12 novembre 2012

GUERLESQUIN

Guerlesquin Monument aux mortsMonument aux morts de Guerlesquin


Guerlesquin est une commune du Finistère.
Le 2 aout 1914, beaucoup d'hommes de Guerlesquin furent mobilisés au 19e régiment d'infanterie et quittèrent familles, femmes et enfants. Certains ne revinrent jamais :
Yves Marie Le Moullec tué au combat à Maissin (Belgique) le 22 aout 1914.
Jean Marie Crom mort des suites de ses blessures en captivité au camp de Cassel (Allemagne) le 15 octobre 1914.
Jean Marie Lucas mort des suites de ses blessures à Thièpval (Somme) le 2 novembre 1914.
Pierre Marie Larvor mort de maladie à l'hospice de Bacqueville (Seine Maritime) le 6 novembre 1914.
Louis Jean Henry et Jean François Le Jeune tués au combat à Ovillers La Boisselle (Somme) le 17 décembre 1914.
Pierre Meuric mort des suites de ses blessures en captivité au lazaret du 1er régiment bavarois à Cambrai (Nord) le 20 décembre 1914.
Jean Yves Gravot mort de maladie en captivité au camp d'Ohrdruff (Allemagne) le 5 février 1915.
Jean Guillaume Marie Kerharo tué au combat à Fayet (Aisne) le 30 juin 1917.
Yves Marie Cojean mort de maladie à l'hôpital maritime de Brest (Finistère) le 22 novembre 1918.
Tous ces hommes sont inscrits sur le monument aux morts de Guerlesquin sauf Jean Guillaume Marie Kerharo qui figure sur celui de Botsorhel.

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15 octobre 2012

L'ALBUM PHOTO DE JACQUES PILVEN

Marie Claude, que je remercie, m'a fait parvenir les photographies prises par son grand oncle Jacques Pilven. Sous Lieutenant au 62e régiment d'infanterie, il sera tué au combat le 25 septembre 1915 à Tahure lors de l'offensive de Champagne.

n°81 Jacques Pilven

Ces photos, prises dans le secteur d'Ovillers La Boisselle entre mai et juillet 1915, sont très intéressantes car elles montrent les lieux occupés par le 19e régiment d'infanterie de janvier à juillet 1915.

n°2 abri de mitrailleuse,La Boisselle

n°13 tranchée de 1ère ligne avec créneaux blindés  

n°3 groupe dans tranchée de 1ère ligne

n°8 La Boisselle vue des 2èmes lignes

n°1 Jacques Pilven

Pour voir toutes les photos de l'album de Jacques Pilven cliquez ici => Album photos de Jacques Pilven

Grand merci à Marie Claude pour le partage de ces photos.

17 septembre 2012

RECHERCHES ARCHEOLOGIQUES A LA BOISSELLE (2)

Une nouvelle session de recherches archéologiques a eu lieu en mai dernier à La Boisselle. Elle a permit de mettre à jour une partie des ruines de la ferme qui se trouvait au sud du village. Appelée "L'ilot" par les français, "Granathof" par les allemands, elle fut le théâtre d'âpres combats pour les soldats des 19e et 118e RI.

L'ilot

C'est au cFrançois Marie Bideauours de ces recherches que fut retrouvé les corps de deux soldats français dont l'un n'a pas pu être identifié. Le second, identifié grâce à sa plaque d'identité est François Marie Bideau, soldat au 118e régiment d'infanterie, tué le 27 décembre 1914 au cours d'un combat à l'ilot de La Boisselle.
François Marie Bideau et son camarade ont été inhumés dans la nécropole militaire d'Albert le 28 aout 2012 en présence de la famille de François Marie Bideau.
                   


