24 juillet 2011

DANS LES PARALLELES DE DEPART

Massés dans les parallèles de départ, sous la pluie qui ne cesse de tomber, la nuit parait interminable pour les hommes du 19e régiment d'infanterie. Les 700 mètres de leur secteur d'attaque (le plus étendu de la 22e D.I) s'étend, de gauche à droite, du boyau d'Erfurth au point 479. Face à eux, les deux mamelles, stratégiquement importantes pour l'ennemi qui s'y est solidement retranché, domine le terrain. Entre la parallèle de départ et les deux mamelles, se trouve le Trapèze ensemble de tranchées couvert de réseaux barbelés.
Après avoir franchi ces trois positions, le 19e régiment d'infanterie, passant par le ravin de la Goutte et la Brosse à dents, doit participer à la prise de Tahure, objectif de la 22e division d'infanterie pour ce 25 septembre 1915.
Les compagnies sont placées dans leurs ordres de départ.
Le 3e bataillon, commandé par le commandant Wolf, est dans la parallèle 1. Le 1er bataillon, commandé par le commandant Lesdos, se trouve dans la parallèle 2. Le 2e bataillon, commandé par le commandant Fohanno, est placé en réserve de la 22e D.I en arrière du bois violet (point 463).
les troupes d'assaut sont réparties en quatre vagues :
Le 3e bataillon forme les deux premières vagues, 9e et 10e compagnies en tête, suivies à 50 mètres de distance par les 11e et 12e compagnies.
Viennent ensuite les 1er, 2e et 4e compagnies, du 1er bataillon, formant la 3e vague qui suit la 2e à 100 mètres et renforcés par la compagnie de mitrailleuses.
S'élançant à 100 mètres derrière la 3e vague, la 3e compagnie, commandée par le capitaine Jegaden, forme la 4e vague.
La mission des deux premières vagues d'assaut est de franchir, sans s'arrêter, les tranchées ennemies en se dirigeant sur l'objectif sans se préoccuper des liaisons avec les unités voisines, sauf si le décalage avec ces dernières expose leur flanc aux tirs ennemis.
La 3e vague soutient les deux premières et les rejoint si nécessaire.
La 4e vague est chargée du nettoyage des tranchées ennemies que les précédentes vagues ont franchis sans s'arrêter.

 


12 juin 2011

ORDRE D'ATTAQUE POUR LE 25 SEPTEMBRE 1915

XI° Corps d’Armée                                          Q.G, le 21 septembre 1915
22° Division
Etat-Major                                            Ordre d’attaque
N° 4/21                                   Pour la journée du 25 septembre 1915
                                                                  ------

I- Mission générale
L’armée a pour mission initiale de s’emparer des hauteurs qui bordent au nord le vallon de la Dormoise (croupe 193 – Butte de Tahure – hauteurs 194 et 171 au nord de Ripont et Cernay en Dormois).

II – Objectifs de la 22° D.I.
La 22° D.I. a pour objectif la butte de Tahure et mamelon 192, situé à 600 m au Nord, la partie Ouest des tranchées nouvelles jusqu’au boyau Nord-Sud (ce boyau à la 21° D.I.).
A sa droite, la 21° D.I. attaque la partie Est des tranchées nouvelles et les bois entre ces tranchées et les tranchées de la ferme Ripont.
A sa gauche, la 27° D.I. attaque la tranchée de la Vistule à l’Ouest de la butte de Tahure.
La 22° D.I. attaquera par brigades accolées.
La 44° brigade partant du front Boyau Bonhomme exclus – Boyau B4 inclus aborderas la première ligne ennemie sur le front 479 inclus – saillant 467 inclus et prendra comme objectif la partie Ouest des tranchées nouvelles en marchant par la mamelle Nord et la Brosse à dents.
La 43° brigade partant du front Boyau B4 – Ligne parallèle à la route de Perthes à 100 m à l’Ouest de cette route, abordera la 1ere ligne ennemie sur le front 466 – 456 (lisière Est du bois Carré) et prendra comme objectif la butte de Tahure et le mamelon 192 situé à 600 m au Nord, en marchant par la croupe 188 et la hauteur au Nord de 170.
Liaison à droite avec la 21° D.I. par la ligne Boyaux 681 – ravin de la Goutte  lisière Ouest des bois 8094 (cette ligne à la 21° D.I.).
Liaison à gauche avec la 27° D.I. par la ligne lisière Est du bois Carré – 678 – lisière Ouest du bois des lièvres – lisière Ouest du bois au Sud-Ouest de la butte de Tahure (cette ligne à la 22° D.I.)
Liaison entre les deux brigades par 466 – 568 – 669, l’extrémité ouest de la Brosse à dents et le village de Tahure qui sera évité par les deux Brigades. Les boyaux de Taunus, de Franconie et de Spire appartenant à la zone de la 44° brigade, les boyaux de Bamberg, de Ham et de Wemar appartenant à la zone d’attaque de la 43° brigade.

