18 juillet 2012

700 MARKS POUR UNE MITRAILLEUSE FRANCAISE

Le_Temps_31_01_1915Le Temps 31 janvier 1915

Un article paru dans le journal Le Temps du 31 janvier 1915 raconte que, pour fêter l'anniversaire de la fondation de l'empire germanique, l'empereur Guillaume II a demandé la prise de La Boisselle. Pour motiver ses troupes, il promet une récompense de 700 marks à qui rapporterait une mitrailleuse française.

- Que s'est réellement passé à La Boisselle ?

Le 18 janvier 1915, le 65e régiment d'infanterie occupe le secteur de La Boisselle, la 7e compagnie dans l'ilot, la 8e au cimetière et la 6e dans la tranchée aux arbres située un peu en arrière du cimetière. Le 2e bataillon du 65e est dans les tranchées de soutien et le reste du régiment en réserve à Albert.
Un peu après minuit, les allemands s'élancent sur l'ilot et le cimetière en silence, pas un coup de fusil ni de canon.
Pris par surprise et devant la violence de l'assaut ennemi, les 7e et 8e compagnies du 65e régiment d'infanterie se replient sur la tranchée aux arbres. L'artillerie est alertée et commence aussitôt un bombardement du village de La Boisselle.
Vers 0 heures 45, le dépôt de cheddite, destiné aux travaux de mine, qui se trouvait dans une cave de l'ilot explose.
Le général commandant le 11e Corps d'Armée ordonne de reprendre le terrain perdu. Le 19e régiment d'infanterie est alerté et se porte à Albert prêt à intervenir si besoin. Le 118e régiment d'infanterie est à Bouzincourt.
A 6 heures 55, la contre-attaque lancée par le 65e régiment d'infanterie est un succès, tous les emplacements occupés au début de la nuit précédente sont repris.

Dans sa correspondance, le commandant Viotte chef du 2e bataillon du 19e régiment d'infanterie note à la date du 18 janvier 1915 :

" Ce matin à quatre heures un ordre imprévu nous portait à la sortie Est d’Albert. Là, je m’y mettais en liaison avec le commandant du 65e et j’attendais près de lui jusqu’à 10 heures 45 un nouvel ordre, celui de rentrer à Millencourt. Dans la nuit le 65e avait relevé le 118e et le 19e et par un hasard extraordinaire les allemands avaient fait un coup de main sur la partie de La Boisselle que nous possédons. Coup de main heureux puisque des deux compagnies qui la tenaient, il ne restait plus qu’une soixantaine d’hommes, le reste, pincé.
Vous voyez la tête du haut commandement ; à vouloir s’avancer toujours et sans nécessité ont finit par perdre de vue les plus nécessaires principes de sureté. Il n’y avait aucun fil de fer en avant. Les boches ont écopé ferme naturellement dès que notre artillerie se fut mise de la partie. A 10 heures 45, au moment où je repartais tout était repris par le 65e qui sera évidement plus prudent cette nuit.
PS : On avait promis 700 marks aux allemands par mitrailleuse prise ! Ils se sont tapés. Rien. "

 


16 mai 2012

LUCIEN THOBIE

THOBY Lucien

Né le 14 septembre 1891 à Montoir de Bretagne et domicilié à Sainte Reine de Bretagne (44), Lucien Thobie fait son service militaire au 64e RI lorsque la guerre éclate. Fin septembre 1915 il est muté au 19e régiment d'infanterie, caporal à la 8e compagnie. Probablement blessé à Verdun en avril 1916, il décède des suites de ses blessures reçues au combat le 4 mai 1916 à l'hôpital complémentaire n° 11 à Orléans (45).
Orléans Carré Militaire

 

Lucien Thobie repose dans le carré militaire d'Orléans.
A noter, une erreur d'orthographe sur sa fiche "Mémoire des Hommes" et sur son registre matricule militaire (Thoby au lieu de Thobie).