Pour plus d'informations, n'hésitez pas à consulter le site => http://www.laboisselleproject.com/fr/ et la page concernant François Marie Bideau ici => http://www.laboisselleproject.com/fr/tag/francois-marie-bideau/

23 août 2012

TUES AU COMBAT A MAISSIN LE 22 AOUT 1914

Voici la liste des soldats du 19e régiment d'infanterie tués au combat à Maissin le 22 aout 1914 recensés à ce jour soit 262 hommes. Les Cahiers du 19e RI chiffre les pertes du régiment pour ce 22 aout à 805 hommes. 805 moins 262 tués au combat donnent 543 hommes qui ont été soit blessés, soit prisonniers ou disparus.
Cette liste est non exhaustive. N'hésitez pas à me contacter pour me signaler les hommes manquants dans cette liste.

-A-

ABERNOT Joseph – ARCHAMBEAUD Hyacinthe capitaine – ARZEL Claude – ARZUR Alexandre adjudant – AUFFRET Joseph – AUFFRET Jean Baptiste –

-B-

BAHEZRE DE LANLAY Henri – BALLOT Edouard – BERGOT Alain – BERNARD Lucien – BLEIN Albert sergent – BOHU Hyacinthe sergent – BOISHARDY Louis – BONIZEC Pierre – BOTREL Pierre – BOUCHET Guillaume – BOUGEARD Louis – BOURBAO Jean Marie sergent – BOURDET Paul lieutenant – BOURDONNEC Arsène – BOUREL Jean – BRABAN Jean – BRELIVET François – BRETON Jean Marie – BURLOT Armand –

-C-

CALVARIN Olivier – CAMUS Louis – CAUZIEN Yves – CHAMBAULT Pierre caporal – CHATEAU Auguste – CLAQUIN Louis – CLEACH Pierre – CLOITRE François – COANTIEC Jean François – COATMELLEC Emmanuel – COLIN Louis – COLLET Auguste sergent – COMMAULT Joseph – CONAN Eugène sergent-fourrier – CORBIC Charles – COSNARD Louis – COUACH Jean Marie caporal-fourrier – COULM Joseph – COURTEL Louis – COZ Jean François – CREMAILH Marcel lieutenant – CREN Jacques –

-D-

DAGORN Emile caporal – DE LAAGE DE MEUX Marie Joseph chef de bataillon – DELOZANNE Edouard caporal – DELUGEARD Jean Baptiste – DENIS Jean Marie caporal – DERRIEN Alfred – DERRIEN Jean – DEVAUX Louis caporal – DILASSER Joseph – DOMALAIN Pierre –

-E-

ENTEM Théophile – EOUZAN Louis caporal –

-F-

FERLICOT Jean – FRAVAL Pierre caporal –

-G-

GAC Pierre – GALLERNE Jules – GAMBIER Marceau – GELARD Yves – GILLES Frédéric – GLORENNEC Sébastien – GOACOLOU Jean Marie – GOASDOUE Hervé sergent-fourrier – GONIDEC Yves – GOURVIL François – GUERIN Jean Louis – GUERMEUR Armand – GUERNION Joseph – GUILLEMOT Henri – GUILLERM Jean Marie – GUILLOU Jean Louis –

-H-

HARNAY Yves caporal – HASCOUET Denis – HELLIO Joseph – HERVE Jean Marie –

-J-

JEGU François – JESTIN Jean Marie -

-K-

KERDILES François – KERJEAN Ernest caporal – KERMAIDIC Joseph – KERRYELL François –