III – Préparation et accompagnement de l’attaque
La 22° Division dispose de l’artillerie divisionnaire renforcée par un groupe de A.C., 2 batteries de la 53e D.I., 3 batteries de 155 Court, 1 batterie de 220 et 22 pièces de 58. Elle est en outre appuyée par l’artillerie lourde et de campagne du C.A.         
La préparation de l’attaque par l’artillerie comportera une préparation éloignée qui durera 3 jours, et une préparation rapprochée.
Dans la journée N1 aux heures fixées par le général commandant l’Armée, il sera exécuté des tirs de bombardements violents d’une durée limitée sur les tranchées ennemies de 1ére ligne, suivis d’allongements systématiques. Après cette feinte le tir sera ramené pendant une durée très courte sur les tranchées de 1ére ligne.
L’attaque ne sera précédée d’aucun tir d’efficacité, afin de ne pas provoquer les tirs de barrage de l’ennemi.
A l’heure H de l’attaque, toute l’artillerie entrera en action, de telle sorte que son tir se déroule en avant de l’infanterie au fur et à mesure de sa progression.
Les batteries désignées se tiendront en mesure d’accompagner l’attaque par les passages préparés dès que l’ordre en sera donné.
La répartition des missions et des objectifs entre les batteries fait l’objet d’un ordre spécial.

IV - Exécution de l’attaque
L’attaque de l’infanterie partira sans nouveaux ordres le jour N à l’heure H fixée par le commandement supérieur. Il ne sera employé ni clairon ni fusées pour donner le signal. Elle sera poursuivie, sans interruption, de jour et de nuit jusqu’à la conquête définitive des objectifs.
Chaque unité, à l’exception de celles spécialement désignées pour le nettoyage des tranchées, ne pensera qu’à poursuivre droit devant elle, sans s’attarder dans les boyaux et tranchées, sans s’inquiéter de savoir si les unités voisines sont en retard, autrement que pour garder convenablement ses flancs découverts, le cas échéant.
L’infanterie s’efforcera de dépasser du 1er élan les batteries ennemies qui constituent le principal obstacle à sa progression.

V – Organisation du terrain conquis
Les Brigades ayant atteint leur objectif, s’installeront solidement sur le terrain conquis en creusant des tranchées complétées par des sacs à terre, sous la protection des batteries poussées en avant.

                                     Le général commandant la 22° Division                                                                                                   Général Bouyssou

Source : SHD 24N430

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INSTRUCTION POUR L'EXECUTION DE L'ATTAQUE DE L'INFANTERIE

XI° Corps d’Armée                                          Q.G, le 21 septembre 1915
22° Division
Etat-Major                                          
N° 3/21                     Instruction pour l'execution de l'attaque de l'infanterie
                                                                  ------

I – Dispositif d’attaque –
      -1°Troupes d’assaut
Les troupes d’assaut seront réparties en 4 vagues. Les deux premières vagues franchiront sans arrêt les tranchées de la première ligne ennemie et marcheront sur l’objectif prescrit. La troisième vague appuiera le mouvement des deux premières, en les renforçant au besoin. La quatrième vague fournira les nettoyeurs de tranchée.
La 44° brigade sera formée par régiments accolés, 19e R.I. à droite. Dans chaque régiment, les deux bataillons d’assaut seront placés l’un derrière l’autre, le bataillon de tête fournissant deux vagues de deux compagnies, le bataillon de queue fournissant une troisième vague de trois compagnies et une quatrième vague d’une compagnie.
La 43° brigade sera formée par régiments accolés, 62e R.I. à droite. Chaque régiment aura deux bataillon en première ligne, fournissant chacun la première et la deuxième vague constituées par deux compagnies en colonne par pelotons, et la troisième vague constituée par deux compagnies en ligne. Le troisième bataillon de chaque régiment fournira la quatrième vague de nettoyeurs, à répartir pour le nettoyage des lignes successives de tranchées.
En raison des entonnoirs qui rendent certains points de la 1ére ligne ennemie inabordable, les éléments des troupes d’assaut seront répartis dans les parallèles face aux portions de cette ligne qu’ils devront aborder.