Merci à Marc ( http://lessoldatsdeloireinferieure.hautetfort.com/ ) pour la photo

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09 mars 2012

PIERRE NAOUR

NAOUR Pierre

Gwendal, que je remercie, m'a fait parvenir cette carte postale de sa collection ou l'on voit trois sous officiers du 19e régiment d'infanterie. Cette photo a probablement été prise au cours du premier semestre 1915.
Cette carte a certainement été adressée à une relation commune de Pierre Naour (à droite sur la photo) et de l'auteur du texte au dos cette carte postale, Pierre Clere soldat au 118e régiment d'infanterie.
Voici le texte :
" Voici la photo de Pierre Naour. Il est sergent. C'est celui qui a une croix sous ses pieds.
Il m'a donné sa photo aujourd'hui pour vous l'envoyer et je vous ai mis quelque chose sur la lettre. Je ne sais pas si vous l'aurez et je finis ma lettre en vous embrassant de tous mon coeur et je vous dit que j'ai pas encore reçu mon colis.
                                                                        Clere Pierre
                                                                  Qui vous aime toujours
                                                        118e RI - 6e compagnie - Secteur 83   "

Toute information sur Pierre Naour, Pierre Clere et les deux hommes présents sur la photo à coté de Pierre Naour est la bienvenue. N'hésitez pas à me contacter =>ICI<=

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15 février 2012

A L'ASSAUT ! Récit d'un combattant

Fantasins se préparant à l'attaque

Le matin de l'attaque (25 septembre 1915), grande animation dans les boyaux; c'est le grand jour, et, depuis 70 heures on ne cesse de canarder les allemands.
L'heure approche, c'est pour 9 heures 15.
9 heures arrivent, le commandant passe avec toute son escorte, le génie et quelques téléphonistes suivent. Ils vont prendre leur emplacement et se mettent près de nous car la compagnie a tout les honneurs. Nous devons passer le parapet les premiers.
9 heures 10, on boit un petit coup de gnole, on fume une pipe sans s'en faire. Au préalable, chacun a mit ordre aux affaires de sa conscience et fait en son fors intérieur un dernier et bon acte de contrition. Nous sommes résignés, tels des condamnés à mort. En finir d'une manière ou de l'autre, c'est le raisonnement de tous. Assez de cette vie de tranchées. Tant pis, si l'on reste, ce sera la délivrance car il y a trop longtemps que cela dure.
9 heures 14, Baïonnette au canon ! Chargez et en avant !
D'un bond, nous sommes sur le parapet, notre capitaine en tête et fonçons sur les tranchées ennemies. Nous traversons sans trop de peine les fils de fer, pas un coup de fusil de la part des allemands. Nous arrivons dans les tranchées de première ligne ennemies et passons. L'équipe des nettoyeurs de tranchées reste pour dénicher les allemands qui s'étaient cachés dans leurs souterrains.
On arrive à la deuxième ligne juste au moment ou les allemands sortent de leurs sapes et s'apprêtent à nous recevoir. A bout portant, on les fusille. Ils lèvent les bras au ciel et crient "Kamarades !". A part quelques fanatiques qui nous tirent dessus, tous se rendent. D'ailleurs ces quelques fanatiques sont vite "nettoyés". L'entrain est superbe. Après un petit nettoyage, nous poursuivons notre course en avant. Nous voilà descendant une colline, rien d'anormal. Nous recevons quelques obus et le 75 s'en met. Il ne croyait pas que l'on irait si vite et il balayait la colline devant nous.
Maintenant nous allons grimper l'autre versant. A ce moment, nous sommes pris de biais par les mitrailleuses ennemies qui nous fauchent. Un 105 arrive et éclate tout près de moi. Je suis projeté à terre. Pas la moindre blessure, c'est étonnant, je continue. Sur le coup, je ne me ressentais de rien. Vingt mètres plus loin, mon copain, que je connais depuis 15 ans, tombe frappé d'une balle qui lui a perforé le poumon. Aussitôt, nous allons vers un trou d'obus et je lui fais son pansement.
Pendant ce temps, la compagnie s'était arrêtée et le renfort ne venait pas. Ca y est, je me voyais prisonnier ! Plus de compagnie, plus de renfort. Je regardais et ne voyais rien. J'entendais à droite et à gauche des coups de fusils allemands. Puis la fusillade s'était ralentie. J'avais la ferme conviction que nous étions "faits" comme des lapins.
La nuit arrive et, aux fusées, je cherchais à me reconnaitre. Pas moyen, c'était un méli-mélo épouvantable. Je ne me risque pas trop. Nous passons donc la deuxième journée dans notre trou continuellement sonnés par les schrapnells et les gros noirs. Je vous assure que je croyais ma dernière heure venue. La encore un "maousse" arrive tout près. A demi enterrés, on arrive a se dégager. Pendant ce temps, mon pauvre copain s'affaiblissait.
A la nuit, je regarde bien et observe nos tirs et ceux des allemands. Je me rends un peu compte de la situation. A notre droite, il y avait un boyau sonné tantôt par nous, tantôt par les allemands et c'était le seul boyau que nous pouvions prendre pour ne pas se faire voir.