-L-

LAMIABLE Edouard lieutenant – LANGUENOU Yves – LANOE Jules – LAROCHE Edmond – LAUNAY Augustin caporal – LAURENT Valéry caporal – LAVANANT Jean Pierre – LAVIGNE Mathurin – LAVIGNE Robert sergent – LE BARS Célestin – LE BARSE Henri – LE BIHAN Charles sergent – LE BIHAN François sergent – LE BIHAN Yves – LE BON Pierre – LE BORGNE Yves – LE BOULANGER Auguste – LE CALVEZ Emile – LE CHAT Joseph -  LE COQ Pierre – LE COZ Jean caporal – LE DENMAT Léon – LE DISEZ Louis – LE DU Albert – LE DU Yves – LE DUFF Emile – LE GALL Gabriel – LE GALL Jean Marie - LE GALL Nicolas – LE GALL Paul – LE GLATIN Auguste – LE GOFF Guillaume – LE GOFF Jean Marie – LE GOFF Jules – LEGRAND François – LE GUILLOUX Bertrand – LE HELLEY Jean Marie – LE HER Jean – LE HIR Jean François – LE HIR Jean sergent – LE HIR François – LE JAN Emmanuel – LE LAY Pierre – LE LEZ Jean Yves – LE MEE Jean Marie – LE MEHAUTE Théophile – LE MENN Jean – LE MENTEC Gildas – LE MOAL Alexis – LE MOAL François – LE MORELLEC Jean caporal – LEOST Laurent – LE PAPE François – LE PELLEC Vincent – LE PORS Jacques – LE QUERREC Yves sergent – LE REUN Joseph – LE RHUN Jean Louis – LE RIBOTER Théophile – LE ROLLAND François – LEROUX François – LEROUX Jean François - LEROUX Joseph – LEROUX Joseph Marie – LEROY Pierre – LE RUN Yves – LE SAINT Pierre – LESCOB Joseph – LE SCOUR Claude – LE SECH Yves – LE SIDANER Théophile – LE VERN Mathurin – LE VERRE Jean Baptiste – LE YONCOURT Yves – LEYOU Pierre – L’HEREEC François – L’HOUR Jean Marie – LIDOU Auguste sergent – LOJOU Eugène – LORAND François – LORANT François – LOUAIL François – LOUEDEC François – LOUEDEC François Marie – LOUET Jean sergent – LOUREC Jean Louis – LOZAHIC Jacques – LUCAS François –

-M-

MADEC René – MAHE Charles sergent – MAHE Yves – MALETROIT Jean Marie – MANACH Lucien – MARHADOUR Goulven – MARMAGNANT Alfred capitaine – MARTIN Jean Baptiste – MAYER Marcel – MAZE Pierre – MAZEAS Pierre – MENEZ François – MENGUY Marcel – MERRER François – MICHEL Pierre – MILIN Léony – MONFORT Pierre – MONVOISIN Louis – MORET Marcel – MORVAN François – MORVAN Guillaume – MORVAN Jean Baptiste – MORVANNIC Pierre – MOULLEC Yves – MOYOU Yves – MOYSAN Jean Louis caporal –

-N-

NAOUR Alain – NEDELLEC Jean Marie – NICOLAS Julien – NORMAND Yves –

-O-

ODIE François – OLLIVIER Alexis

-P-

PALY Jean Marie – PAUL Jean François – PENNEC Pierre – PERON Jean Marie – PERON Pierre – PERROT François – PERSON Jean Marie – PERSON Joseph – PERTEL Joseph – PHILIPOT Jean Louis – POILVET Pierre – POLONS Pierre – POTIER Eugène – POULIQUEN Henri – POULIQUEN Jean Marie – PRAT Hyacinthe –

-Q-

QUEFFELEC Guénolé – QUEINNEC Daniel – QUENTEL Théodore caporal – QUINIOU René caporal – QUINTIN Louis – QUITTOT Mathieu –

-R-

RABET Julien – RAFFRAY Louis – RIDELLER Lucien – RIVOAL Jean Marie – RIVOALEN Arsène – ROBIN Jean Marie – ROBIN Pierre – RONVEL Jean François – ROPARS Jean Marie – ROUE Jean – ROUE Joseph sergent – ROUILLE Pierre – ROUSSEL Calixte chef de bataillon – ROUSSEL François –

-S-

SAGET Albert sous-lieutenant – SALAUN Joseph – SALLIOU Yves – SALPIN Auguste – SIBIRIL Jean Marie – SIDANER François – SIMON Yves –

-T-

TACON Joseph – TALIDEC René – THEPAULT François – THORAVAL Jean François – TREMEL Eugène –

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Les jours suivants, de nombreux soldats du 19e régiment d'infanterie décèdent des suites de leurs blessures dans des ambulances et lazarets en Belgique.