     -2° Troupes en réserve
Le 118e R.I. aura un bataillon (trois compagnies) en réserve de brigade dans la place d’armes entre B5 et B6 à l’Est du bois des mitrailleuses. Le 19e R.I. aura un bataillon en réserve de Division dans la place d’armes entre B3bis et B4 à l’est de Perthes. Ce bataillon se mettra en liaison avec le poste Q.
Une compagnie, prélevée sur le bataillon en réserve du 118e R.I. aura pour mission spéciale l’attaque du saillant 467. Cette compagnie sera placée dans le dispositif d’attaque à gauche et à hauteur des première et deuxième vagues du 118e R.I., appuyant sa gauche au boyau B4 en liaison immédiate avec les première et deuxième vagues du 62e R.I. Elle assurera le nettoyage du saillant 467.

II – Rassemblement initial
Les deux premières vagues seront disposées dans la première parallèle, les deux autres vagues dans les deuxième et troisième parallèles. Les troupes seront portées de leurs bivouacs dans les parallèles par les boyaux, et en arrière des boyaux par des itinéraires soigneusement reconnus et jalonnés. Le détail de leur mouvement sera réglé par les généraux de brigade : La 43e brigade dispose des boyaux B1, B2, B3 et B3bis ; La 44e brigade dispose des boyaux B4, B5 et B6.
Toutes les troupes seront en place le jour N à 4 heures

III – Exécution de l’attaque
A l’heure fixée pour l’assaut, les quatres vagues se porteront en avant. Les deux premières se suivront à une distance d’environ 50 mètres. Chacune des deux dernières prendra au départ une distance d’environ 100 mètres de la précédente.
Les commandants de bataillons en première ligne marcheront avec la deuxième vague, les colonels avec la troisième vague.
Les compagnies de mitrailleuses de régiment marcheront avec la troisième vague. Les compagnies de mitrailleuses de brigade seront à la disposition du général de brigade. Il sera affecté à chaque compagnie de mitrailleuses une escouade de soutien avec outils de terrassiers.
Les bataillons en réserve viendront dès le départ des troupes d’assaut se déployer dans les parallèles, prêts à se porter en avant.
Les obstacles de la première ligne ennemie une fois dépassés, les unités constituant les troupes d’assaut élargiront leur formation de façon à souder leurs attaques pendant la marche sur l’objectif. Seules les compagnies de nettoyeurs de tranchées spécialement désignées (4e vague) pénétreront dans les tranchées et organisations défensives ; leur mission est d’en supprimer les défenseurs et les mitrailleuses. Le rôle de ces compagnies sera soigneusement réparti à l’avance, chacune devant connaître en détail la position des organisations ennemies dans laquelle elle devra opérer, de manière à n’en négliger aucune.
Dans ce but, chaque compagnie étant fractionnée en groupes, chaque groupe marchera par un boyau déterminé, en occupera les carrefours dans toute la profondeur défensive pour procéder au nettoyage des tranchées perpendiculaires, les groupes opérant tous dans le même sens jusqu’au boyau du groupe voisin, ce sens sera de la droite vers la gauche.

IV – Garde des tranchées
Pendant les 3 jours qui précèderont l’attaque, la garde des tranchées sera confiée au 22e régiment d'infanterie territorial, les soutiens seront constituées par le bataillon de réserve du 19e R.I. et le bataillon de réserve du 118e R.I qui auront chacun une compagnie dans leur place d’arme, les trois autres compagnies aux emplacements habituels des bataillons de soutien. Le commandement de la première ligne sera exercé par le colonel commandant le 22e régiment d'infanterie territorial.
Pendant les tirs exécutés sur la première ligne ennemie, les unités territoriales se retireront dans les abris des tranchées et parallèles.
A l’arrivée des troupes d’assaut, elles se grouperont dans les portions libres des parallèles.
Des le départ des troupes d’assaut, elles regagneront les tranchées de tir ; la compagnie disponible de chaque bataillon établira immédiatement les communications et passages au-delà de notre premièr ligne sous la direction du génie. A cet effet, tout les hommes de ces trois compagnies seront porteurs d’outils.