tahure tranchées

La nuit arrivée, je me décide à sortir explorer le terrain. Je n'avais pas fait trois mètres qu'une décoction de fusées allemandes arrive. Une fusillade éclate, suivie bientôt d'un bombardement. Nous voilà frais encore une fois ! C'est une contre-attaque ennemie qui se passe à droite. Nous nous abritons le mieux possible avec nos sacs. Je commençais à sentir une douleur dans les reins, enfin, cela ne me gênait guère, je ne pensais qu'à changer de domicile.
La deuxième nuit se passe et le matin, au petit jour, je me décide à déguerpir coute que coute. Tant pis si l'on est "faits". Je rampe et j'écoute. J'entends une voix de blessé qui appelle au secours. Je vais vers lui et j'aperçois une pauvre silhouette à genoux dans un trou d'obus avec une figure contractée par les fatigues et angoisses de deux journées. Il était blessé à la jambe. Vite, nous échangeons nos situations. Il me dit avoir entendu le génie travailler. Je vais dans la direction indiquée. Impossible de passer, il y a des fils de fer. Je reviens donc au blessé et lui indique notre trou. Nous revenons à mon domicile après quelques minutes de recherches, car la nuit on ne s'oriente pas bien. Je n'étais donc pas plus avancé qu'au début.
Comme poussé par l'instinct, je me dirige vers le boyau suspect, bien lentement, je vous assure, et l'oreille bien tendue. J'approche et j'entends prononcer des mots. Sauvé ! Ce sont des français ! D'un bond, je suis dans la tranchée et explique mon cas. Justement se trouvait là un bon camarade d'Angers, qui, sans hésiter, vient avec moi chercher notre blessé qu'on ramène tant bien que mal au poste de secours. Quand à moi, j'avais de plus en plus mal aux reins et je fus évacué pour contusions. Comme le dépôt d'éclopés était comble, on m'évacua dans le midi.

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22 janvier 2012

HAUDAINVILLE

Haudainville de nos joursLe canal à Haudainville - 2011

En novembre et décembre 1916, le 19e régiment d'infanterie occupe le secteur du fort de Vaux et du bois Fumin. Pendant ces deux mois, lorsqu'il n'est pas dans les tranchées de première ligne, le 19e RI va au repos à Haudainville, village tout proche de Verdun. Les hommes sont logés dans des péniches amarrées sur le canal latéral à la Meuse à 1500 mètres au sud-ouest du village.
" D'une façon générale, nous préférions ce cantonnement de marins au cantonnement d'Haudainville ou grouillait tout un peuple de trains de combat, de cuisines roulantes, d'équipages d'artillerie qui se mouvaient très difficilement dans une boue gluante et sans cesse pétrie. Les paillasses, ici, étaient moins habitées et la proximité de l'eau permettait de se nettoyer. "
                                                                  Joseph Cadiou - Les Cahiers du 19e RI

Haudainville PénichesPéniches à Haudainville - 1916

Non loin du canal, sur la route menant au village, se trouve la petite nécropole d'Haudainville.