Le 23 aout 1914 à Maissin :
COULM François – ECOBICHON Pierre – GUILLOU Louis – GUILLOU Pierre – HAMEURY Yves – LAURENT Yves – LE NAOUR René – MAZE Charles sergent – MORVAN Alexis – PAILLARDON Jean Baptiste – PHILIPPE Louis –

Le 24 aout 1914 à Maissin :
BELLEC Jean François

Le 26 aout 1914 :
SALAUN Théophile (Le lieu de décès indiqué sur sa fiche du site "Mémoire des Hommes est Haussimont en Belgique. Après vérification, il n'existe pas de village répondant au nom de Haussimont en Belgique. Haussimont se trouve dans la Marne près de Lenharrée ou le 19e RI combattra début septembre 1914. Donc, soit Théophile Salaun est mort à Haussimont mais en septembre, soit il est bien décédé le 26 aout mais quelque part en Belgique.)

Le 28 aout 1914 à Libin :
BOSSARD Auguste – GESTIN Yves -

Le 29 aout 1914
A Bouillon : MARTIN Joseph –
A Libin : EVENOU François - HUGOT Charles adjudant -
A Maissin : GUYOMARD Eugène – HUON Jacques -

Le 5 septembre 1914
Au couvent des Abys à Beth : BUHOUR Arsène sergent -
A Saint Hubert : DONNIO Jean Baptiste

Le 9 septembre 1914 à Saint Hubert :
NICOLAS Pierre

Le 16 Septembre 1914 à Saint Hubert :
SEITE Paul

Le 19 septembre 1914 à Maissin :
CORNEC Joseph

Le 27 septembre à Bouillon :
GOALES Jean Pierre

Le 4 octobre 1914 à Saint Hubert :
BOCON Pierre

Deux hommes sont déclarés tués à Maissin mais la date du décès est inconnue :
FROUDE Jean François - RAULT Albert -

Le 27 octobre 1914, Jean Marie BALCON décède des suites de ses blessures à l'hôpital militaire d'Ixelles dans la banlieue de Bruxelles. Au vu de la date du décès, difficile d'afirmer que Jean Marie Balcon ai été blessé à Maissin. Il a peut être été blessé et fait prisonnier dans la Somme puis envoyé en soin à l'hôpital militaire d'Ixelles.

 

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18 juillet 2012

700 MARKS POUR UNE MITRAILLEUSE FRANCAISE

Le_Temps_31_01_1915Le Temps 31 janvier 1915

Un article paru dans le journal Le Temps du 31 janvier 1915 raconte que, pour fêter l'anniversaire de la fondation de l'empire germanique, l'empereur Guillaume II a demandé la prise de La Boisselle. Pour motiver ses troupes, il promet une récompense de 700 marks à qui rapporterait une mitrailleuse française.

- Que s'est réellement passé à La Boisselle ?

Le 18 janvier 1915, le 65e régiment d'infanterie occupe le secteur de La Boisselle, la 7e compagnie dans l'ilot, la 8e au cimetière et la 6e dans la tranchée aux arbres située un peu en arrière du cimetière. Le 2e bataillon du 65e est dans les tranchées de soutien et le reste du régiment en réserve à Albert.
Un peu après minuit, les allemands s'élancent sur l'ilot et le cimetière en silence, pas un coup de fusil ni de canon.
Pris par surprise et devant la violence de l'assaut ennemi, les 7e et 8e compagnies du 65e régiment d'infanterie se replient sur la tranchée aux arbres. L'artillerie est alertée et commence aussitôt un bombardement du village de La Boisselle.
Vers 0 heures 45, le dépôt de cheddite, destiné aux travaux de mine, qui se trouvait dans une cave de l'ilot explose.
Le général commandant le 11e Corps d'Armée ordonne de reprendre le terrain perdu. Le 19e régiment d'infanterie est alerté et se porte à Albert prêt à intervenir si besoin. Le 118e régiment d'infanterie est à Bouzincourt.
A 6 heures 55, la contre-attaque lancée par le 65e régiment d'infanterie est un succès, tous les emplacements occupés au début de la nuit précédente sont repris.

