21 septembre 2010

UNE JOURNEE PARMI TANT D'AUTRES

Afin de mieux connaître le quotidien des soldats du 19e RI lorsqu'ils étaient en première ligne devant La Boisselle, voici un rapport du colonel Marc Albert.

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19ème régiment d'infanterie                             18 février 1915

Compte rendu des évènements et des travaux effectués pour la journée du 17 et la nuit du 17 au 18 février 1915.

 

Bombardement assez intense du secteur surtout par du 77 fusant.
Depuis deux jours, l'intensité du feu de l'artillerie allemande a beaucoup augmenté. Tout travail de jour est impossible étant donné que toute levée de terre attire aussitôt le tir de l'artillerie ennemie et le travail de nuit est retardé.
Les tranchées de première ligne ont été bouleversées en plusieurs points notamment dans les tranchées C, F et la tranchée du cimetière. En F une section de mitrailleuses à même été bouleversée sans perte d'hommes ni dégât matériel.
Pertes du régiment: 2 tués (1) et 6 blessés.

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Travaux effectués

Construction de traverses dans la tranchée C que l'on a commencé a couvrir de rondins et de claies pour protéger contre le tir d'enfilade venant du bois en V.
Construction de 10 mètres de boyau conduisant de la tranchée G à l'îlot.
Mise en place de 10 créneaux dans la tranchée Sud de l'entonnoir ainsi que dans les tranchées C et F.
Pose de réseaux de fil de fer brun devant les tranchées E, F et G.
Réfection des tranchées A et B dans les parties démolies par les obus et les bombes et éboulées par la pluie.
Nettoyage des boyaux 23 et 25 sur une longueur de 150 mètres.

Le colonel commandant le 19e RI
Marc Albert

 

Tranch_es_devant_La_Boisselle___F_vrier_1915

Plan des tranchées dans le secteur de La Boisselle à la date du 18 février 1915
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(1) Après quelques recherches sur le site "Mémoire des Hommes" j'ai retrouvé deux soldats du 19e RI tués le 17 février 1915:
Jean Guillaume Gourvez et Pierre Jestin.

 

 

 

 


01 septembre 2010

FEVRIER 1915 - LE 11e CORPS D'ARMEE S'ORGANISE

Avec la stabilisation du front, le 11e Corps d'Armée, dont fait partie le 19e régiment d'infanterie, organise le fonctionnement du service dans sa zone d'action. En février 1915, celle-ci s'étend de Auchonvillers à Bécourt.

Zone_d_action_du_11e_CA__Somme_1915

Cette zone est partagée en deux secteurs. Au nord, le secteur d'Aveluy est attribué à la 43e brigade commandée par le colonel Mac Mahon. Au sud, le secteur du Vivier est donné à la 44e brigade commandée par le général De Lavillèon. Ces secteurs sont partagés en tranches correspondant au front occupé par un régiment. Le secteur du Vivier est découpé en deux tranches: La tranche de La Boisselle et la tranche de Fricourt. En février 1915, le 19e et le 118e régiment d'infanterie alternent dans la tranche de La Boisselle. La tranche de Fricourt est tenue par les cavaliers et des éléments des 293e et 337e régiment d'infanterie.
Le régiment en première ligne est relevé, en principe, au bout de 6 jours, par le régiment de réserve. Ces relèves s'effectuent de nuit.