Haudainville NécropoleNécropole militaire d'Haudainville

Deux officiers du 19e régiment d'infanterie y reposent, le capitaine Marius Lavie et le sous-lieutenant Emile Poisson, tous deux tués au combat le 2 novembre 1916.

Capitaine Marius Lavie                         Sous-lieutenant Emile Poisson

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12 décembre 2011

YVES CORENTIN MARIE LE GUEN

Né le 26 octobre 1882 à Plouvorn (Finistère), Yves Corentin Marie LE GUEN est soldat de 2e classe au 19e régiment d'infanterie. Le dimanche 3 octobre 1915, le régiment occupe les tranchées face à la Brosse à dents dans le secteur de Tahure. Le bombardement ennemi est intense toute la journée. Victime d'un obus tombé sur son abri, Yves Corentin Le Guen meurt asphyxié.
Dans une lettre parue dans le livre " La dernière lettre écrite par des soldats tombés au champ d'honneur 1914-1918", le frère d'Yves, Jean Marie annonce la triste nouvelle à sa mère.

                                                        En campagne le 7 octobre 1915

                                       Ma chère mère

   Vous savez sans doute maintenant la triste nouvelle, puisque j'avais écrit à Tonton Louis pour lui demander d'aller vous annoncer cette nouvelle, qui a du vous fendre le coeur à tous. J'ai trouvé qu'il valait mieux ainsi que de vous écrire directement, vous auriez ainsi du moins quelqu'un pour partager votre douleur, et la douleur partagée en commun se supporte plus facilement. Mon pauvre frère a été tué dimanche 3 octobre. La veille, j'avais eu de ses nouvelles par un camarade qui lui avait parlé et il était toujours solide et confiant.
   Dimanche au soir, on est venu m'avertir qu'il avait été blessé grièvement. Je suis parti aussitôt pour aller le voir, mais en route on m'a appris qu'il avait été tué sur le coup. C'est Marc Gorrec, de Coat Crenn, qui se trouvait à ses cotés, qui m'a donné les détails de sa mort. Un autre camarade et lui s'étaient creusés un gourbi pour pouvoir se mettre à l'abri et se reposer un peu, et il y avait à peine une demi-heure qu'ils s'y étaient étendus qu'un obus est tombé en plein sur l'abri et les a ensevelis. Marc et les autres camarades qui se trouvaient à coté se sont empressés de les dégager, mais, dix minutes plus tard, quand ils ont réussi à les dégager, il était trop tard, ils étaient mort asphyxiés. Yves était couché sur le coté, les bras croisés sur sa poitrine, les yeux fermés, sans aucune blessure et nullement défiguré. Ils avaient été surpris dans leur sommeil et avaient été étouffés sur le coup. Il est du moins mort sans souffrir et n'aura pas eu le sort de beaucoup d'autres qui, blessés, ont du rester trois ou quatre jours sur le champ de bataille et mourir ensuite. Quand je suis arrivé là-bas, il était déjà enterré dans une tombe, tout seul, et non comme beaucoup d'autres qui sont enterrés dans le même trou. J'ai fait faire une croix sur laquelle j'ai fait inscrire son nom, sa compagnie, son régiment et la date de sa mort, d'un côté, en peinture et, de l'autre côté, son nom gravé avec une pointe rougie au feu. Il est enterré dans un petit ravin, à deux kilomètres environ au nord de Perthes, à droite de la route qui va de Perthes à Tahure. Prenez bien note de ces renseignements: vous pourrez ainsi le retrouver si je ne revenais pas moi-même et faire transporter son corps pour qu'il repose au milieu de la famille. Faites dire un grand service pour lui sans attendre que l'acte de décès vous arrive, car cela pourrait mettre du temps, surtout maintenant qu'il y en aura tant à établir. Ce n'est pas qu'il ait besoin de prières, car il est tombé un jour de victoire en faisant son devoir et il repose dans une terre reconquise aux Allemands par son régiment, et ou ils ne mettront plus jamais les pieds, et l'aumônier nous a répété bien des fois qu'il n'y a aucun doute à avoir sur le salut de ceux qui tombent en faisant leur devoir.
   A qui donc serait' il, le paradis, sinon à ceux là? Mais, et c'est surtout ce que je tiens à dire à mes frères et à mes soeurs, nous ne pourront jamais assez faire pour honorer la mémoire de celui qui nous a gagné du pain et qui était si bon pour nous. Je voudrais que des maintenant vous fassiez faire une belle tombe ou du moins une belle croix en sa mémoire parmi la famille ou on pourra le mettre un jour. J'ai reçu hier une carte de Tonton Jean qui me donnait sa nouvelle adresse. Je lui ai écrit aussitôt pour lui annoncer à lui aussi la triste nouvelle. Il trouvera cela bien dur aussi, car, comme moi, il est là-bas tout seul sans personne pour partager sa peine. Vous aussi vous aurez ce coup-là bien dur et rien ne pourra jamais vous consoler de la perte que nous venons de faire. Il nous reste cependant à tous une consolation, c'est de penser qu'il pourra un jour, quand cette terrible guerre sera finie, dormir son dernier sommeil au pays natal et que sur sa tombe nous pourrons aller lui dire que nous ne l'oublierons jamais. C'est la volonté de Dieu qui l'a rappelé à lui. Du haut du ciel, il prie maintenant pour ceux qui était sur la terre l'objet de ses préoccupations et pour ses camarades qui combattent toujours, car se sont les vivants qui ont besoin de prières. Priez pour nous tous et pour que cette terrible guerre finisse un jour.

