEAU est médaillé de la croix de guerre.
« Agent de liaison plein de bravoure et de sang-froid. A assuré des liaisons difficiles dans un secteur violement bombardé. »

19e RI-23
Roger Popineau et trois de ses camarades du 19e RI

Après l’armistice du 11 novembre 1918, Roger POPINEAU et son régiment séjournent au Grand-Duché du Luxembourg. En avril 1919, le 19e régiment d’infanterie rentre en Bretagne. Sa caserne de Brest étant occupée par les troupes américaines, il s’installe à Landerneau.
Démobilisé le 30 septembre 1919, Roger POPINEAU reprend ses études, interrompues par la guerre, à l’école de Sèvre d’où il sort ingénieur céramiste. Il décède à Neuilly sur Seine le 2 mars 1891 à l’âge de 93 ans.

croquis Roger Popineau - 17-19Excellent peintre et dessinateur, il a réalisé sur le front des portraits, dessins et croquis de ses camarades du 19e régiment d’infanterie ainsi que cette superbe tête de poilu.

         Le Poilu de Roger Popineau

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10 décembre 2016

A PARAITRE => "MILEC LE SOLDAT MECONNU" carnet de guerre du caporal infirmier Emile Madec du 19e RI

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Incontournable et indispensable pour qui s'intéresse au 19e régiment d'infanterie de Brest pendant la première guerre mondiale, le livre "MILEC LE SOLDAT MECONNU" reprend l'intégralité des carnets de guerre d'Emile MADEC, caporal infirmier à la 5e compagnie du 19e RI. Ecrits d'aout 1914 au 7 mai 1917, date de sa mort au Chemin des Dames des suites de ses blessures de guerre, les carnets de guerre d'Emile MADEC permettent de suivre au jour le jour le parcours de son régiment, ce qui permet de pallier l'absence de JMO. Le livre est complété par des extraits de sa correspondance avec sa marraine de guerre, sa famille et ses amis ainsi que par des dessins et aquarelles qu'Emile Madec a réalisé sur le front.
Présenté et annoté par sa petite nièce Soizick Le Pautremat, préfacé par Nicolas Beaupré et édité par les éditions Vagamundo, le livre "MILEC LE SOLDAT MECONNU" est en vente par souscription jusqu'au 31 décembre 2016.

Pour le commander, télécharger le bon de souscription ici => Souscription_Milec

Pour en savoir plus => argu_Milec


Couverture_Milec_verso

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26 novembre 2016

Jean François Marie ABGUEGUEN

Abgueguen Jean FrançoisNé le 15 septembre 1886 à Plouguerneau (Finistère) Jean François Marie ABGUEGUEN est le fils de Jean et Marie Françoise GAC. Il effectue son service militaire au 19e régiment d'infanterie de 1907 à 1909.
Ouvrier dans une usine de soude, il épouse Marie Anne Angélique UGUEN. Le couple a deux filles, Anne-Marie et Léontine lorsque la guerre éclate le 2 aout 1914. Mobilisé, Jean François Marie Abgueguen rejoint le 19e régiment d'infanterie et part pour le front. Il participe à tous les combats du régiment jusqu'au 27 mai 1918 où il sera fait prisonnier à Moussy sur Aisne lors d'une offensive allemande qui débute par un bombardement massif en pleine nuit suivi d'attaques d'infanterie.
Détenu en captivité du 28 mai 1918 au 7 janvier 1919 en Allemagne, il est rapatrié puis démobilisé le 10 mars 1919.
Il exerce alors le métier de garde particulier et jardinier dans un château à Morlaix et a deux autres enfants, Ernest et Jean. Jean François Marie Abgueguen est décédé le 1er février 1952 à Morlaix (Finistère).

Son frère, Théophile Abgueguen, soldat au 48e RI, sera tué au combat de Roclincourt le 25 juin 1915.

Merci à son arrière arrière petit-fils pour la photo et les informations.