Lorsqu'il est en première ligne, le régiment place ses compagnies dans les tranchées ou en soutien.
Les hommes des compagnies affectées aux tranchées sont repartis ainsi:

  • Un quart de l'effectif est de garde dans la tranchée
  • Un quart de l'effectif est de piquet (prêt à marcher en cas d'alerte)
  • Un quart de l'effectif est de repos
  • Un quart de l'effectif est au travail (perfectionnement et entretien des tranchées et boyaux de première ligne)
Les compagnies mises en soutien ont:
  • Un tiers de l'effectif de piquet
  • Un tiers de l'effectif au travail
  • Un tiers de l'effectif au repos
Lorsqu'il est de réserve, le régiment se voit accorder deux jours de repos pendant lesquels seront effectués les soins de propreté corporelle ainsi que l'entretien et la réparation des effets d'habillement. Au bout de ces deux jours, le régiment est divisé en deux, une partie des hommes est affectée aux travaux et entretien des tranchées et boyaux de deuxième ligne, l'autre est de piquet et, outre des marches et manœuvres d'entrainement, elle reçoit une formation théorique sur la discipline et l'instruction militaire.

04 août 2010

CITATIONS A L'ORDRE DE L'ARMEE

Suite aux événements du 7 février 1915 de nombreuses citations furent décernées aux soldats et officiers du 19ème régiment d'infanterie. En voici quelques unes:

Chef de bataillon VIOTTE
A fait preuve en toutes circonstances des plus belles qualités militaires, notamment le 7 février, en dirigeant une contre-attaque sur des excavations de mine occupées par les allemands et en lui imprimant une telle énergie qu'une seule compagnie de son bataillon réussissait à repousser l'ennemi en lui tuant 120 à 130 hommes.

La 8ème compagnie du 19e RÉGIMENT D'INFANTERIE
Chargée d'une attaque sur les entonnoirs de mines allemandes, s'est porté résolument en avant et après un feu rapide, abordant l'ennemi à la baïonnette, a obligé celui-ci à abandonner sa position, en laissant sur le terrain environ 200 morts.

Capitaine MAILHOL
Ayant reçu l'ordre de se tenir prêt à soutenir avec sa compagnie le mouvement de la 8ème, sur les excavations de mines allemandes, s'est porté personnellement auprès du commandant de la compagnie d'attaque, qu'il a accompagné pendant toute l'opération pour se renseigner sur ses besoins en renforts et pouvoir les satisfaire au plus vite. A été légèrement blessé à la tête par un éclat d'obus.

Sous-lieutenant GOASDOUE
Le 7 février, chargé de mener une attaque sur des entonnoirs de mines occupés par les allemands, a entraîné sa compagnie avec un brio remarquable, et, malgré les pertes éprouvées dans la nuit précédente par l'explosion des mines, a su la maintenir pendant deux heures sous un feu violent d'infanterie donnant à tous le meilleur exemple de courage.

Sous-lieutenant QUEMAR
Tombé glorieusement à la tête de sa section, le 7 février, au moment ou il occupait une position qu'il venait d'enlever à la baïonnette.

Adjudant CAUDAL
Dans la nuit du 6 au 7 février, était chef d'un poste avancé. Après l'explosion de trois fourneaux de mine allemands ensevelissant la moitié des hommes de sa section, n'a pas hésité à se porter en avant, avec les survivants, pour garnir la crête de l'un des entonnoirs et s'opposer à la marche en avant de l'ennemi. A résisté sur cette position avec la dernière énergie.

Adjudant SEVERE
Après l'explosion de mines allemandes dans un ilot dans la nuit du 6 au 7 février, s'est porté seul en avant par des boyaux à peu près impraticables afin de recueillir des renseignements précis sur la situation de notre tranchée avancée.

Caporal GUIZOUARN
Le 7 février a fait preuve d'une grande bravoure en se précipitant à la tête de son escouade dans l'entonnoir creusé en avant de la tranchée de première ligne par l'explosion d'une mine allemande, a été grièvement blessé.

Soldat BELLEC
Enseveli sous les décombres d'une explosion de mine dans la nuit du 6 au 7 février et dégagé par deux soldats allemands, a réussi à leur échapper et à rentrer dans nos lignes.