Dans sa correspondance, le commandant Viotte chef du 2e bataillon du 19e régiment d'infanterie note à la date du 18 janvier 1915 :

" Ce matin à quatre heures un ordre imprévu nous portait à la sortie Est d’Albert. Là, je m’y mettais en liaison avec le commandant du 65e et j’attendais près de lui jusqu’à 10 heures 45 un nouvel ordre, celui de rentrer à Millencourt. Dans la nuit le 65e avait relevé le 118e et le 19e et par un hasard extraordinaire les allemands avaient fait un coup de main sur la partie de La Boisselle que nous possédons. Coup de main heureux puisque des deux compagnies qui la tenaient, il ne restait plus qu’une soixantaine d’hommes, le reste, pincé.
Vous voyez la tête du haut commandement ; à vouloir s’avancer toujours et sans nécessité ont finit par perdre de vue les plus nécessaires principes de sureté. Il n’y avait aucun fil de fer en avant. Les boches ont écopé ferme naturellement dès que notre artillerie se fut mise de la partie. A 10 heures 45, au moment où je repartais tout était repris par le 65e qui sera évidement plus prudent cette nuit.
PS : On avait promis 700 marks aux allemands par mitrailleuse prise ! Ils se sont tapés. Rien. "

 


16 mai 2012

LUCIEN THOBIE

THOBY Lucien

Né le 14 septembre 1891 à Montoir de Bretagne et domicilié à Sainte Reine de Bretagne (44), Lucien Thobie fait son service militaire au 64e RI lorsque la guerre éclate. Fin septembre 1915 il est muté au 19e régiment d'infanterie, caporal à la 8e compagnie. Probablement blessé à Verdun en avril 1916, il décède des suites de ses blessures reçues au combat le 4 mai 1916 à l'hôpital complémentaire n° 11 à Orléans (45).
Orléans Carré Militaire

 

Lucien Thobie repose dans le carré militaire d'Orléans.
A noter, une erreur d'orthographe sur sa fiche "Mémoire des Hommes" et sur son registre matricule militaire (Thoby au lieu de Thobie).

Merci à Marc ( http://lessoldatsdeloireinferieure.hautetfort.com/ ) pour la photo

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09 mars 2012

PIERRE NAOUR

NAOUR Pierre

Gwendal, que je remercie, m'a fait parvenir cette carte postale de sa collection ou l'on voit trois sous officiers du 19e régiment d'infanterie. Cette photo a probablement été prise au cours du premier semestre 1915.
Cette carte a certainement été adressée à une relation commune de Pierre Naour (à droite sur la photo) et de l'auteur du texte au dos cette carte postale, Pierre Clere soldat au 118e régiment d'infanterie.
Voici le texte :
" Voici la photo de Pierre Naour. Il est sergent. C'est celui qui a une croix sous ses pieds.
Il m'a donné sa photo aujourd'hui pour vous l'envoyer et je vous ai mis quelque chose sur la lettre. Je ne sais pas si vous l'aurez et je finis ma lettre en vous embrassant de tous mon coeur et je vous dit que j'ai pas encore reçu mon colis.
                                                                        Clere Pierre
                                                                  Qui vous aime toujours
                                                        118e RI - 6e compagnie - Secteur 83   "

Toute information sur Pierre Naour, Pierre Clere et les deux hommes présents sur la photo à coté de Pierre Naour est la bienvenue. N'hésitez pas à me contacter =>ICI<=

