15 mai 2011

LE JOUR "N" APPROCHE

Après des mois de guerre de position, le général Joffre reprend l'offensive en prévoyant deux attaques sur deux fronts différents, l'une sur Arras et Neuville Saint Vaast, l'autre en Champagne.
Prévue et minutieusement préparée depuis des mois, l'attaque sur le front de Champagne a pour objectif de rompre le front allemand mais aussi de fixer l'adversaire sur le front français afin d'aider les troupes russes sur le front de l'est. Ce sont les 2e armée (dont fait partie le 19e RI) et 4e armée qui doivent attaquer en Champagne. Le jour de l'attaque, désigné par la lettre "N" approche.
Dans la nuit du 21 au 22 septembre 1915, le 19e régiment d'infanterie est relevé de la première ligne par un bataillon du 22e régiment d'infanterie territorial. Les 1er et 3e bataillons partent au camp des Coloniaux, le 2e bataillon, réserve de corps d'armée, va au camp Bonnefoy.
Le mercredi 22 septembre est le jour "N" - 3. L'artillerie française commence des le matin le bombardement des positions ennemies. Cette préparation d'artillerie, qui va durer 3 jours, est sans précédent. Les moyens engagés sont énormes. L'artillerie lourde tire sur l'arrière-front ennemi, visant les cantonnements, les dépôts de munitions et d'approvisionnement ainsi que les routes, voies ferrées et gare. Les batteries de 75 ont mission de détruire les tranchées ennemies et les réseaux de fil de fer barbelé.
Au camp des Coloniaux et au camp Bonnefoy, les hommes du 19e RI sont informés que le régiment va participer à l'attaque. L'ordre du jour du général Joffre leur est lu :

Soldats de la république

Après des mois d'attente qui nous ont permis d'augmenter nos forces et nos ressources, tandis que l'adversaire usait les siennes, l'heure est venue d'attaquer pour vaincre et pour ajouter de nouvelles pages de gloire à celles de la Marne et des Flandres, des Vosges et d'Arras.
Derrière l'ouragan de fer et de feu déchainé grâce au labeur des usines de France ou vos fréres ont, nuit et jour, travaillé pour vous, vous irez à l'assaut tous ensemble sur le front en étroite union avec toutes les armées de nos alliés.
Il vous portera d'un premier effort jusqu'aux batteries de l'adversaire, au delà des lignes fortifiées qu'il vous oppose. Vous ne lui laisserez ni trêve ni repos jusqu'ç l'achèvement de la victoire.
Allez y de plein coeur pour la délivrance du sol de la patrie, pour le triomphe du droit et de la liberté.

Général Joffre

Pour les hommes du 19e RI, ce n'est qu'une demi-surprise. Ils se doutaient bien que toutes les tranchées, boyaux et places d'armes qu'ils avaient construit ces derniers temps laissaient augurer une grande offensive.
Pendant 3 jours, les hommes sont entrainés à partir à l'attaque en vagues d'assaut et à la manipulation et au lancement de grenades. Ces exercices de lancé de grenades furent d'ailleurs l'occasion d'accidents ou seront plus ou moins blessés grièvement des soldats du 19e RI.
Les hommes ont bien conscience que plusieurs d'entre-eux ne reviendront pas de cet assaut. Mais la nouvelle de la reprise de l'offensive gonfle le moral des soldats, usés par la guerre de position, qui en ont assez de leur vie de terrassiers. "Cette fois-ci, on va les battre, la guerre sera alors finie et l'on pourra rentrer à la maison." L'extraordinaire bombardement des lignes ennemies par nos artilleurs ne fait que conforter les soldats dans leur conviction de victoire. C'est un tel déluge de fer et de feu que personne ne peut y survivre.
Messe Le 24 septembre 1915, jour "N" -1, en fin d'après-midi, l'aumônier du 19e régiment d'infanterie, Ernest Keramoal dit une messe en plein-air. Son sermon très patriotique galvanise encore plus les hommes.
Vers 21 heures, le 19e RI quitte le camp des Coloniaux pour monter en première ligne. Alors qu'il faisait un temps magnifique depuis plusieurs jours, la pluie se met à tomber. Les soldats, trempés et lourdement chargés, arrivent dans la nuit et relèvent le 22e régiment d'infanterie territorial qui s'en va en deuxième ligne. Ce dernier reviendra en première ligne des que les troupes seront parties à l'assaut. Les compagnies du 19e RI sont placées dans les parallèles de départ et places d'armes dans leur ordre de départ à l'assaut.