Soldats RAYMOND et LE GOFF
Ont, au mépris du plus grand danger, rapporté le corps de leur officier tué au cours d'un assaut à la baïonnette le 7 février. (ndlr: Il doit très certainement s'agir du Sous-lieutenant Quémar)

04 juillet 2010

A LA CONQUETE D'UNE TRANCHEE

Trouvé dans le journal "La croix des Côtes du Nord", cet article reproduit le courrier d'un sergent du 19e régiment d'infanterie à ses parents. Cette lettre relate les événements du 8 février 1915 que j'évoque dans l'article du 27 février 2010 "La guerre des mines".

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A LA CONQUÊTE D'UNE TRANCHÉE
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Millencourt, le 13 février 1915

      Chers parents

J'étais arrêté dans ma dernière lettre du 6 février. La journée avait été calme et le temps relativement beau. Nous étions en première ligne depuis la veille au soir et nos tranchées étaient à 40 mètres des allemands. Comme d'habitude, quelques coups de feu avaient été échangés dans la journée.
Depuis près de trois semaines, le génie français préparait des puits de mines pour enlever une tranchée allemande en avant de nous. De leur coté, les allemands faisaient la même chose. Le dimanche, nous devions opérer.
Or, le samedi soir, à onze heures une détonation formidable retentit. C'était les allemands qui venait de faire exploser notre tranchée occupée par la 8e compagnie. Panique générale. La section de la 8e qui tenait la tranchée saute en l'air et le reste revient en arrière pendant que les allemands prennent notre place. Des coups de feu sont échangés sur toute la ligne. Notre artillerie donne pendant quelques minutes, puis le silence se rétablit. La 8e compagnie est obligée de se replier un peu en arrière.
Le lendemain matin, on se rendit compte de la situation. Les soldats du génie qui creusaient un puit de mine aidés par vingt soldats du bataillon étaient ensevelis sous les décombres. Quand à ceux qui avaient sautés, ils étaient indemnes. L'explosion avait soulevé trois tas de terre d'environ six mètres de haut et de huit à dix mètres de large. C'est à ne pas y croire que de voir un amas semblable produit par la mélinite. C'est effrayant.
Le dimanche matin arrive. Temps superbe, soleil radieux. Excellent déjeuner servi sur une table improvisée composée d'une planche reposant sur deux seaux. Nous finissons à peine de dîner que le capitaine nous avertit que nous allons attaquer dans quelques heures. C'est plutôt mauvais comme dispositif. Le général de division avait donné ordre à la compagnie qui avait perdu la tranchée de la reprendre coûte que coûte. Ma compagnie devait marcher comme renfort si la 8e échouait. Alors tous nous nous préparons, nous mettons de coté les papiers personnels important que nous laissons dans notre sac en cas de retour. Ce n'est pas gai. Nous étions tous là, baïonnette au canon, attendant l'heure de l'assaut.
A quatre heures, notre artillerie, pendant quelques minutes, fait donner toutes ses batteries de 75, 105 et 120 sur La Boisselle. C'est un vacarme effroyable. Au bout d'un quart d'heure, une section de la 8e compagnie part sans faire de bruit, dans le boyau conduisant au bas de la butte de terre soulevée par la mine et derrière laquelle s'établissent les allemands. Arrivés au pied de la levée de décombres, la section pousse un cri: En avant ! A la baïonnette ! et gravit le tas de terre. Une cinquantaine d'homme du génie allemand travaillent derrière la butte. Ils sont tous passés par les armes, et la section, revenant en arrière, s'établit un abri sous le feu. Aidée par les trois autres sections, elle établit une sorte de tranchée.
Pendant cet assaut, ma compagnie avait gardé sa position et attendait pour intervenir. Point ne fut besoin. Nous essuyâmes simplement le feu de l'artillerie allemande. Plusieurs marmites nous envoyèrent de la terre sur nos képis. Trois de mes hommes furent blessés par balles en levant leur tête au-dessus de la tranchée.
Le soir, à huit heures, ma compagnie remplace la 8e sur l'emplacement pris d'assaut. C'est ma section qui prend la position. Toute la nuit, nous nous y sommes fortifiés et, craignant une contre-attaque, nous étions sur nos gardes. Mais ces messieurs n'osèrent pas s'y frotter.
J'avais auprès de moi un soldat mort à l'attaque et le mardi à cinq heures du matin, je prends deux hommes avec une pelle et une pioche, puis ,nous creusons une fosse. Je fais fouiller le mort: c'est un nommé R......... de H...... Quand la fosse est faite, nous le mettons dedans, puis je réunis six hommes et, à genoux, tête découverte, je récite le "de profundis" que mes hommes répondent. Je vous assure que c'était un spectacle bien impressionnant de nature à toucher même les plus indifférents. Nous recouvrons de terre noire l'infortuné camarade, puis je plante une croix faite par moi sur le sommet de sa tombe. J'y avais mis cette inscription:
Ici repose H.............. R............. du 19e d'infanterie, mort au champ d'honneur. Prions pour lui.
Dans la matinée, j'ai enterré deux autres soldats tués la veille et à chacun, nous fîmes le même cérémonial.
Que de réflexions salutaires donnent de tels spectacles !
Nous avons occupé cette position toute la journée et nous nous sommes fortifiés sérieusement. Le lendemain, nous sommes partis en deuxième ligne et avons pu nous reposer un peu la nuit.
Le mardi soir, nous étions relevés et nous sommes à Millencourt pour six jours. Quelle réjouissance de pouvoir se refaire un peu !

