JEAN MARIE BEUZIT
Né le 31 juillet 1892 à Plounéour Menez (Finistère), Jean Marie Beuzit est le petit dernier d'une fratrie de sept enfants. Après son enfance passée dans la ferme familiale, il entre à l'école normale d'instituteur de Quimper en 1909. A sa sortie, en 1912, il part effectuer son service militaire ou le trouvera la mobilisation générale du 2 aout 1914.
Sergent à la 6e compagnie, Jean Marie Beuzit part avec le 19e régiment d'infanterie et participe à tous les combats jusqu'au 17 décembre 1914 ou il est tué lors de l'attaque d'Ovillers La Boisselle.
Après la guerre, sa mère a longtemps cherché le lieu de sépulture de Jean Marie Beuzit. Son corps n'a jamais été retrouvé.
Je remercie Anne pour ses informations et la photo de Jean Marie Beuzit.
LUCIEN THOBY
Né le 14 septembre 1891 à Montoir de Bretagne et domicilié à Sainte Reine de Bretagne (44), Lucien Thoby est caporal à la 8e compagnie du 19e régiment d'infanterie. Probablement blessé à Verdun en avril 1916, il décède des suites de ses blessures reçues au combat le 4 mai 1916 à l'hôpital complémentaire n° 11 à Orléans (45).
Lucien Thoby repose dans le carré militaire d'Orléans.
A noter, une erreur d'orthographe sur la plaque de la tombe (Thobie au lieu de Thoby).
Merci à Marc ( http://lessoldatsdeloireinferieure.hautetfort.com/ ) pour la photo
PIERRE NAOUR
Gwendal, que je remercie, m'a fait parvenir cette carte postale de sa collection ou l'on voit trois sous officiers du 19e régiment d'infanterie. Cette photo a probablement été prise au cours du premier semestre 1915.
Cette carte a certainement été adressée à une relation commune de Pierre Naour (à droite sur la photo) et de l'auteur du texte au dos cette carte postale, Pierre Clere soldat au 118e régiment d'infanterie.
Voici le texte :
" Voici la photo de Pierre Naour. Il est sergent. C'est celui qui a une croix sous ses pieds.
Il m'a donné sa photo aujourd'hui pour vous l'envoyer et je vous ai mis quelque chose sur la lettre. Je ne sais pas si vous l'aurez et je finis ma lettre en vous embrassant de tous mon coeur et je vous dit que j'ai pas encore reçu mon colis.
Clere Pierre
Qui vous aime toujours
118e RI - 6e compagnie - Secteur 83 "
Toute information sur Pierre Naour, Pierre Clere et les deux hommes présents sur la photo à coté de Pierre Naour est la bienvenue. N'hésitez pas à me contacter =>ICI<=
YVES CORENTIN MARIE LE GUEN
Né le 26 octobre 1882 à Plouvorn (Finistère), Yves Corentin Marie LE GUEN est soldat de 2e classe au 19e régiment d'infanterie. Le dimanche 3 octobre 1915, le régiment occupe les tranchées face à la Brosse à dents dans le secteur de Tahure. Le bombardement ennemi est intense toute la journée. Victime d'un obus tombé sur son abri, Yves Corentin Le Guen meurt asphyxié.
Dans une lettre parue dans le livre " La dernière lettre écrite par des soldats tombés au champ d'honneur 1914-1918", le frère d'Yves, Jean Marie annonce la triste nouvelle à sa mère.
En campagne le 7 octobre 1915
Ma chère mère
Vous savez sans doute maintenant la triste nouvelle, puisque j'avais écrit à Tonton Louis pour lui demander d'aller vous annoncer cette nouvelle, qui a du vous fendre le coeur à tous. J'ai trouvé qu'il valait mieux ainsi que de vous écrire directement, vous auriez ainsi du moins quelqu'un pour partager votre douleur, et la douleur partagée en commun se supporte plus facilement. Mon pauvre frère a été tué dimanche 3 octobre. La veille, j'avais eu de ses nouvelles par un camarade qui lui avait parlé et il était toujours solide et confiant.