V – Génie
La 22e D.I. dispose des compagnies 11/2 et 11/3 bis.
La répartition de ces troupes fait l’objet d’une instruction spéciale du 13 septembre de la 22e D.I.
Il est rappelé que les dépôts du Génie de Perthes et du bois Jaune comportent chacun 1500 pelles et pioches, destinés à l’organisation de la position conquise.
Une section de chacune des compagnies 11/4 et 11/3 sera chargée du nettoyage des galeries de mine de l’ennemi, celle de la compagnie 11/4 au Trapèze, celle de la compagnie 11/3 du Trapèze exclus au nord de Perthes. Ces sections marcheront avec la quatrième vague.

                                            Le général commandant la 22e D.I.
                                                   Général Bouyssou
Source: SHD 24N430

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15 mai 2011

LE JOUR "N" APPROCHE

Après des mois de guerre de position, le général Joffre reprend l'offensive en prévoyant deux attaques sur deux fronts différents, l'une sur Arras et Neuville Saint Vaast, l'autre en Champagne.
Prévue et minutieusement préparée depuis des mois, l'attaque sur le front de Champagne a pour objectif de rompre le front allemand mais aussi de fixer l'adversaire sur le front français afin d'aider les troupes russes sur le front de l'est. Ce sont les 2e armée (dont fait partie le 19e RI) et 4e armée qui doivent attaquer en Champagne. Le jour de l'attaque, désigné par la lettre "N" approche.
Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1915, le 19e régiment d'infanterie est relevé de la première ligne par un bataillon du 22e régiment d'infanterie territorial. Les 1er et 3e bataillons partent au camp des Coloniaux, le 2e bataillon, réserve de corps d'armée, va au camp Bonnefoy.
Le mercredi 22 septembre est le jour "N" - 3. L'artillerie française commence des le matin le bombardement des positions ennemies. Cette préparation d'artillerie, qui va durer 3 jours, est sans précédent. Les moyens engagés sont énormes. L'artillerie lourde tire sur l'arrière-front ennemi, visant les cantonnements, les dépôts de munitions et d'approvisionnement ainsi que les routes, voies ferrées et gare. Les batteries de 75 ont mission de détruire les tranchées ennemies et les réseaux de fil de fer barbelé.
Au camp des Coloniaux et au camp Bonnefoy, les hommes du 19e RI sont informés que le régiment va participer à l'attaque. L'ordre du jour du général Joffre leur est lu :

Soldats de la république

Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras.
Derrière l'ouragan de fer et de feu déchainé grâce au labeur des usines de France ou vos fréres ont, nuit et jour, travaillé pour vous, vous irez à l'assaut tous ensemble sur le front en étroite union avec toutes les armées de nos alliés.
Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire, au delà des lignes fortifiées qu'il vous oppose. Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'ç l'achèvement de la victoire.
Allez y de plein coeur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté.

Général Joffre

Pour les hommes du 19e RI, ce n'est qu'une demi-surprise. Ils se doutaient bien que toutes les tranchées, boyaux et places d'armes qu'ils avaient construit ces derniers temps laissaient augurer une grande offensive.
Pendant 3 jours, les hommes sont entrainés à partir à l'attaque en vagues d'assaut et à la manipulation et au lancement de grenades. Ces exercices de lancé de grenades furent d'ailleurs l'occasion d'accidents ou seront plus ou moins blessés grièvement des soldats du 19e RI.
Les hommes ont bien conscience que plusieurs d'entre-eux ne reviendront pas de cet assaut. Mais la nouvelle de la reprise de l'offensive gonfle le moral des soldats, usés par la guerre de position, qui en ont assez de leur vie de terrassiers. "Cette fois-ci, on va les battre, la guerre sera alors finie et l'on pourra rentrer à la maison." L'extraordinaire bombardement des lignes ennemies par nos artilleurs ne fait que conforter les soldats dans leur conviction de victoire. C'est un tel déluge de fer et de feu que personne ne peut y survivre.
Messe Le 24 septembre 1915, jour "N" -1, en fin d'après-midi, l'aumônier du 19e régiment d'infanterie, Ernest Keramoal dit une messe en plein-air. Son sermon très patriotique galvanise encore plus les hommes.
Vers 21 heures, le 19e RI quitte le camp des Coloniaux pour monter en première ligne. Alors qu'il faisait un temps magnifique depuis plusieurs jours, la pluie se met à tomber. Les soldats, trempés et lourdement chargés, arrivent dans la nuit et relèvent le 22e régiment d'infanterie territorial qui s'en va en deuxième ligne. Ce dernier reviendra en première ligne des que les troupes seront parties à l'assaut. Les compagnies du 19e RI sont placées dans les parallèles de départ et places d'armes dans leur ordre de départ à l'assaut.