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22 avril 2011

30 AOUT 1915 - EXPLOSION DE MINE

Le 30 aout 1915, le 3e bataillon du 19e régiment d'infanterie est en première ligne dans le secteur A.
A 5 heures 30, une mine allemande explose devant la tranchée 474. La mine produit un entonnoir de 50 mètres de diamètre, détruit la première ligne française sur quarante mètres et comble la tranchée de seconde ligne sur vingt mètres.
A la 12e compagnie, une dizaine d'hommes sont ensevelis. La section voisine se porte aussitôt dans l'entonnoir. Une partie des hommes se ruent sur la lèvre de l'entonnoir faisant face à l'ennemi et défend celle-ci à coup de grenades. Les autres recherchent activement leurs camarades ensevelis sous le violent bombardement qui a suivi l'explosion de la mine.
LARDY

 Quatre hommes ne pourront être sauvés:

 Le sous lieutenant Maurice Lardy
 Les soldats : Meven André
                   Jean Brelivet
                   Prigent Moal
                   Yves Velly

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07 avril 2011

LE CASQUE ADRIAN

C'est en cette fin aout 1915 que les soldats du 19e régiment d'infanterie vont être équipés d'une nouvelle coiffure pour remplacer leurs képis : Le casque Adrian.

Le_casque_Adrian

Face au nombre important de blessures à la tête, il avait été fourni aux soldats, en février 1915, des cervelières. La cervelière était une sorte de calotte en métal qui se portait sous le képi et qui était peu pratique et très inconfortable.
Crée par le sous intendant militaire Louis Adrian, ce nouveau casque était conçu pour protéger les soldats des projectiles qui explosaient au dessus des tranchées.

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23 mars 2011

NOUVEAU SECTEUR

Secteur_Champagne_1915

Situé au dessus de Mesnil les Hurlus, le nouveau secteur attribué au 19e régiment d'infanterie comprend les secteurs A et B et la partie gauche du secteur de S (voir carte ci-dessus). Le 118e régiment d'infanterie est à sa gauche et la 21e division d'infanterie à sa droite. Deux bataillons sont en première ligne, le troisième en seconde ligne.
Dans ce coin de Champagne, les soldats du 19e RI retrouvent la même vie qu'à Ovillers La Boisselle : garde du secteur sous le feu ennemi et travaux de terrassement. Si ce n'est que les travaux sont plus intensifs car il s'agit de préparer la future tranchée de première ligne et ses trois parallèles de départ prévues pour la future offensive, l'approfondissement, l'élargissement et le prolongement des boyaux permettant d'accéder aux futures parallèles ainsi que la construction d'abris et de deux places d'armes. Les travaux sont effectué de jour comme de nuit, le jour dans les parties cachées de la vue de l'ennemi, la nuit dans les endroits visibles.

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12 mars 2011

François MORVAN

MORVAN_Fran_ois_Phare_28_juillet_1916

Le journal "Le phare de la Loire" a publié des photos de soldats accompagnées des citations reçues. 702 portraits seront ainsi publiés entre mai 1916 et février 1917, parmi lesquels François Morvan, soldat au 19e régiment d'infanterie.

Toute information complémentaire sur ce soldat est la bienvenue.