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15 février 2012

A L'ASSAUT ! Récit d'un combattant

Fantasins se préparant à l'attaque

Le matin de l'attaque (25 septembre 1915), grande animation dans les boyaux; c'est le grand jour, et, depuis 70 heures on ne cesse de canarder les allemands.
L'heure approche, c'est pour 9 heures 15.
9 heures arrivent, le commandant passe avec toute son escorte, le génie et quelques téléphonistes suivent. Ils vont prendre leur emplacement et se mettent près de nous car la compagnie a tout les honneurs. Nous devons passer le parapet les premiers.
9 heures 10, on boit un petit coup de gnole, on fume une pipe sans s'en faire. Au préalable, chacun a mit ordre aux affaires de sa conscience et fait en son fors intérieur un dernier et bon acte de contrition. Nous sommes résignés, tels des condamnés à mort. En finir d'une manière ou de l'autre, c'est le raisonnement de tous. Assez de cette vie de tranchées. Tant pis, si l'on reste, ce sera la délivrance car il y a trop longtemps que cela dure.
9 heures 14, Baïonnette au canon ! Chargez et en avant !
D'un bond, nous sommes sur le parapet, notre capitaine en tête et fonçons sur les tranchées ennemies. Nous traversons sans trop de peine les fils de fer, pas un coup de fusil de la part des allemands. Nous arrivons dans les tranchées de première ligne ennemies et passons. L'équipe des nettoyeurs de tranchées reste pour dénicher les allemands qui s'étaient cachés dans leurs souterrains.
On arrive à la deuxième ligne juste au moment ou les allemands sortent de leurs sapes et s'apprêtent à nous recevoir. A bout portant, on les fusille. Ils lèvent les bras au ciel et crient "Kamarades !". A part quelques fanatiques qui nous tirent dessus, tous se rendent. D'ailleurs ces quelques fanatiques sont vite "nettoyés". L'entrain est superbe. Après un petit nettoyage, nous poursuivons notre course en avant. Nous voilà descendant une colline, rien d'anormal. Nous recevons quelques obus et le 75 s'en met. Il ne croyait pas que l'on irait si vite et il balayait la colline devant nous.
Maintenant nous allons grimper l'autre versant. A ce moment, nous sommes pris de biais par les mitrailleuses ennemies qui nous fauchent. Un 105 arrive et éclate tout près de moi. Je suis projeté à terre. Pas la moindre blessure, c'est étonnant, je continue. Sur le coup, je ne me ressentais de rien. Vingt mètres plus loin, mon copain, que je connais depuis 15 ans, tombe frappé d'une balle qui lui a perforé le poumon. Aussitôt, nous allons vers un trou d'obus et je lui fais son pansement.
Pendant ce temps, la compagnie s'était arrêtée et le renfort ne venait pas. Ca y est, je me voyais prisonnier ! Plus de compagnie, plus de renfort. Je regardais et ne voyais rien. J'entendais à droite et à gauche des coups de fusils allemands. Puis la fusillade s'était ralentie. J'avais la ferme conviction que nous étions "faits" comme des lapins.
La nuit arrive et, aux fusées, je cherchais à me reconnaitre. Pas moyen, c'était un méli-mélo épouvantable. Je ne me risque pas trop. Nous passons donc la deuxième journée dans notre trou continuellement sonnés par les schrapnells et les gros noirs. Je vous assure que je croyais ma dernière heure venue. La encore un "maousse" arrive tout près. A demi enterrés, on arrive a se dégager. Pendant ce temps, mon pauvre copain s'affaiblissait.
A la nuit, je regarde bien et observe nos tirs et ceux des allemands. Je me rends un peu compte de la situation. A notre droite, il y avait un boyau sonné tantôt par nous, tantôt par les allemands et c'était le seul boyau que nous pouvions prendre pour ne pas se faire voir.

tahure tranchées

La nuit arrivée, je me décide à sortir explorer le terrain. Je n'avais pas fait trois mètres qu'une décoction de fusées allemandes arrive. Une fusillade éclate, suivie bientôt d'un bombardement. Nous voilà frais encore une fois ! C'est une contre-attaque ennemie qui se passe à droite. Nous nous abritons le mieux possible avec nos sacs. Je commençais à sentir une douleur dans les reins, enfin, cela ne me gênait guère, je ne pensais qu'à changer de domicile.
La deuxième nuit se passe et le matin, au petit jour, je me décide à déguerpir coute que coute. Tant pis si l'on est "faits". Je rampe et j'écoute. J'entends une voix de blessé qui appelle au secours. Je vais vers lui et j'aperçois une pauvre silhouette à genoux dans un trou d'obus avec une figure contractée par les fatigues et angoisses de deux journées. Il était blessé à la jambe. Vite, nous échangeons nos situations. Il me dit avoir entendu le génie travailler. Je vais dans la direction indiquée. Impossible de passer, il y a des fils de fer. Je reviens donc au blessé et lui indique notre trou. Nous revenons à mon domicile après quelques minutes de recherches, car la nuit on ne s'oriente pas bien. Je n'étais donc pas plus avancé qu'au début.
Comme poussé par l'instinct, je me dirige vers le boyau suspect, bien lentement, je vous assure, et l'oreille bien tendue. J'approche et j'entends prononcer des mots. Sauvé ! Ce sont des français ! D'un bond, je suis dans la tranchée et explique mon cas. Justement se trouvait là un bon camarade d'Angers, qui, sans hésiter, vient avec moi chercher notre blessé qu'on ramène tant bien que mal au poste de secours. Quand à moi, j'avais de plus en plus mal aux reins et je fus évacué pour contusions. Comme le dépôt d'éclopés était comble, on m'évacua dans le midi.