Dimanche au soir, on est venu m'avertir qu'il avait été blessé grièvement. Je suis parti aussitôt pour aller le voir, mais en route on m'a appris qu'il avait été tué sur le coup. C'est Marc Gorrec, de Coat Crenn, qui se trouvait à ses cotés, qui m'a donné les détails de sa mort. Un autre camarade et lui s'étaient creusés un gourbi pour pouvoir se mettre à l'abri et se reposer un peu, et il y avait à peine une demi-heure qu'ils s'y étaient étendus qu'un obus est tombé en plein sur l'abri et les a ensevelis. Marc et les autres camarades qui se trouvaient à coté se sont empressés de les dégager, mais, dix minutes plus tard, quand ils ont réussi à les dégager, il était trop tard, ils étaient mort asphyxiés. Yves était couché sur le coté, les bras croisés sur sa poitrine, les yeux fermés, sans aucune blessure et nullement défiguré. Ils avaient été surpris dans leur sommeil et avaient été étouffés sur le coup. Il est du moins mort sans souffrir et n'aura pas eu le sort de beaucoup d'autres qui, blessés, ont du rester trois ou quatre jours sur le champ de bataille et mourir ensuite. Quand je suis arrivé là-bas, il était déjà enterré dans une tombe, tout seul, et non comme beaucoup d'autres qui sont enterrés dans le même trou. J'ai fait faire une croix sur laquelle j'ai fait inscrire son nom, sa compagnie, son régiment et la date de sa mort, d'un côté, en peinture et, de l'autre côté, son nom gravé avec une pointe rougie au feu. Il est enterré dans un petit ravin, à deux kilomètres environ au nord de Perthes, à droite de la route qui va de Perthes à Tahure. Prenez bien note de ces renseignements: vous pourrez ainsi le retrouver si je ne revenais pas moi-même et faire transporter son corps pour qu'il repose au milieu de la famille. Faites dire un grand service pour lui sans attendre que l'acte de décès vous arrive, car cela pourrait mettre du temps, surtout maintenant qu'il y en aura tant à établir. Ce n'est pas qu'il ait besoin de prières, car il est tombé un jour de victoire en faisant son devoir et il repose dans une terre reconquise aux Allemands par son régiment, et ou ils ne mettront plus jamais les pieds, et l'aumônier nous a répété bien des fois qu'il n'y a aucun doute à avoir sur le salut de ceux qui tombent en faisant leur devoir.
A qui donc serait' il, le paradis, sinon à ceux là? Mais, et c'est surtout ce que je tiens à dire à mes frères et à mes soeurs, nous ne pourront jamais assez faire pour honorer la mémoire de celui qui nous a gagné du pain et qui était si bon pour nous. Je voudrais que des maintenant vous fassiez faire une belle tombe ou du moins une belle croix en sa mémoire parmi la famille ou on pourra le mettre un jour. J'ai reçu hier une carte de Tonton Jean qui me donnait sa nouvelle adresse. Je lui ai écrit aussitôt pour lui annoncer à lui aussi la triste nouvelle. Il trouvera cela bien dur aussi, car, comme moi, il est là-bas tout seul sans personne pour partager sa peine. Vous aussi vous aurez ce coup-là bien dur et rien ne pourra jamais vous consoler de la perte que nous venons de faire. Il nous reste cependant à tous une consolation, c'est de penser qu'il pourra un jour, quand cette terrible guerre sera finie, dormir son dernier sommeil au pays natal et que sur sa tombe nous pourrons aller lui dire que nous ne l'oublierons jamais. C'est la volonté de Dieu qui l'a rappelé à lui. Du haut du ciel, il prie maintenant pour ceux qui était sur la terre l'objet de ses préoccupations et pour ses camarades qui combattent toujours, car se sont les vivants qui ont besoin de prières. Priez pour nous tous et pour que cette terrible guerre finisse un jour.
Votre fils dévoué qui vous embrasse pour lui et son frère
Jean Marie
Jean Marie LE GUEN décédera des suites de ses blessures au Feld Lazaret de Fieulaine dans l'Aisne le 12 septembre 1918. Il était soldat au 123e régiment d'infanterie.
Marc GORREC, qui se trouvait au coté de Yves LE GUEN, trouvera la mort quelques jours après, le 7 octobre 1915 dans les combats pour la prise de Tahure.
HENRI BOISSELEAU
Henri Constant Auguste BOISSELEAU est né le 19 novembre 1889 à Ardelay en Vendée.
A 20 ans, il effectue son service militaire au 137e régiment d'infanterie à Fontenay le Comte. Libéré de ses obligations militaires, il rentre à Ardelay ou il exerce la profession de charpentier. Il se marie le 29 septembre 1913 avec Marie Papin.
Rappelé sous les drapeaux par la mobilisation générale du 2 aout 1914, Henri Boisseleau est affecté à la 11e compagnie du 19e régiment d'infanterie et part au front.
Le 18 avril 1915 nait son premier enfant, une petite fille prénommée Simone.