04 octobre 2016

ROBERT JAISSON

Jaisson Robert

Né le 19 aout 1896, Robert François Léon JAISSON est le fils ainé de Victor, brasseur à Olizy dans la Meuse. En 1897, sa mère, Emma, décède en donnant naissance à sa petite sœur qui ne vivra que quelques jours. Son père se remariera et aura un fils et une fille.
En 1914, suite à l’invasion allemande, la famille Jaisson quitte Olizy pour se réfugier à Planty dans l’Aube ou elle vécut pendant quatre ans.
Appelé sous les drapeaux en avril 1915, Robert est incorporé au 148e RI, régiment de Rocroi dans les Ardennes et basé à Vannes dans le Morbihan pendant la guerre. Dans un premier temps, Robert suit les cours d’élève aspirant au centre d’instruction de Joinville puis il rejoint son régiment en Bretagne fin aout 1915. Muté au 116e RI le 10 décembre 1915, il rejoint la zone des armées au sein d’un bataillon de renfort dans le secteur de Vitry le François. Fin mars 1916, il fait partie d’un renfort de 108 hommes destinés au 19e RI, au repos dans la région de Poix et est affecté à la 1ere compagnie. Le 31 mars 1916, après presque un an de classe, Robert Jaisson découvre l’horreur de la guerre dans les tranchées de 1ère ligne de Verdun.
Dans des lettres écrites à sa famille, il décrit l’enfer qu’il vit :

Sous les obus le
Dimanche 2 avril 1916

Mes chers Parents,

Priez, priez beaucoup pour celui qui est en train de recevoir le baptême du feu. Oh oui priez bien pour moi. Si vous saviez combien de fois j’ai manqué de mourir depuis à peine 36 heures que nous sommes là.
Priez nous sommes à V…… à la gauche du fort de D… occupé par les Boches. Il n’y a pas de tranchées quelques trous seulement par ci par là. Et puis les rafales de 75 français qui arrivent sur nous (oui c’est les 75 que les Boches ont pris dans le fort qui nous massacrent nous autres français). Les grosses marmites ça n’arrête pas une minute de taper au dessus et autour de nous. Il faut avoir du courage pour écrire dans un pareil moment.
Priez beaucoup ma lettre n’arrivera peut-être pas ou si elle part ce sera peut-être la dernière que vous aurez de moi. Ca n’arrête pas encore plus fort la nuit que le jour. Les soldats qui sont là depuis le début de la guerre disent qu’ils n’ont jamais vu un pareil enfer.
Oh oui prie beaucoup mon cher Papa, tiens je pleure il y a une larme sur ma lettre, prie beaucoup chère Maman, Denise, Maurice, Victorine, Léonie. Il n’y a que 20 jours à passer ici mais jamais plus je ne vous reverrai.
Hier soir un de mes camarades, mon meilleur ami a été blessé à côté de moi. Je n’ai rien eu et lui il a eu la jambe broyée. Combien de morts et de blessés déjà et il n’y a qu’un jour. Ma Cie est en réserve dans un bois à 200 m des Boches. Ca bombarde jour et nuit. Du bois tous les arbres sont fauchés. Ce matin les Boches ont attaqué sans résultat. Ils se vengent en bombardant encore plus furieusement. C’est horrible.
Priez bien la Ste Vierge pour moi. D’un moment à l’autre je m’attends à être broyé ou déchiqueté. J’ai fait à Dieu le sacrifice de ma vie en lui promettant, si j’en échappais, d’être meilleur chrétien et plus fidèle.
La nuit on travaille à découvert sur la plaine pour creuser des tranchées.
Je n’en ai plus pour bien longtemps.
Adieu Papa nous nous reverrons là-bas, je vais aller rejoindre maman Emma.
Adieu Maman Marie, Adieu Maurice. Au revoir Denise ma petite sœur. Victorine et Léonie adieu.
Priez tous, priez beaucoup

            A Dieu

Je vous embrasse une dernière fois

                    Robert

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Sous les marmites le samedi 15 avril veille des Rameaux