                                                Votre fils dévoué qui vous embrasse pour lui et son frère
                                                                            Jean Marie

Jean Marie LE GUEN décédera des suites de ses blessures au Feld Lazaret de Fieulaine dans l'Aisne le 12 septembre 1918. Il était caporal au 123e régiment d'infanterie.

Marc GORREC, qui se trouvait au coté de Yves LE GUEN, trouvera la mort quelques jours après, le 7 octobre 1915 dans les combats pour la prise de Tahure.

 

 

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10 novembre 2011

HENRI BOISSELEAU

Boisseleau Henri

Henri Constant Auguste BOISSELEAU est né le 19 novembre 1889 à Ardelay en Vendée.
A 20 ans, il effectue son service militaire au 137e régiment d'infanterie à Fontenay le Comte. Libéré de ses obligations militaires, il rentre à Ardelay ou il exerce la profession de charpentier. Il se marie le 29 septembre 1913 avec Marie Papin.
Rappelé sous les drapeaux par la mobilisation générale du 2 aout 1914, Henri Boisseleau est affecté au 137e régiment d'infanterie et part au front.
Le 18 avril 1915 nait son premier enfant, une petite fille prénommée Simone.
Henri Boisseleau est blessé une première fois à l'été 1915 et évacué à l'hôpital Joubert d'Ancenis. Après guérison, il repart au front et est affecté à la 11e compagnie du 19e régiment d'infanterie le 26 septembre 1915. il est mortellement blessé le 8 octobre 1915 à Tahure. Un éclat d'obus lui déchiquète la jambe. Il est conduit dans un hôpital à La Croix en Champagne ou il a "la chance" d'y retrouver son propre frère. Ce dernier lui donne son sang mais les erreurs de compatibilité et la rusticité de la technique de transfusion sanguine ne permet pas de le sauver. Henri Boisseleau meurt des suites de ses blessures ce même jour. Son frère, présent à son chevet, recueille son dernier souffle. Il sera inhumé à La Croix en Champagne.
Le 26 avril 1916 nait sa seconde fille, Marie, qui ne connaitra jamais son père. Inconsolable, son épouse mourra de la grippe espagnole quelques mois plus tard laissant les petites Simone et Marie orphelines.
En 1922, le cimetière de La Croix en Champagne est désaffecté et les corps des soldats transféré dans la nécropole nationale de Saint Jean sur Tourbe ou Henri Boisseleau repose encore de nos jours.
Henri Boisseleau sera décoré de la médaille du combattant et de la croix de guerre.