Henri Boisseleau est blessé une première fois à l'été 1915 dans le secteur d'Ovillers La Boisselle et évacué à l'hôpital Joubert d'Ancenis. De retour sur le front, il est mortellement blessé le 8 octobre 1915 à Tahure. Un éclat d'obus lui déchiquète la jambe. Il est conduit dans un hôpital à La Croix en Champagne ou il a "la chance" d'y retrouver son propre frère. Ce dernier lui donne son sang mais les erreurs de compatibilité et la rusticité de la technique de transfusion sanguine ne permet pas de le sauver. Henri Boisseleau meurt des suites de ses blessures ce même jour. Son frère, présent à son chevet, recueille son dernier souffle. Il sera inhumé à La Croix en Champagne.
Le 26 avril 1916 nait sa seconde fille, Marie, qui ne connaitra jamais son père. Inconsolable, son épouse mourra de la grippe espagnole quelques mois plus tard laissant les petites Simone et Marie orphelines.
En 1922, le cimetière de La Croix en Champagne est désaffecté et les corps des soldats transféré dans la nécropole nationale de Saint Jean sur Tourbe ou Henri Boisseleau repose encore de nos jours.
Henri Boisseleau sera décoré de la médaille du combattant et de la croix de guerre.
Henri Boisseleau lors de son service militaire au 137e RI de Fontenay le Comte.
Merci à son arrière petit fils Sébastien Boudaud pour ses informations et photos.
Jean François BATAILLE et François MORVAN
Le journal "Le phare de la Loire" a publié des photos de soldats accompagnées des citations reçues. 702 portraits seront ainsi publiés entre mai 1916 et février 1917, parmi lesquels deux hommes du 19e régiment d'infanterie : Jean François Bataille et François Morvan.
Jean François BATAILLE sera promu sergent.
Il sera tué le 29 mars 1917 à Margival dans l'Aisne.
Apparemment, François MORVAN a survécu à la guerre.
Toute information complémentaire sur ce soldat est la bienvenue.
L'intégralité de ces 702 portraits est visible sur le site des archives municipales de Nantes. C'est ici => http://www.archives.nantes.fr/PAGES/DOSSIERS_DOCS/portraits_soldats_1418_presse/intro_soldats_presse.htm
VITAL ALEXANDRE MARIUS DELANGLE
Vue aérienne d'Hurtebise : Géoportail
Vital Alexandre Marius DELANGLE est né le 6 octobre 1883 à Charlieu dans le département de la Loire. Marié et père de 3 enfants, il est secrétaire de mairie.
Le 3 août 1914, il est mobilisé au 298e RI de Roanne. Affecté au 98e RI le 20 août 1914, il part au front. Vital Alexandre Marius Delangle est blessé le 7 octobre 1914 aux bois des Loges. Après sa période de convalescence, il est affecté au 16e RI le 11 novembre 1916 puis est versé au 19e RI en 1917 ou il est sergent major à la 7e compagnie commandée par le capitaine Nicolas.
Le 5 mai 1917, le 19e régiment d'infanterie attaque sur Hurtebise au Chemin des Dames. Le 2e bataillon a pour mission de s'emparer de l'éperon du monument et de la grotte du dragon. Les combats sont terribles. La 7e compagnie est anéantie et n'a plus un seul officier. Le 6 mai, l'offensive reprend. Le bataillon Croll du R.I.C.M rejoint le 2e bataillon du 19e RI dans son secteur et part à son tour à l'assaut de l'éperon du monument.
Le 7 mai, Vital Alexandre Marius Delangle est tué au combat dans ce secteur d'Hurtebise, victime, parmi tant d'autres, de ces journées meurtrières des 5, 6 et 7 mai 1917 ou les soldats du 19e RI, affamés et assoiffés car toute communication avec l'arrière est impossible, ont vécu des heures effroyables sous le déluge de mitraille et d'obus.
Merci à Jean Marc Moltchanoff (http://www.lescahiersdhistoire.net/45eri/index.php?lng=fr) pour ses informations sur Vital Alexandre Marius Delangle.
FRANCOIS FICHOU
François FICHOU est né en 1880 à Plouha dans les Côtes d'Armor. Il n'est âgé que de huit ans lorsque son père disparait en mer. Ensuite, la famille Fichou part sur l'île de Jersey ou François est gardien de vaches. Dispensé de service militaire comme aîné de veuve, il part vivre au Canada.
En août 1914, il est mobilisé au 47e régiment d'infanterie de Saint Malo puis passe au 19e régiment d'infanterie le 30 avril 1916 qu'il rejoint dans la région de Fère en Tardenois.