Cher Papa,

            J’étais de garde la nuit dans le Boyau devant le gourbi des officiers de la Cie, hier soir quand on est venu m’apporter ta lettre. Il pleuvait de la grêle mais faisait un magnifique clair de lune. J’étais gelé et trempé. Ta lettre m’a réchauffé le cœur. A la lueur de la lune et des fusées que les Boches lancent toute la nuit j’ai déchiffré le plus gros. J’ai été me coucher à minuit et je l’ai relue ce matin. Oh oui vous avez bien raison de prier pour moi.
La vie est encore plus difficile ici depuis qu’il pleut. Si tu voyais la boue qu’il y a dans le boyau. Une boue liquide aussi claire que de l’eau.
Ah tu avais bien raison de plaindre les soldats des tranchées quand il pleuvait. La capote est toujours trempée pleine de boue fraîche et qui ne sèche pas. Les pieds trempent dans l’eau. Ce n’est pas ça qui nous réchauffe pour peu que  la température se soit refroidie comme en ce moment. Les marmites suffiraient bien à nous embêter tu peux croire. Il en tombe un peu moins mais juste en plein sur le Boyau. Nous sommes 80 de la compagnie aux tranchées. Tous les soirs il en part trois ou quatre comme blessés. Dans mon escouade nous restons 3. Je crois que nous allons changer de secteur cette nuit pour aller à 2 km sur la droite. Entre Douaumont et Vaux comme dit le communiqué. Nous sommes mal ici mais à côté de là-bas il paraît que nous sommes au paradis. Là-bas il ne tomberait que des 300 ou des 420. Ça fait de beaux petits trous tu peux le croire. J’en ai vu 5 à 6 mètres de diamètre et 3 à 4 de profondeur. On y mettrait sans se gêner tout un attelage chevaux et voiture. Il faut voir quand ça tombe. L’eau de pluie se met dans tous ces trous de marmite. Quand on est éreinté de courir (ça monte rien que des côtes à pic) sous les marmites et qu’on n’en peut plus on descend dans un de ces trous et on va boire de l’eau au fond. C’est la guerre on n’est pas fier. Heureux encore quand on peut trouver de l’eau car il n’y en a pas toujours. Il y a des moments où les jambes ne veulent plus avancer et plient sous vous. On ne se figurerait pas ce qu’on fatigue. On ne se repose pas dans les tranchées, Dame non.
Enfin il est question que nous serons peut-être relevés pour le 20. Il serait temps car on est épuisé de toute façon.
En cas d’accident j’ai dit à mon camarade de vous prévenir. C’est le 3e à qui je donne mon adresse, les 2 autres ont été blessés et c’est moi qui ai écrit chez eux.
Tante Thérèse m’a envoyé des œufs durs, des bonbons et de l’alcool de menthe. Elle est bien bonne pour moi je n’aurais jamais cru qu’elle eut si bon cœur.
Je t’ai dit que si j’échappais à cette guerre j’ai fait un vœu à la Ste Vierge. Je ne resterai pas dans cette vie. Mais nous en reparlerons plus sérieusement si j’en échappe et si nous nous retrouvons.
Je serais content d’avoir votre photographie si vous pouviez vous faire photographier tous tous ensemble. Je veux que tu sois dessus.     
Au revoir donc cher Papa chère Maman. Priez tous bien pour moi.

            Je vous embrasse

                                   Robert

Cette lettre du 15 avril 1916 est son dernier courrier. Robert Jaisson disparait le 17 avril 1916 quelque part entre le bois Albain et le bois Nawé. Après beaucoup de recherches, ce n’est que le 19 septembre 1916 que son père aura la confirmation de sa mort au combat devant Verdun. A ce jour, son corps n’a pas été retrouvé.
La famille de Robert s’est rendue en pèlerinage à Verdun en avril 2016. A cette occasion, elle a fait graver son nom sur une des pierres de la voute de l’ossuaire de Douaumont.

Jaisson Robert Douaumont

Merci à son petit-neveu Alexandre pour ses précieuses informations et la communication des lettres de Robert Jaisson.

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20 juillet 2016

5 SOLDATS DU 19e RI DONT VICTOR DERRIEN

5 soldats du 19e RI

J'ai ajouté une nouvelle photo dans l'album "Photos de groupes" qui se trouve dans la colonne de droite.

Au dos de cette photo, une petite phrase "Souvenir de votre cousin Victor Derrien".
Il pourrait s'agir de Victor Derrien, né en 1889 à Saint Bihy dans les Côtes d'Armor, qui a effectué son service militaire au 19e régiment d'infanterie de 1910 à 1912. Rappelé au 19e régiment d'infanterie par la mobilisation générale du 2 aout 1914, il est promu caporal le 8 janvier 1915. Passé au 249e régiment d'infanterie, il est tué au combat le 12 mai 1916 à Verdun, secteur de Douaumont.

N'hésitez pas à regarder l'album "Photos de groupes" ici => http://19emeri.canalblog.com/albums/photos_de_groupes/index.html , vous y reconnaitrez peut être un membre de votre famille.

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14 juin 2016

KEPI DE SOUS-OFFICIER DU 19e RI

képi 19RI Blog
Collection Bertrand Garandeau

Voici un képi de sous-officier du 19e régiment d'infanterie. Marqué du 11e Corps d'Armée, il daterait de 1909.