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22 avril 2011

30 AOUT 1915 - EXPLOSION DE MINE

Le 30 aout 1915, le 3e bataillon du 19e régiment d'infanterie est en première ligne dans le secteur A.
A 5 heures 30, une mine allemande explose devant la tranchée 474. La mine produit un entonnoir de 50 mètres de diamètre, détruit la première ligne française sur quarante mètres et comble la tranchée de seconde ligne sur vingt mètres.
A la 12e compagnie, une dizaine d'hommes sont ensevelis. La section voisine se porte aussitôt dans l'entonnoir. Une partie des hommes se ruent sur la lèvre de l'entonnoir faisant face à l'ennemi et défend celle-ci à coup de grenades. Les autres recherchent activement leurs camarades ensevelis sous le violent bombardement qui a suivi l'explosion de la mine.
LARDY

 Quatre hommes ne pourront être sauvés:

 Le sous lieutenant Maurice Lardy
 Les soldats : Meven André
                   Jean Brelivet
                   Prigent Moal
                   Yves Velly

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07 avril 2011

LE CASQUE ADRIAN

C'est en cette fin aout 1915 que les soldats du 19e régiment d'infanterie vont être équipés d'une nouvelle coiffure pour remplacer leurs képis : Le casque Adrian.

Le_casque_Adrian

Face au nombre important de blessures à la tête, il avait été fourni aux soldats, en février 1915, des cervelières. La cervelière était une sorte de calotte en métal qui se portait sous le képi et qui était peu pratique et très inconfortable.
Crée par le sous intendant militaire Louis Adrian, ce nouveau casque était conçu pour protéger les soldats des projectiles qui explosaient au dessus des tranchées.

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23 mars 2011

NOUVEAU SECTEUR

Secteur_Champagne_1915

Situé au dessus de Mesnil les Hurlus, le nouveau secteur attribué au 19e régiment d'infanterie comprend les secteurs A et B et la partie gauche du secteur de S (voir carte ci-dessus). Le 118e régiment d'infanterie est à sa gauche et la 21e division d'infanterie à sa droite. Deux bataillons sont en première ligne, le troisième en seconde ligne.
Dans ce coin de Champagne, les soldats du 19e RI retrouvent la même vie qu'à Ovillers La Boisselle : garde du secteur sous le feu ennemi et travaux de terrassement. Si ce n'est que les travaux sont plus intensifs car il s'agit de préparer la future tranchée de première ligne et ses trois parallèles de départ prévues pour la future offensive, l'approfondissement, l'élargissement et le prolongement des boyaux permettant d'accéder aux futures parallèles ainsi que la construction d'abris et de deux places d'armes. Les travaux sont effectué de jour comme de nuit, le jour dans les parties cachées de la vue de l'ennemi, la nuit dans les endroits visibles.

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12 mars 2011

FRANCOIS MORVAN

MORVAN_Fran_ois_Phare_28_juillet_1916

 

 

 

Le journal "Le phare de la Loire" a publié des photos de soldats accompagnées des citations reçues. 702 portraits seront ainsi publiés entre mai 1916 et février 1917, parmi lesquels François Morvan, soldat au 19e régiment d'infanterie.

Toute information complémentaire sur ce soldat est la bienvenue.