Boisseleau H 137e RIHenri Boisseleau lors de son service militaire au 137e RI de Fontenay le Comte.

Merci à son arrière petit fils Sébastien Boudaud pour ses informations et photos.

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26 octobre 2011

RECHERCHES ARCHEOLOGIQUES A LA BOISSELLE

En parallèle de la cérémonie d'inauguration après restauration du calvaire breton dédié aux soldats du 19e régiment d'infanterie mort pour la France le 17 décembre 1914, se déroulait une opération "portes ouvertes" sur le site ou des recherches archéologiques sur la première guerre mondiale sont effectuées à Ovillers La Boisselle.
Menées par un groupe d'historiens britanniques, ces recherches ont pour but de mener une étude détaillée d'un champ de bataille de la 1ère guerre mondiale, l'étude et la cartographie du réseau de galeries, sapes et puits souterrains, vestiges de la guerre des mines et la préservation d'un lieu unique de la première guerre mondiale resté quasiment en l'état depuis la fin du conflit grâce à la volonté des propriétaires.

En 1915, ce terrain faisait partie du secteur de la 44e brigade d'infanterie. Le 19e et le 118e R.I s'y sont relayés pour garder cette ligne de front jusqu'à fin juillet 1915, date à laquelle ils ont été relevés par l'armée britannique. Hiver terrible pour les soldats bretons ! Sous les bombardements et fusillades incessants, dans le froid, ils se transforment en terrassiers et creusent tout un réseau de tranchées et boyaux qui porteront les noms de soldats tués dans ce terrain. De plus, une guerre des mines est poussée activement sur ce petit morceau du front. De nombreuses galeries souterraines sont creusées dans le sous sol en direction des lignes ennemies afin d'y placer des explosifs pour faire sauter la tranchée adverse. Les allemands font de même. Les soldats vivent dans l'angoisse permanente d'être enseveli vivant par une explosion de mine. Ces travaux de fortification du terrain et de guerre des mines seront poursuivis par les soldats britanniques.

Vue générale

A l'occasion de ces portes ouvertes, les historiens britanniques avait matérialisés les tranchées avec des petits drapeaux (jaune pour les franco-britanniques, rouge pour les allemandes). Par endroit, celles-ci ne sont distantes que de 35 mètres. Les noms des tranchées ainsi matérialisées était inscrit sur un panneau de bois, en haut le nom français, en dessous le nom que les britanniques ont donné à cette tranchée quand ils ont repris le secteur.

Tranchée Dohollou

 

Jean Dohollou était sous lieutenant au 19e régiment d'infanterie. Il est mort des suites de ses blessures à l'ambulance 3/11 installée à Dernancourt le 5 mars 1915. Son nom a été donné à la tranchée ou il a été mortellement blessé. La tranchée Dohollou était la tranchée de 1ere ligne. Elle n'a pas été renommée par les britanniques.

 

 

 

 Tranchée Joanny

Pierre Marie Jouanny était sergent au 19e régiment d'infanterie. Il a été tué au combat le 28 février 1915 à La Boisselle, probablement non loin de la tranchée qui a pris son nom. Les soldats britanniques ont renommé cette tranchée "Tummel Street".
A noter une petite erreur dans l'orthographe du nom.