Ce képi, modèle 1884, présente 3 différences avec un képi de troupe :

1) le drap est plus fin.

2) il porte extérieurement une jugulaire en fin galon doré au lieu de la jugulaire à coulisse en veau de 1,5 cm de large.

3) il possède une jugulaire intérieure, en deux parties, en cuir.

Merci à Bertrand Garandeau pour le partage de cette pièce de sa collection.

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17 avril 2016

VERDUN 17 AVRIL 1916

BDIC_VAL_207_021
Verdun - Le ravin de la Dame et le ravin de la Couleuvre - BDIC VAL 207/021

Dès le matin, le bombardement habituel reprend et s’amplifie d’heure en heure. L’extrême violence de ce dernier détruit tout. Les tranchées et positions françaises sont nivelées et beaucoup de soldats du 19e régiment d’infanterie sont victimes de cet ouragan de fer et de feu, tués, blessés, enterrés vivants, disparus…

A 11 heures 30, les Allemands passent à l’offensive. Abasourdis, les survivants tentent de repousser l’ennemi. Dans le secteur du 1er bataillon, il parvient à s’infiltrer dans le bois Albain, le ravin de la Couleuvre, le bois Nawé et, contournant les positions françaises, il surprend nos soldats par derrière et fait de nombreux prisonniers.

De leur côté, les 2e et 3e bataillons résistent farouchement aux assauts et ne cèdent le terrain que pas à pas. La 8e compagnie est submergée et les soldats allemands s’engouffrent dans cette brèche mais une contre-attaque de la 10e compagnie parvient à refouler ces hommes jusque la tranchée Picard.

AFGG - Verdun avril 1916 Extrait

En fin de journée, les Allemands n’ont progressés que d’environ 500 mètres. L’héroïque résistance du 19e régiment d’infanterie l’ayant empêché d’aller plus loin. Mais à quel prix, 110 hommes sont tués au combat pour cette seule journée du 17 avril 1916.

Décimé, le 19e régiment d’infanterie est relevé de l’enfer de Verdun le 20 avril 1916.

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15 avril 2016

SOUS LES MARMITES

Jaisson Robert 1Dernière lettre écrite par Robert JAISSON, de la 1ere compagnie du 19e RI, qui sera tué deux jours plus tard, le 17 avril 1916 à Verdun.

Sous les marmites le samedi 15 avril veille des Rameaux

Cher Papa,

            J’étais de garde la nuit dans le Boyau devant le gourbi des officiers de la Cie, hier soir quand on est venu m’apporter ta lettre. Il pleuvait de la grêle mais faisait un magnifique clair de lune. J’étais gelé et trempé. Ta lettre m’a réchauffé le cœur. A la lueur de la lune et des fusées que les Boches lancent toute la nuit j’ai déchiffré le plus gros. J’ai été me coucher à minuit et je l’ai relue ce matin. Oh oui vous avez bien raison de prier pour moi.
La vie est encore plus difficile ici depuis qu’il pleut. Si tu voyais la boue qu’il y a dans le boyau. Une boue liquide aussi claire que de l’eau.
Ah tu avais bien raison de plaindre les soldats des tranchées quand il pleuvait. La capote est toujours trempée pleine de boue fraîche et qui ne sèche pas. Les pieds trempent dans l’eau. Ce n’est pas ça qui nous réchauffe pour peu que  la température se soit refroidie comme en ce moment. Les marmites suffiraient bien à nous embêter tu peux croire. Il en tombe un peu moins mais juste en plein sur le Boyau. Nous sommes 80 de la compagnie aux tranchées. Tous les soirs il en part trois ou quatre comme blessés. Dans mon escouade nous restons 3. Je crois que nous allons changer de secteur cette nuit pour aller à 2 km sur la droite. Entre Douaumont et Vaux comme dit le communiqué. Nous sommes mal ici mais à côté de là-bas il paraît que nous sommes au paradis. Là-bas il ne tomberait que des 300 ou des 420. Ça fait de beaux petits trous tu peux le croire. J’en ai vu 5 à 6 mètres de diamètre et 3 à 4 de profondeur. On y mettrait sans se gêner tout un attelage chevaux et voiture. Il faut voir quand ça tombe. L’eau de pluie se met dans tous ces trous de marmite. Quand on est éreinté de courir (ça monte rien que des côtes à pic) sous les marmites et qu’on n’en peut plus on descend dans un de ces trous et on va boire de l’eau au fond. C’est la guerre on n’est pas fier. Heureux encore quand on peut trouver de l’eau car il n’y en a pas toujours. Il y a des moments où les jambes ne veulent plus avancer et plient sous vous. On ne se figurerait pas ce qu’on fatigue. On ne se repose pas dans les tranchées, Dame non.
Enfin il est question que nous serons peut-être relevés pour le 20. Il serait temps car on est épuisé de toute façon.
En cas d’accident j’ai dit à mon camarade de vous prévenir. C’est le 3e à qui je donne mon adresse, les 2 autres ont été blessés et c’est moi qui ai écrit chez eux.
Tante Thérèse m’a envoyé des œufs durs, des bonbons et de l’alcool de menthe. Elle est bien bonne pour moi je n’aurais jamais cru qu’elle eut si bon cœur.
Je t’ai dit que si j’échappais à cette guerre j’ai fait un vœu à la Ste Vierge. Je ne resterai pas dans cette vie. Mais nous en reparlerons plus sérieusement si j’en échappe et si nous nous retrouvons.
Je serais content d’avoir votre photographie si vous pouviez vous faire photographier tous tous ensemble. Je veux que tu sois dessus.     
 Au revoir donc cher Papa chère Maman. Priez tous bien pour moi.