Le 28 juillet 1916 à Berry au Bac, le 19e RI subit un énorme bombardement de ses lignes en représailles des coups de main qu'il a réalisé au cours de la journée. Ce même jour, pendant que François Fichou est sous la pluie de bombes à la Côte 108 à Berry au Bac, a lieu son mariage à Plouézec. Bénéficiant de la loi du 4 avril 1915 (1), il épouse par procuration Marie Joseph Le Hégarat.
Fin octobre 1916, le 19e RI repart à Verdun dans le secteur du fort de Vaux. C'est la que François Fichou est grièvement blessé à son poste de combat, touché par des éclats d'obus au coude et à l'épaule droite. Évacué le 14 novembre 1916, il est amputé du bras droit. Il obtient la médaille militaire en 1917 avec la citation suivante :
"Très bon soldat, brave et énergique. S'est toujours fait remarquer par son entrain et sa crânerie."
Réformé définitif, il s'installe à Kerity près de Paimpol pendant quelques années avant de rejoindre la région parisienne ou il exerce le métier de garde-voie à la SNCF.
François Fichou décède le 28 mars 1940 à Mantes la jolie.
Merci à son arrière petit fils Yann Guillerm pour ses informations
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(1) Extrait de l'article 1 de la loi du 4 avril 1915 :
En temps de guerre, pour causes graves et sur autorisation du ministre de la justice et du ministre de la guerre ou du ministre de la marine, il peut être procédé à la célébration du mariage des militaires et des marins sans que le futur époux, s’il est présent sous les drapeaux, soit obligé de comparaître en personne et à la condition qu’il soit représenté par un fondé de procuration spéciale.
PIERRE MARCEL BILLOT

Pierre Marcel BILLOT soldat au 19e RI
Le 2 novembre 1918, le 2e bataillon du 19e régiment d'infanterie doit relever le 2e bataillon du 124e régiment d'infanterie à Semuy dans les Ardennes. Il part de l'église de Voncq ou les agents de liaisons du 124e RI est venu le chercher.
De nuit, sous la pluie et dans le brouillard, les agents de liaison du 124e RI ne trouvent plus leur chemin et le 2e bataillon du 19e RI s'égare dans le bois de Voncq. Soudain, un terrible bombardement ennemi se déclenche sur ce bois.
Pierre Marcel BILLOT tombe sous ce déluge de feu à l'âge de 22 ans.
Né à Rioms dans le département de la Gironde le 13 août 1896, son corps sera rapatrié après guerre.
Pierre Marcel BILLOT repose désormais à Bordeaux.
Grand merci à Serge Michel Dumartin et Bernard Labarbe pour leurs photos et informations.
LE SOUS LIEUTENANT TUDY PRIGENT
Né le 30 mars 1893 à Rosporden, Tudy PRIGENT est à l'école normale d'instituteurs à la déclaration de la guerre. Il est mobilisé le 11 aout 1914 et incorpore le 19e régiment d'infanterie de Brest ou il suit les cours d'élèves caporaux. Nommé caporal le 11 novembre 1914, il devient instructeur des soldats réservistes rappelés à l'armée par ordre de mobilisation générale.
Tudy Prigent quitte Brest dans un groupe de renfort destiné au 19e RI qu'il rejoint le 21 mai 1915 dans la Somme. Le secteur alors occupé par la 44e brigade (19e et 118e RI) s'étend de La Boisselle à Fricourt.
Fin juillet 1915, les régiments bretons sont remplacés par l'armée britannique. Après quelques jours de repos, le 19e régiment d'infanterie est acheminé en train en Champagne ou il prend, à la fin aout 1915, la garde d'un secteur se situant entre Perthes les Hurlus et Mesnil les Hurlus. Il doit participer à la grande offensive prévue le 25 septembre 1915. Tout le début de ce mois de septembre est occupé à la garde du secteur et à la construction de tranchées, boyaux et parallèles de départ en vue de cette offensive.
Le 25 septembre 1915, jour de l'attaque, l'objectif du 19e RI est la butte de Tahure. Dans les jours qui ont suivi cette offensive, le 19e RI a pour mission de consolider les positions conquises et de rectifier par endroits la nouvelle ligne de front.
Tudy Prigent sera blessé par éclat d'obus à la tête le 7 octobre et évacué le 8 octobre 1915. Après un mois de traitement, il rejoint le dépôt du 19e RI à Brest le 7 novembre. C'est à cette période qu'il est envoyé à l'école militaire de Saint Maixent ou il suit la formation d'élève officier. Il est nommé sergent le 1er avril 1916 puis aspirant le 25 avril 1916. A sa sortie de Saint Maixent, Tudy Prigent rejoint le 19e régiment d'infanterie dans la région de Fère en Tardenois. Le régiment passe l'été 1916 dans le secteur de Sapigneul, Berry au Bac et sa célèbre cote 108 ou sévit une intense guerre de mine.