 

R. P.......... Sergent au 19e d'infanterie

 

 

 

14 juin 2010

ARTISANAT DE TRANCHEE 2

Souvenir_de_Guerre

Monsieur Jolivet, que je remercie, m'a fait parvenir cette photo d'un bénitier ramené par son grand père Jean Marie JOLIVET, soldat à la 7e compagnie du 19e régiment d'infanterie, tué à Verdun le 3 avril 1916.
Façonné dans un morceau d'aluminium de fusée allemande fondu, il porte les inscriptions suivantes:
Sur la croix: Jésus, Marie et verticalement Joseph.
Sur le bénitier: Souvenir de guerre 1914 - 1915.

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08 mai 2010

LE SOUS LIEUTENANT TUDY PRIGENT

Tudy_Prigent_1914Né le 30 mars 1893 à Rosporden, Tudy PRIGENT est à l'école normale d'instituteurs à la déclaration de la guerre. Il est mobilisé le 11 aout 1914 et incorpore le 19e régiment d'infanterie de Brest ou il suit les cours d'élèves caporaux. Nommé caporal le 11 novembre 1914, il devient instructeur des soldats réservistes rappelés à l'armée par ordre de mobilisation générale.
Tudy Prigent quitte Brest dans un groupe de renfort destiné au 19e RI qu'il rejoint le 21 mai 1915 dans la Somme. Le secteur alors occupé par la 44e brigade (19e et 118e RI) s'étend de La Boisselle à Fricourt.
Fin juillet 1915, les régiments bretons sont remplacés par l'armée britannique. Après quelques jours de repos, le 19e régiment d'infanterie est acheminé en train en Champagne ou il prend, à la fin aout 1915, la garde d'un secteur se situant entre Perthes les Hurlus et Mesnil les Hurlus. Il doit participer à la grande offensive prévue le 25 septembre 1915. Tout le début de ce mois de septembre est occupé à la garde du secteur et à la construction de tranchées, boyaux et parallèles de départ en vue de cette offensive.
Le 25 septembre 1915, jour de l'attaque, l'objectif du 19e RI est la butte de Tahure. Dans les jours qui ont suivi cette offensive, le 19e RI a pour mission de consolider les positions conquises et de rectifier par endroits la nouvelle ligne de front.
Tudy Prigent sera blessé par éclat d'obus à la tête le 7 octobre et évacué le 8 octobre 1915. Après un mois de traitement, il rejoint le dépôt du 19e RI à Brest le 7 novembre. C'est à cette période qu'il est envoyé à l'école militaire de Saint Maixent ou il suit la formation d'élève officier. Il est nommé sergent le 1er avril 1916 puis aspirant le 25 avril 1916. A sa sortie de Saint Maixent, Tudy Prigent rejoint le 19e régiment d'infanterie dans la région de Fère en Tardenois. Le régiment passe l'été 1916 dans le secteur de Sapigneul, Berry au Bac et sa célèbre cote 108 ou sévit une intense guerre de mine.
Tudy_Prigent_tranch_eC'est à cette époque que Tudy Prigent reçoit sa première citation. Le 28 juin 1916, suite à un coup de main exécuté par un détachement du 19e RI sur un saillant ennemi, l'artillerie allemande déclenche un violent bombardement sur les positions occupés par le régiment.