            Je vous embrasse

                                   Robert
Ecrivez-moi tous les jours. Si vous saviez comme ça fait du bien de recevoir une lettre.
Il y a un an la veille des Rameaux c’est moi qui ai cloué les guirlandes dans l’église de PLanty. Vous m’enverrez un peu de buis dans les lettres ça me portera bonheur. J’ai encore du laurier de l’année dernière. Il doit y avoir des feuilles et des fleurs. Ici la terre est noire de poudre.

Découvrez l'histoire de Robert JAISSON => ICI

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19 mars 2016

EN ROUTE POUR VERDUN

Les 24 et 25 février 1916, le 19e régiment d'infanterie est relevé du front de Tahure en Champagne. Rassemblé à Croix en Champagne, il se rend à Saint Jean sur Moivre, Omey et Pogny le 26 puis à Breuvery sur Coole et Saint Quentin sur Coole ou il reste jusqu'au 9 mars. Ce même jour, après 30 kilomètres parcourrus à pieds, il s'installe à Poix, Moivre et le Fresne.
Le 23 mars, la 22e division d'infanterie (62e, 116e, 19e et 118e RI), détachée temporairement du 11e Corps d'Armée, est mise à la disposition de la IIe Armée. Le 19e régiment d'infanterie se rend alors à Somme-Yevres. Le 25, il est acheminé en camion à Villote de Louppy et Louppy le Château.
Le 27 mars, la 22e division d'infanterie est mise à la disposition du général Guillaumat pour remplacer à Verdun la 42e division d'infanterie. Pour ce faire, le 19e R.I est envoyé, dans un premier temps, à Vaubécourt et Evres puis emmené en camion à Baleycourt d'ou il gagne Verdun à pieds et s'installe dans la caserne Miribel dans la soirée du 30. Aussitôt, quelques officiers partent reconnaitre le futur secteur que le régiment doit tenir.

Bois Nawé

Des le lendemain soir, les 1er et 3e bataillons du 19e régiment d'infanterie partent pour relever le 94e régiment d'infanterie tandis que le 2e bataillon reste en réserve à Verdun. Cette relève particulièrement pénible a lieu sous l'incessant bombardement ennemi. Lors de la traversée du bois de Nawé, les troupes s'égarent dans les boyaux à peine creusés. Tant bien que mal, elles arrivent sur zone et découvrent leur nouvelle position qui est très proches des premières lignes ennemies. Constituée d'ébauches de tranchées non reliées entre elles, les hommes s'y abritent comme ils peuvent. Beaucoup d'entre eux sont obligés de se terrer dans des trous d'obus.
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Jaisson Robert 1Dans une lettre écrite à ses parents Robert JAISSON, soldat à la 1ere compagnie du 19e RI, décrit l'enfer de ce nouveau secteur :