C'est à cette époque que Tudy Prigent reçoit sa première citation. Le 28 juin 1916, suite à un coup de main exécuté par un détachement du 19e RI sur un saillant ennemi, l'artillerie allemande déclenche un violent bombardement sur les positions occupés par le régiment.
Citation à l'ordre du régiment n° 37690, de la brigade n° 36 du 4 juillet 1916
Très bon chef de section. Par son attitude énergique et courageuse, digne de tous les éloges, a su prendre un ascendant moral très élevé sur ses hommes et maintenu intacte la volonté de ses hommes pendant le tir de barrage allemand. Coup de main du 28 juin 1916.
Fin octobre 1916, le 19e RI repart à Verdun ou il avait déjà été en avril 1916. Il participe à la reprise du fort de Vaux début novembre. C'est à la suite de ces combats que Tudy Prigent obtient sa deuxième citation.
Citation à l'ordre de la brigade n°74 du 3 décembre 1916
Très bon chef de section d'un courage et d'une bravoure à toute épreuve. Sous les bombardements violents et continus subis a, par son attitude maintenu intact la volonté de ses hommes.
Le 19e régiment d'infanterie restera à Verdun jusqu'en janvier 1917. Après une période de repos à Crécy en Brie dans la région parisienne le régiment monte au Chemin des Dames fin mars 1917. Après les terribles combats d'Hurtebise, Tudy Prigent est promu sous lieutenant le 20 mai 1917.
Le 19e RI passera le reste de l'année 1917 et le début de 1918 dans différents secteurs du Chemin des Dames. Fin mars 1918, le régiment est enlevé d'urgence en camions et débarqué, après vingt quatre heure de route, au sud de Nesle dans la Somme. Immédiatement jeté dans la bataille qui fait rage, le 19e RI doit arrêter à tout prix l'avance victorieuse de l'ennemi. Il engage une lutte opiniâtre avec les allemands "combattant sans trêve ni repos, de jour et de nuit". Le régiment attaque le 25 mars et enlève Nesle et le château d'Herly, arrête l'ennemi à Roye le 26, le 27 à Dancourt-Popincourt et à la ferme Forestil.
De retour au Chemin des Dames, le 19e RI se voit confier la garde d'un secteur situé au dessus de Braye en Laonnois. Le front gardé par le régiment a plus de cinq kilomètres de long...Le 27 mai 1918, l'ennemi lance une offensive de grande ampleur sur le Chemin des Dames. Après avoir subi un gigantesque bombardement qui a duré plusieurs heures, les survivants seront submergés par les vagues d'assaut allemandes.
C'est au cours de cette tragique journée que Tudy Prigent sera fait prisonnier ainsi que beaucoup de ses camarades d'infortune. Interné dans un premier temps dans l'offizier gefangenenlager de Rastad-Baden, il sera transféré au camp d'Osnabrück. Tudy Prigent ne sera pas le seul officier fait prisonnier ce 27 mai 1918. A Osnabrück il retrouvera vingt de ses camarades officiers du 19e régiment d'infanterie:
Les sous lieutenants Henri Bloch, Henri Colin, André Moysan, Félix Poirié, André Saillard, Emile Veber et Paul Vidieu.
Les lieutenants Jean Braudeau, Henri Calvez, André Davannes, Pierre Eloy, Louis Gaillard, René Gueudet, Georges Guilloux et Jean Sautjeau.
Les capitaines Emile Cloastre, Jules Courtes, Henri Cros et Alexis Dupouy.
Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé. La guerre est finie !
Tudy Prigent sera rapatrié d'Allemagne le 24 décembre 1918. Après un mois de repos, il retourne au dépôt du 19e RI le 27 janvier 1919, sera nommé Lieutenant le 29 mai et démobilisé le 6 septembre 1919.
La carrière militaire de Tudy Prigent ne s'arrêtera pas là. Il sera de nouveau mobilisé en 1939 au 248e régiment d'infanterie et repartira au combat jusqu'au 25 juin 1940.
Titulaire de la croix de guerre avec deux étoiles de bronze, Tudy Prigent sera fait chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 27 décembre 1934. J.O. du 30.
Je remercie son arrière petit neveu Loïg Le Lay pour ses informations et photos sur Tudy Prigent. Les documents transmis m'aident beaucoup dans mes recherches sur le 19e RI. Grand merci !