Citation à l'ordre du régiment n° 37690, de la brigade n° 36 du 4 juillet 1916
Très bon chef de section. Par son attitude énergique et courageuse, digne de tous les éloges, a su prendre un ascendant moral très élevé sur ses hommes et maintenu intacte la volonté de ses hommes pendant le tir de barrage allemand. Coup de main du 28 juin 1916.

Fin octobre 1916, le 19e RI repart à Verdun ou il avait déjà été en avril 1916. Il participe à la reprise du fort de Vaux début novembre. C'est à la suite de ces combats que Tudy Prigent obtient sa deuxième citation.

Citation à l'ordre de la brigade n°74 du 3 décembre 1916
Très bon chef de section d'un courage et d'une bravoure à toute épreuve. Sous les bombardements violents et continus subis a, par son attitude maintenu intact la volonté de ses hommes.

Le 19e régiment d'infanterie restera à Verdun jusqu'en janvier 1917. Après une période de repos à Crécy en Brie dans la région parisienne le régiment monte au Chemin des Dames fin mars 1917. Après les terribles combats d'Hurtebise, Tudy Prigent est promu sous lieutenant le 20 mai 1917.
Le 19e RI passera le reste de l'année 1917 et le début de 1918 dans différents secteurs du Chemin des Dames. Fin mars 1918, le régiment est enlevé d'urgence en camions et débarqué, après vingt quatre heure de route, au sud de Nesle dans la Somme. Immédiatement jeté dans la bataille qui fait rage, le 19e RI doit arrêter à tout prix l'avance victorieuse de l'ennemi. Il engage une lutte opiniâtre avec les allemands "combattant sans trêve ni repos, de jour et de nuit". Le régiment attaque le 25 mars et enlève Nesle et le château d'Herly, arrête l'ennemi à Roye le 26, le 27 à Dancourt-Popincourt et à la ferme Forestil.
De retour au Chemin des Dames, le 19e RI se voit confier la garde d'un secteur situé au dessus de Braye en Laonnois. Le front gardé par le régiment a plus de cinq kilomètres de long...Le 27 mai 1918, l'ennemi lance une offensive de grande ampleur sur le Chemin des Dames. Après avoir subi un gigantesque bombardement qui a duré plusieurs heures, les survivants seront submergés par les vagues d'assaut allemandes.
C'est au cours de cette tragique journée que Tudy Prigent sera fait prisonnier ainsi que beaucoup de ses camarades d'infortune. Interné dans un premier temps dans l'offizier gefangenenlager de Rastad-Baden, il sera transféré au camp d'Osnabrück. Tudy Prigent ne sera pas le seul officier fait prisonnier ce 27 mai 1918. A Osnabrück il retrouvera vingt de ses camarades officiers du 19e régiment d'infanterie:
Les sous lieutenants Henri Bloch, Henri Colin, André Moysan, Félix Poirié, André Saillard, Emile Veber et Paul Vidieu.
Les lieutenants Jean Braudeau, Henri Calvez, André Davannes, Pierre Eloy, Louis Gaillard, René Gueudet, Georges Guilloux et Jean Sautjeau.
Les capitaines Emile Cloastre, Jules Courtes, Henri Cros et Alexis Dupouy.