Sous les obus le

Dimanche 2 avril 1916

Mes chers Parents,

Priez, priez beaucoup pour celui qui est en train de recevoir le baptême du feu. Oh oui priez bien pour moi. Si vous saviez combien de fois j’ai manqué de mourir depuis à peine 36 heures que nous sommes là.
Priez nous sommes à V…… à la gauche du fort de D… occupé par les Boches. Il n’y a pas de tranchées quelques trous seulement par ci par là. Et puis les rafales de 75 français qui arrivent sur nous (oui c’est les 75 que les Boches ont pris dans le fort qui nous massacrent nous autres français). Les grosses marmites ça n’arrête pas une minute de taper au dessus et autour de nous. Il faut avoir du courage pour écrire dans un pareil moment.
Priez beaucoup ma lettre n’arrivera peut-être pas ou si elle part ce sera peut-être la dernière que vous aurez de moi. Ca n’arrête pas encore plus fort la nuit que le jour. Les soldats qui sont là depuis le début de la guerre disent qu’ils n’ont jamais vu un pareil enfer
Oh oui prie beaucoup mon cher Papa, tiens je pleure il y a une larme sur ma lettre, prie beaucoup chère Maman, Denise, Maurice, Victorine, Léonie.
Il n’y a que 20 jours à passer ici mais jamais plus je ne vous reverrai.
Hier soir un de mes camarades, mon meilleur ami a été blessé à côté de moi. Je n’ai rien eu et lui il a eu la jambe broyée. Combien de morts et de blessés déjà et il n’y a qu’un jour.
Ma Cie est en réserve dans un bois à 200 m des Boches. Ca bombarde jour et nuit. Du bois tous les arbres sont fauchés. Ce matin les Boches ont attaqué sans résultat. Ils se vengent en bombardant encore plus furieusement. C’est horrible.
Priez bien la Ste Vierge pour moi. D’un moment à l’autre je m’attends à être broyé ou déchiqueté. J’ai fait à Dieu le sacrifice de ma vie en lui promettant, si j’en échappais, d’être meilleur chrétien et plus fidèle.
La nuit on travaille à découvert sur la plaine pour creuser des tranchées.
Je n’en ai plus pour bien longtemps.
Adieu Papa nous nous reverrons là-bas, je vais aller rejoindre maman Emma
Adieu Maman Marie, Adieu Maurice. Au revoir Denise ma petite sœur. Victorine et Léonie adieu.
Priez tous, priez beaucoup

            A Dieu

Je vous embrasse une dernière fois

 Robert

Lettre prémonitoire... Robert JAISSON disparait dans l'enfer de Verdun le 17 avril 1916. Découvrez son histoire => ICI

22 février 2016

TEMOIGNAGE DE JEAN COTE

Vaux - Fort

« C’était à Verdun, dans le secteur du fort de Vaux. Il fallait que je monte au fort tous les soirs. Le sergent-major me dit : « Il y a là deux caporaux qui reviennent de permission, tu vas les ramener en ligne. » Je les emmène donc avec moi. Ah ! Malheureux ! En arrivant en face des batteries de l’Hôpital, juste en face du fort de Vaux, on a pris un bombardement terrible. Alors on n’y voyait que du feu. Il y a des fois où on dit qu’on ne voit que 36 chandelles, là, je ne voyais que du feu ! Les gars marchaient un de chaque côté de moi et moi au milieu. Je me suis jeté à terre. Quand je me suis relevé, qu’est-ce que je vois ? Un porte-monnaie par terre et une jambe un peu plus loin, c’est tout ce que j’ai vu. J’étais à peu près loin comme d’ici l’embranchement qui va d’ici au Désert. J’arrive au fort. Il y avait là Thébaut qui était un gars de Plémy. Je cherche un coin pour m’asseoir. Je les entendais bien causer mais je ne pouvais pas répondre. Ils se demandaient ce que j’avais. Les voilà tous autour de moi. Il paraît qu’au bout de 20 minutes, je suis revenu à moi. Alors je leur ai dit : « Voilà un porte-monnaie. » « Mais les gars qui étaient avec toi ? » « Mon vieux, il ne restait qu’une jambe d’eux, ils ont été complètement déchiquetés. » Sûr que ça m’avait commotionné… »
© Enregistrement oral, 1980, Fonds René Richard.
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Jean Cote, classe 1911, de Plémet (Côtes d'Armor), incorporé au 19ème R.I. de Brest est agent de liaison. Il y fait toute sa guerre sans jamais être blessé. Il a été enregistré, en 1980, par René Richard que je remercie de son autorisation de publication.