L'intégralité de ces 702 portraits est visible sur le site des archives municipales de Nantes. C'est ici => http://www.archives.nantes.fr/PAGES/DOSSIERS_DOCS/portraits_soldats_1418_presse/intro_soldats_presse.htm

 

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16 février 2011

VITAL ALEXANDRE MARIUS DELANGLE

Delangle_Vital

Vue aérienne d'Hurtebise : Géoportail

 

Vital Alexandre Marius DELANGLE est né le 6 octobre 1883 à Charlieu dans le département de la Loire. Marié et père de 3 enfants, il est secrétaire de mairie.
Le 3 août 1914, il est mobilisé au 298e RI de Roanne. Affecté au 98e RI le 20 août 1914, il part au front. Vital Alexandre Marius Delangle est blessé le 7 octobre 1914 aux bois des Loges. Après sa période de convalescence, il est affecté au 16e RI le 11 novembre 1916 puis est versé au 19e RI en 1917 ou il est sergent major à la 7e compagnie commandée par le capitaine Nicolas.
Le 5 mai 1917, le 19e régiment d'infanterie attaque sur Hurtebise au Chemin des Dames. Le 2e bataillon a pour mission de s'emparer de l'éperon du monument et de la grotte du dragon. Les combats sont terribles. La 7e compagnie est anéantie et n'a plus un seul officier. Le 6 mai, l'offensive reprend. Le bataillon Croll du R.I.C.M rejoint le 2e bataillon du 19e RI dans son secteur et part à son tour à l'assaut de l'éperon du monument.
Le 7 mai, Vital Alexandre Marius Delangle est tué au combat dans ce secteur d'Hurtebise, victime, parmi tant d'autres, de ces journées meurtrières des 5, 6 et 7 mai 1917 ou les soldats du 19e RI, affamés et assoiffés car toute communication avec l'arrière est impossible, ont vécu des heures effroyables sous le déluge de mitraille et d'obus.

Citation Vital Delangle



Merci à Jean Marc Moltchanoff (http://www.lescahiersdhistoire.net/45eri/index.php?lng=fr) pour ses informations sur Vital Alexandre Marius Delangle.

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22 janvier 2011

FRANCOIS FICHOU

François fichou_Fran_oisFICHOU est né en 1880 à Plouha dans les Côtes d'Armor. Il n'est âgé que de huit ans lorsque son père disparait en  mer. Ensuite, la famille Fichou part sur l'île de Jersey ou François est gardien de vaches. Dispensé de service militaire comme aîné de veuve, il part vivre au Canada.
En août 1914, il est mobilisé au 47e régiment d'infanterie de Saint Malo puis passe au 19e régiment d'infanterie le 30 avril 1916 qu'il rejoint dans la région de Fère en Tardenois.
Le 28 juillet 1916 à Berry au Bac, le 19e RI subit un énorme bombardement de ses lignes en représailles des coups de main qu'il a réalisé au cours de la journée. Ce même jour, pendant que François Fichou est sous la pluie de bombes à la Côte 108 à Berry au Bac, a lieu son mariage à Plouézec. Bénéficiant de la loi du 4 avril 1915 (1), il épouse par procuration Marie Joseph Le Hégarat.
Fin octobre 1916, le 19e RI repart à Verdun dans le secteur du fort de Vaux. C'est la que François Fichou est grièvement blessé à son poste de combat, touché par des éclats d'obus au coude et à l'épaule droite. Évacué le 14 novembre 1916, il est amputé du bras droit. Il obtient la médaille militaire en 1917 avec la citation suivante :
"Très bon soldat, brave et énergique. S'est toujours fait remarquer par son entrain et sa crânerie."

Réformé définitif, il s'installe à Kerity près de Paimpol pendant quelques années avant de rejoindre la région parisienne ou il exerce le métier de garde-voie à la SNCF.

François Fichou décède le 28 mars 1940 à Mantes la jolie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à son arrière petit fils Yann Guillerm pour ses informations

 

 

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(1) Extrait de l'article 1 de la loi du 4 avril 1915 :

En temps de guerre, pour causes graves et sur autorisation du ministre de la justice et du ministre de la guerre ou du ministre de la marine, il peut être procédé à la célébration du mariage des militaires et des marins sans que le futur époux, s’il est présent sous les drapeaux, soit obligé de comparaître en personne et à la condition qu’il soit représenté par un fondé de procuration spéciale.

 

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14 janvier 2011

ARTISANAT DE TRANCHEE 3

Briquet_9788

  Deux photos d'un briquet fabriqué par un soldat envoyées par Mr Le Chatreux que je remercie.
Sur une face se trouve un profil de soldat fumant la pipe avec les dates 1914 - 1919.
Sur l'autre, un profil de femme avec les initiales A.L.