Osnabr_ck_1918
Le 11 novembre 1918, l'armistice est signé. La guerre est finie !
Tudy Prigent sera rapatrié d'Allemagne le 24 décembre 1918. Après un mois de repos, il retourne au dépôt du 19e RI le 27 janvier 1919, sera nommé Lieutenant le 29 mai et démobilisé le 6 septembre 1919.
La carrière militaire de Tudy Prigent ne s'arrêtera pas là. Il sera de nouveau mobilisé en 1939 au 248e régiment d'infanterie et repartira au combat jusqu'au 25 juin 1940.
Titulaire de la croix de guerre avec deux étoiles de bronze, Tudy Prigent sera fait chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 27 décembre 1934. J.O. du 30.

Je remercie son arrière petit neveu Loïg Le Lay pour ses informations et photos sur Tudy Prigent. Les documents transmis m'aident beaucoup dans mes recherches sur le 19e RI. Grand merci !

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29 avril 2010

ARTISANAT DE TRANCHEE

Entre deux attaques ou lors de périodes de repos, les soldats pratiquaient l'artisanat de tranchée. A partir de douilles d'obus qu'ils allaient récupérer entre les lignes, ils fabriquaient divers objets (Bagues, briquets, objets de piété, etc...).

Briquet_2


Un collectionneur d'artisanat de tranchée, que je remercie, m'a fait parvenir cette photo d'un briquet fabriqué sur le front. Portant les inscriptions "Berry au Bac - Aout 1916", il y a de fortes chances que ce briquet ai été réalisé par un poilu breton.

Briquet_1

18 avril 2010

Mathurin QUEFFELEC

Madame Bathany m'a fait parvenir la photo de son grand père
Mathurin QUEFFELEC
.

Mathurin_QUEFFELEC

Cette photo a été prise lors du service militaire de Mathurin QUEFFELEC qu'il a effectué au 19e régiment d'infanterie en 1903.
Rappelé sous les drapeaux lors de la mobilisation générale en 1914, il a fait toute la campagne 1914-1918 dans les rangs du 219e régiment d'infanterie.

Mathurin_QUEFFELEC_2

Je remercie Madame Bathany pour ces documents et Monsieur Le Chatreux pour son aide.

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27 février 2010

LA GUERRE DES MINES

Suite à la guerre de mouvement des premiers mois, les combats évoluent vers une guerre de position. Français et Allemands construisent des tranchées ou chacun se retranche et se fortifie.
C'est à ce moment qu'apparaît la guerre des mines.
Le principe est simple. Les sapeurs du génie français et allemands creusent des galeries souterraines jusque sous les tranchées ennemies.

Galerie_de_mine
Une galerie de mine

Ils placent une charge explosive dans le fourneau de mine et font exploser celle-ci. Ce qui provoque un cratère ou entonnoir plus ou moins important selon la charge explosive qui bouleverse la tranchée ennemie et enseveli les hommes qui s'y trouvent. A ce moment, les soldats se portent sur l'entonnoir pour l'occuper, ce qui occasionne de furieux combats.
Ces travaux de constructions de galerie étant quelque peu bruyant, l'ennemi savait alors qu'il se passait quelque chose sous leurs pieds. Il creusait alors une galerie sous celle qui était découverte pour y placer une contre-mine ou camouflet qui était destiné à détruire la galerie adverse. C'était alors une course de vitesse à celui qui ferait jouer sa mine en premier.
La guerre des mines a sévi sur le front d'Ovillers La Boisselle pendant tout le début 1915.