 

 

 

 

 

Tranchée QuemarFrédéric Hyacinthe Quémar était sous lieutenant au 19e régiment d'infanterie. Il a été tué au combat le 7 février 1915 à La Boisselle lors d'une attaque pour occuper les lévres de l'entonnoir produit par l'explosion de mines allemandes. Il a donné son nom à la tranchée qui se trouvait juste devant cet entonnoir. Elle été renommée "Fairmaid Street" par les soldats britanniques.

 

 

 

 


Entonnoir du 7 février 1915Des entonnoirs de mines ont été dégagées, ici celui du 7 février 1915.

L'ilot

 

 

Les chercheurs sont parvenus a localiser l'Ilot, théâtre d'âpres combats pour le 19e régiment d'infanterie.

 

 

 

 

 

 

Au cours de cette session de fouilles, les historiens et archéologues découvert et remis à jour deux entrées de galeries souterraines, une française et une britannique.

Galerie Française

Entrée de la galerie française. On y voit les restes du boisage fait en 1915.

La prochaine session de recherches sur ce terrain à Ovillers La Boisselle aura lieu au printemps 2012.
Pour en savoir plus sur ces recherches archéologiques et suivre l'avancée des travaux, n'hésitez pas à consulter le site des historiens britanniques ici => http://www.laboisselleproject.com/fr/

16 octobre 2011

UN REPORTAGE DE FRANCE 3 BRETAGNE

Voici un reportage en langue bretonne (sous-titré en français) ou Gabriel Le Mer de l'association "Bretagne 14-18" évoque l'attaque du 19e régiment d'infanterie de Brest le 17 décembre 1914.
Filmé en 2008, on y voit le calvaire du 19e RI avant rénovation. Ce reportage a été diffusé sur France 3 Breizh en octobre 2011. Cliquer sur la flèche blanche pour démarrer la lecture de la vidéo.

A noter une petite erreur dans le reportage: Augustin De Boisanger est le président de l'Office Central de Landerneau et non pas son fils ainé.

 

10 octobre 2011

INAUGURATION DU CALVAIRE BRETON DU 19e REGIMENT D'INFANTERIE

Inauguration 1

Inauguration 2

 

Samedi 8 octobre 2011 a eu lieu l'inauguration, après travaux de restauration, du calvaire breton d'Ovillers La Boisselle.

Erigé en 1924, sur l'initiative de la famille De Boisanger et de l'Office Central des œuvres mutuelles et des syndicats agricole du Finistère, le calvaire est l'oeuvre du marbrier Donnart de Landerneau.
Réalisé en pierre de Kersanton, il est dédié à la mémoire du lieutenant Augustin De Boisanger, de l'adjudant André Pitel, du capitaine Henri Raillard et des braves du 19e régiment d'infanterie tombés le 17 décembre 1914 lors de l'attaque d'Ovillers.

 

 Les quatre faces du socle du calvaire

Socle 1

 Socle 2

 

 

 

 

 Socle 3

Socle 4

 

 

 

 

 

 Le calvaire

Calvaire rénovation

Fidèle gardien de la mémoire des soldats bretons du 19e régiment d'infanterie tombés le 17 décembre 1914 sur la terre picarde, le calvaire, qui avait subi les ravages du temps, a fait l'objet d'une complète restauration cet été. Il a été inauguré le samedi 8 octobre 2011 au cours d'une émouvante cérémonie.
Une importante délégation bretonne était présente parmi laquelle des familles de soldats du 19e régiment d'infanterie mort pour la France le 17 décembre 1914 à Ovillers La Boisselle.

Quelques photos de cette cérémonie

Le départ du cortège. Le Samarobriva Pipes and Drums ouvre la marche suivi par les poilus de l'association "14-18 en Somme".

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En route vers le calvaire breton

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Les portes drapeaux se mettent en place

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Le ruban est coupé par madame Wattraint maire d'Ovillers La Boisselle, monsieur Patrick Leclerc maire de Landerneau, monsieur Bassaguet sous-prefet de Peronne.

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Inauguration du panneau explicatif

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Le panneau

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Discours officiels

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Les enfants déposent des petits bouquets

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