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22 janvier 2012

HAUDAINVILLE

Haudainville de nos joursLe canal à Haudainville - 2011

En novembre et décembre 1916, le 19e régiment d'infanterie occupe le secteur du fort de Vaux et du bois Fumin. Pendant ces deux mois, lorsqu'il n'est pas dans les tranchées de première ligne, le 19e RI va au repos à Haudainville, village tout proche de Verdun. Les hommes sont logés dans des péniches amarrées sur le canal latéral à la Meuse à 1500 mètres au sud-ouest du village.
" D'une façon générale, nous préférions ce cantonnement de marins au cantonnement d'Haudainville ou grouillait tout un peuple de trains de combat, de cuisines roulantes, d'équipages d'artillerie qui se mouvaient très difficilement dans une boue gluante et sans cesse pétrie. Les paillasses, ici, étaient moins habitées et la proximité de l'eau permettait de se nettoyer. "
                                                                  Joseph Cadiou - Les Cahiers du 19e RI

Haudainville PénichesPéniches à Haudainville - 1916

Non loin du canal, sur la route menant au village, se trouve la petite nécropole d'Haudainville.

Haudainville NécropoleNécropole militaire d'Haudainville

Deux officiers du 19e régiment d'infanterie y reposent, le capitaine Marius Lavie et le sous-lieutenant Emile Poisson, tous deux tués au combat le 2 novembre 1916.

Capitaine Marius Lavie                         Sous-lieutenant Emile Poisson

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12 décembre 2011

YVES CORENTIN MARIE LE GUEN

Né le 26 octobre 1882 à Plouvorn (Finistère), Yves Corentin Marie LE GUEN est soldat de 2e classe au 19e régiment d'infanterie. Le dimanche 3 octobre 1915, le régiment occupe les tranchées face à la Brosse à dents dans le secteur de Tahure. Le bombardement ennemi est intense toute la journée. Victime d'un obus tombé sur son abri, Yves Corentin Le Guen meurt asphyxié.
Dans une lettre parue dans le livre " La dernière lettre écrite par des soldats tombés au champ d'honneur 1914-1918", le frère d'Yves, Jean Marie annonce la triste nouvelle à sa mère.