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Un épisode de la guerre des mines sur le front du 19e RI
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Dans le secteur de l'îlot, trois fourneaux de mines préparés par le génie devait être mis à feu dans la soirée du 7 février 1915 afin de détruire les fourneaux de mines allemands. En vue de ces exposions, la garnison de l'îlot avait été évacuée en deuxième ligne et il ne restait, pour garder le secteur, que quelques éléments de la 8e compagnie du 19e régiment d'infanterie.
Malheureusement, l'ennemi a été plus rapide. Dans la nuit du 6 au 7 février à 1 heure 45, ils font exploser leurs fourneaux de mines provoquant trois profondes excavations devant la tranchée E de l'îlot. Parmi les hommes du 19e RI qui gardaient la tranchée E, 33 sont mis hors de combat, tués, blessés ou ensevelis.
Immédiatement après l'explosion, les allemands passent à l'offensive. Des 2 heures, l'artillerie française exécute un tir de barrage et les différentes sections du 19e régiment d'infanterie, qui avaient été placés en deuxième ligne, se ruent dans les entonnoirs produit par les explosions afin d'empêcher l'assaillant de s'y installer. La fusillade est très nourrie, un des entonnoirs est pris de flanc par une mitrailleuse ennemie. Le sergent Salic, de la 10e compagnie, repousse deux attaques à la baïonnette et se maintient dans une excavation à moins de six mètres des allemands. Les brancardiers arrivent pour porter secours aux blessés et ensevelis. On creuse un parapet de tir sur un des bords de l'entonnoir ainsi qu'un boyau pour relier l'entonnoir à nos lignes.
De leur coté, les allemands commencent également quelques ébauches de tranchées sur les bords opposés de l'entonnoir. Ils tentent une nouvelle attaque à 6 heures du matin, sans plus de succès.
Le général de Lavilléon, commandant la 44e brigade, donne l'ordre d'occuper l'intégralité de l'entonnoir et d'en déloger les allemands qui tentent de s'y installer. Cette mission est confiée au commandant Viotte, chef du 2e bataillon du 19e RI. Après une préparation d'artillerie d'un quart d'heure, la 8e compagnie s'élance à l'assaut à 15 heures 15. Le succès est total. La compagnie occupe l'entonnoir et s'y organise défensivement.

Au cours de ces tragiques événements du 7 février 1915, beaucoup d'hommes du 19e RI seront mis hors de combat dont plusieurs tués parmi lesquels les lieutenants Frédéric Quémar et François Mangin, l'adjudant Jules Bécard, le sergent Emile Baptiste, les caporaux François Leroux et Jean Stéphan ainsi que les soldats Albert Ansquer, Louis Bonnizec, françois Brenterch, Eugène Chauvel, Hervé Guillerm, Guy Herry, Jean Pierre Hervé, Jean Yves Le Coz, Ignace Madec, Armand Martin, Ernest Meuric, Yves Moal, Victor Pluen, René Reigner, Albert Ropars, François Marie Seité, Isidore Stéphan, François Ludovic Tessier et Pierre Toudic.

Le 9 février 1915, le 19e régiment d'infanterie est relevé des premières lignes par le 118e régiment d'infanterie et part au repos dans les cantonnements de Hennencourt, Lavieville et Millencourt.

 

04 février 2010

LES TROIS FRERES QUILLIEN

La famille QUILLIEN a payé un lourd tribu à la guerre. En l'espace d'une année, elle a perdu trois de ses fils.
Deux étaient mobilisés au 19e régiment d'infanterie, le troisième au 219e régiment d'infanterie.

Quillien

Jean Pierre Quillien, soldat au 19e RI, a été tué lors de l'attaque de La Boisselle le 17 décembre 1914, à l'age de 31 ans.
Deux mois plus tard, Jean Jacques Quillien sergent au 19e RI, succombe à son tour le 20 février 1915 au même endroit, La Boisselle. Il avait 23 ans.
Jean Marie Quillien, agé de 29 ans est soldat au 219e RI. Il s'éteint le 19 septembre 1915 à l'hôpital de Saint Servan des suite d'une maladie contractée au front.

Je remercie Mr Le Chatreux de m'avoir communiqué cette photo.

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