 

 

 

 

 

L'intégralité de ces 702 portraits est visible sur le site des archives municipales de Nantes.
C'est ici => http://www.archives.nantes.fr/PAGES/DOSSIERS_DOCS/portraits_soldats_1418_presse/intro_soldats_presse.htm

 

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16 février 2011

VITAL ALEXANDRE MARIUS DELANGLE

Delangle_Vital

Vue aérienne d'Hurtebise : Géoportail

 

Vital Alexandre Marius DELANGLE est né le 6 octobre 1883 à Charlieu dans le département de la Loire. Marié et père de 3 enfants, il est secrétaire de mairie.
Le 3 août 1914, il est mobilisé au 298e RI de Roanne. Affecté au 98e RI le 20 août 1914, il part au front. Vital Alexandre Marius Delangle est blessé le 7 octobre 1914 aux bois des Loges. Après sa période de convalescence, il est affecté au 16e RI le 11 novembre 1916 puis est versé au 19e RI en 1917 ou il est sergent major à la 7e compagnie commandée par le capitaine Nicolas.
Le 5 mai 1917, le 19e régiment d'infanterie attaque sur Hurtebise au Chemin des Dames. Le 2e bataillon a pour mission de s'emparer de l'éperon du monument et de la grotte du dragon. Les combats sont terribles. La 7e compagnie est anéantie et n'a plus un seul officier. Le 6 mai, l'offensive reprend. Le bataillon Croll du R.I.C.M rejoint le 2e bataillon du 19e RI dans son secteur et part à son tour à l'assaut de l'éperon du monument.
Le 7 mai, Vital Alexandre Marius Delangle est tué au combat dans ce secteur d'Hurtebise, victime, parmi tant d'autres, de ces journées meurtrières des 5, 6 et 7 mai 1917 ou les soldats du 19e RI, affamés et assoiffés car toute communication avec l'arrière est impossible, ont vécu des heures effroyables sous le déluge de mitraille et d'obus.

Citation Vital Delangle



Merci à Jean Marc Moltchanoff (http://www.lescahiersdhistoire.net/45eri/index.php?lng=fr) pour ses informations sur Vital Alexandre Marius Delangle.

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22 janvier 2011

FRANCOIS FICHOU

François fichou_Fran_oisFICHOU est né en 1880 à Plouha dans les Côtes d'Armor. Il n'est âgé que de huit ans lorsque son père disparait en  mer. Ensuite, la famille Fichou part sur l'île de Jersey ou François est gardien de vaches. Dispensé de service militaire comme aîné de veuve, il part vivre au Canada.
En août 1914, il est mobilisé au 47e régiment d'infanterie de Saint Malo puis passe au 19e régiment d'infanterie le 30 avril 1916 qu'il rejoint dans la région de Fère en Tardenois.
Le 28 juillet 1916 à Berry au Bac, le 19e RI subit un énorme bombardement de ses lignes en représailles des coups de main qu'il a réalisé au cours de la journée. Ce même jour, pendant que François Fichou est sous la pluie de bombes à la Côte 108 à Berry au Bac, a lieu son mariage à Plouézec. Bénéficiant de la loi du 4 avril 1915 (1), il épouse par procuration Marie Joseph Le Hégarat.
Fin octobre 1916, le 19e RI repart à Verdun dans le secteur du fort de Vaux. C'est la que François Fichou est grièvement blessé à son poste de combat, touché par des éclats d'obus au coude et à l'épaule droite. Évacué le 14 novembre 1916, il est amputé du bras droit. Il obtient la médaille militaire en 1917 avec la citation suivante :
"Très bon soldat, brave et énergique. S'est toujours fait remarquer par son entrain et sa crânerie."

Réformé définitif, il s'installe à Kerity près de Paimpol pendant quelques années avant de rejoindre la région parisienne ou il exerce le métier de garde-voie à la SNCF.

François Fichou décède le 28 mars 1940 à Mantes la jolie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à son arrière petit fils Yann Guillerm pour ses informations

 

 

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(1) Extrait de l'article 1 de la loi du 4 avril 1915 :

En temps de guerre, pour causes graves et sur autorisation du ministre de la justice et du ministre de la guerre ou du ministre de la marine, il peut être procédé à la célébration du mariage des militaires et des marins sans que le futur époux, s’il est présent sous les drapeaux, soit obligé de comparaître en personne et à la condition qu’il soit représenté par un fondé de procuration spéciale.

 

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