                                                        En campagne le 7 octobre 1915

                                       Ma chère mère

   Vous savez sans doute maintenant la triste nouvelle, puisque j'avais écrit à Tonton Louis pour lui demander d'aller vous annoncer cette nouvelle, qui a du vous fendre le coeur à tous. J'ai trouvé qu'il valait mieux ainsi que de vous écrire directement, vous auriez ainsi du moins quelqu'un pour partager votre douleur, et la douleur partagée en commun se supporte plus facilement. Mon pauvre frère a été tué dimanche 3 octobre. La veille, j'avais eu de ses nouvelles par un camarade qui lui avait parlé et il était toujours solide et confiant.
   Dimanche au soir, on est venu m'avertir qu'il avait été blessé grièvement. Je suis parti aussitôt pour aller le voir, mais en route on m'a appris qu'il avait été tué sur le coup. C'est Marc Gorrec, de Coat Crenn, qui se trouvait à ses cotés, qui m'a donné les détails de sa mort. Un autre camarade et lui s'étaient creusés un gourbi pour pouvoir se mettre à l'abri et se reposer un peu, et il y avait à peine une demi-heure qu'ils s'y étaient étendus qu'un obus est tombé en plein sur l'abri et les a ensevelis. Marc et les autres camarades qui se trouvaient à coté se sont empressés de les dégager, mais, dix minutes plus tard, quand ils ont réussi à les dégager, il était trop tard, ils étaient mort asphyxiés. Yves était couché sur le coté, les bras croisés sur sa poitrine, les yeux fermés, sans aucune blessure et nullement défiguré. Ils avaient été surpris dans leur sommeil et avaient été étouffés sur le coup. Il est du moins mort sans souffrir et n'aura pas eu le sort de beaucoup d'autres qui, blessés, ont du rester trois ou quatre jours sur le champ de bataille et mourir ensuite. Quand je suis arrivé là-bas, il était déjà enterré dans une tombe, tout seul, et non comme beaucoup d'autres qui sont enterrés dans le même trou. J'ai fait faire une croix sur laquelle j'ai fait inscrire son nom, sa compagnie, son régiment et la date de sa mort, d'un côté, en peinture et, de l'autre côté, son nom gravé avec une pointe rougie au feu. Il est enterré dans un petit ravin, à deux kilomètres environ au nord de Perthes, à droite de la route qui va de Perthes à Tahure. Prenez bien note de ces renseignements: vous pourrez ainsi le retrouver si je ne revenais pas moi-même et faire transporter son corps pour qu'il repose au milieu de la famille. Faites dire un grand service pour lui sans attendre que l'acte de décès vous arrive, car cela pourrait mettre du temps, surtout maintenant qu'il y en aura tant à établir. Ce n'est pas qu'il ait besoin de prières, car il est tombé un jour de victoire en faisant son devoir et il repose dans une terre reconquise aux Allemands par son régiment, et ou ils ne mettront plus jamais les pieds, et l'aumônier nous a répété bien des fois qu'il n'y a aucun doute à avoir sur le salut de ceux qui tombent en faisant leur devoir.
   A qui donc serait' il, le paradis, sinon à ceux là? Mais, et c'est surtout ce que je tiens à dire à mes frères et à mes soeurs, nous ne pourront jamais assez faire pour honorer la mémoire de celui qui nous a gagné du pain et qui était si bon pour nous. Je voudrais que des maintenant vous fassiez faire une belle tombe ou du moins une belle croix en sa mémoire parmi la famille ou on pourra le mettre un jour. J'ai reçu hier une carte de Tonton Jean qui me donnait sa nouvelle adresse. Je lui ai écrit aussitôt pour lui annoncer à lui aussi la triste nouvelle. Il trouvera cela bien dur aussi, car, comme moi, il est là-bas tout seul sans personne pour partager sa peine. Vous aussi vous aurez ce coup-là bien dur et rien ne pourra jamais vous consoler de la perte que nous venons de faire. Il nous reste cependant à tous une consolation, c'est de penser qu'il pourra un jour, quand cette terrible guerre sera finie, dormir son dernier sommeil au pays natal et que sur sa tombe nous pourrons aller lui dire que nous ne l'oublierons jamais. C'est la volonté de Dieu qui l'a rappelé à lui. Du haut du ciel, il prie maintenant pour ceux qui était sur la terre l'objet de ses préoccupations et pour ses camarades qui combattent toujours, car se sont les vivants qui ont besoin de prières. Priez pour nous tous et pour que cette terrible guerre finisse un jour.

                                                Votre fils dévoué qui vous embrasse pour lui et son frère
                                                                            Jean Marie

Jean Marie LE GUEN décédera des suites de ses blessures au Feld Lazaret de Fieulaine dans l'Aisne le 12 septembre 1918. Il était caporal au 123e régiment d'infanterie.

Marc GORREC, qui se trouvait au coté de Yves LE GUEN, trouvera la mort quelques jours après, le 7 octobre 1915 dans les combats pour la prise de Tahure.

 

 

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