Briquet_9792




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05 janvier 2011

LE SITE INTERNET DU 219e RI

Plutôt qu'un simple chapitre de mon blog, j'ai pensé que l'histoire du 219e régiment d'infanterie méritait également son site internet. C'est pourquoi, je me suis lancé dans l'aventure et ai crée un site consacré au 219e RI pendant la première guerre mondiale.

      C'EST ICI => http://219eri.e-monsite.com/

Ce site est en cours de construction et sera alimenté au fil du temps.
Toute remarque, question, contribution sur ce nouveau site sont les bienvenues.
N'hésitez pas à me contacter => ICI <=

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24 novembre 2010

EN ROUTE VERS LA CHAMPAGNE

En prévision de la future offensive prévue en Champagne pour le mois de septembre 1915, la 3e armée britannique relève la 2e armée française dans la Somme. La 51e division britannique doit prendre la place de la 22e division (19e et 118e R.I) dans le secteur de La Boisselle.

Pour le 19e régiment d'infanterie, la relève commence la nuit du 30 juillet 1915 par le 2e bataillon qui va cantonner à Saint Gratien. Le 1er août, c'est le tour du 1er bataillon qui va à Millencourt puis rejoint le 2e bataillon à Saint Gratien le 3 août. La relève du 19e régiment d'infanterie se termine par le 3e bataillon qui se rend à Frechencourt. Pour rejoindre Frechencourt et Saint Gratien, les hommes font 25 kilomètres à pied et de nuit.

Regiment_en_marche

Dans la soirée du 4 août 1915, le 19e régiment d'infanterie quitte ses cantonnements et fait 32 kilomètres à pied pour rejoindre Merville et Rouvrel ou il arrive au petit matin.
Le soir du 5 août, départ en direction de Grandvilliers, nouvelle marche nocturne de 40 kilomètres. Épuisés par la guerre d'usure subie tout l'hiver à La Boisselle, le manque de sommeil et la pluie qui tombe rendent particulièrement pénible ces 72 kilomètres parcourus à pied en deux nuits. Nombreux sont les soldats qui ont du mal à suivre.
Le 6 août au matin, le 19e régiment d'infanterie s'installe à Grandvilliers ou il est au repos. Ce repos sera toutefois relatif car les journées sont occupées par des travaux de cantonnements, des revues d'armes mais aussi par des exercices de lancement de grenades ayant pour but d'habituer les soldats a l'utilisation de cette arme en vue de l'offensive prochaine.
Ce séjour de repos est écourté car le 16e C.A, qui tient le secteur de Mesnil les Hurlus, future zone d'attaque du 11e C.A est épuisé. De ce fait, il ne peut mener à bien les travaux de préparation du terrain des futures attaques. Le général De Castelnau décide d'envoyer le 16e C.A au repos à l'arrière et de le remplacer par le 11e C.A.
Par conséquent, le 19e régiment d'infanterie quitte Grandvilliers le 18 août et effectue, toujours à pied, les 12 kilomètres qui le sépare de Crévecoeur ou il doit s'embarquer dans des trains qui le conduiront en Champagne. Trois trains seront nécessaires pour acheminer le régiment, un par bataillon. Le premier part à 6 heures de Crévecoeur, le second à 10 heures et le dernier à 14 heures.
Le 19e régiment d'infanterie débarque à Vitry le ville, dans la Marne, le 19 août. A la nuit tombée, il se rend au Fresne sur Moivre ou il passe la journée du 20 août. Le soir, nouveau départ pour Tilloy et Bellay. Le 21 août à 20 heures, départ pour la Croix en Champagne. Le 22 août, le 2e bataillon se déplace au camp de la grande route puis au camp des Coloniaux ou il est rejoint par les deux autres bataillons le 23.
A 21 heures le 24 août, commence, sous un violent bombardement, la relève du 143e régiment d'infanterie du 16e C.A par le 19e régiment d'infanterie.

Campement_en_Champagne
Aout 1915 - Le 19e R.I dans un camp en Champagne

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