26 mai 2007

LA BATAILLE DE LA MARNE-LENHARREE

 

bat_marne_1914

Le   11ème Corps d'Armée doit s'établir défensivement de Morains le petit à Lenharrée, pour barrer à l'ennemi les routes venant de Chalons et de Vertus.
Le 6 septembre 1914, sur les ordres du général EYDOUX, la 22ème Division prends ses positions. La 44 ème brigade (19e RI et 118e RI) tient le front de Normée exclus à Lenharrée inclus. La 43 ème brigade (62e RI et 116e RI) couvre le flanc droit.
Le lieutenant colonel MAGNAN, qui vient de prendre le commandement du 19 ème régiment d'infanterie, place les 1er et 3ème bataillons avec deux sections de mitrailleuses en avant du village de Lenharrée. La 7ème compagnie s'installe dans le cimetière et sert de liaison entre les deux bataillons. Le reste du régiment s'établit en réserve derrière le remblai de la voie ferrée. Le 118e RI se positionne dans les bois au sud de Normée.

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Coll B. GarandeauA gauche, les positions des régiments : les rectangles noirs représentent les régiments allemands, les blanc les français.
Source :R. Vilatte- Foch à la marne

 

 

Photo de droite : Patte d'épaule portée par les soldats allemands de l'IR 177. C'est ce régiment qui faisait face au 19e régiment d'infanterie. Source : Collection Bertand Garandeau

 

Les différentes unités sont en place vers 10 h. Sous une chaleur étouffante, les heures passent, angoissantes. Vers 14 h, une attaque de 150 cavaliers Allemands est repoussée.

bat_marne

En conséquence des ordres du général FOCH, qui ordonne, pour la journée du 7 septembre, au 11ème corps d'armée de maintenir ses positions et d'attaquer l'ennemi, le général EYDOUX donne les ordres suivants :   
        " Avec l'appui de l'artillerie, la 21ème division d'infanterie s'efforcera de reprendre Morains le petit-Ecury-Normée.
La 22ème division d'infanterie appuiera l'attaque de la 21ème division et tiendra solidement Lenharrée."
Or, des le matin, les Allemands attaquent, empêchant l'action offensive du 11ème corps d'armée.
A Lenharrée, le bombardement est très intense, les combats sont violents. Malgré plusieurs assauts ennemis, le 19ème Régiment d'Infanterie se maintient, non sans de fortes pertes. Les tirs des 75 Français ont permis a deux reprises de repousser les assauts Allemands. A aucun moment de la journée, ceux ci ne pénétreront dans le village de LENHARREE.
Vers 19 heures, le 19e R.I. reçoit un message du général PAMBET, commandant la 22ème division :
"J'adresse toutes mes félicitations au 19e RI pour sa glorieuse conduite. Je mets à votre disposition un bataillon du 62e R.I. et un bataillon du 116e R.I. Toute la ligne passera à l'offensive le 8 à 4 heures du matin."
Le colonel MAGNAN ordonne aux bataillons des 62e et 116e R.I. de relever les unités du 19ème RI en avant de Lenharrée. Le 19ème régiment d'infanterie se reforme le long de la voie ferrée pour prendre un repos bien mérité avant de repartir à l'attaque prévue à 4 heures du matin.
Mais cette offensive n'eut pas lieu car, vers 3h30 le 8 septembre, les Allemands déclenchent un bombardement intense sur Lenharrée et passent à l'attaque. Ils prennent le village et parviennent à la voie ferrée ou se trouve le régiment. Après de furieux combats, le 19e RI, comme le reste de la 22ème division d'infanterie, se replie sur Fere Champenoise et Connantray. Rejoint par la 18e division d'infanterie qui arrive en renfort, le 11e C.A livre de durs combats sur le plateau d'Oeuvy ou il subit de fortes pertes, puis se replie sur Corroy, Gourgançon, Semoine.
Le 9 septembre, la 22ème D.I. suit le mouvement de la 18e D.I. en direction de Montépreux. La 44ème brigade (19e et 118e R.I.) occupe le secteur de Haussimont, Sommesous ou elle livre des combats avec l'arrière garde de l'armée Allemande.
Le 10 septembre, la 22e D.I. se porte à Breuvery sur Coole et Nuisement sur Coole.
Le 12 septembre, elle traverse Chalons en Champagne, Saint Etienne au Temple et Fontenelle ou le 19e régiment d'infanterie bivouaque le soir.
Le 13 septembre, le 19e R.I. passe par la ferme des Vacques et cantonne à la côte 165 au nord de Suippes.
Le 14 septembre, le régiment se porte à Sillery ou, avec la division Marocaine, il prend position près du fort de la Pompelle.
Le 21 septembre, se trouvant à Rilly, le 19ème régiment d'infanterie prends connaissance de l'ordre d'évacuation du 11ème C.A., dont il fait partie. Le 11ème C.A. est rattaché à la 2éme Armée du général de Castelnau. Le régiment rejoint Compiègne à marche forcée ou il est embarqué, le 22 septembre, en chemin de fer pour Amiens dans la Somme.


20 mai 2007

LES PERTES DU 19ème REGIMENT D'INFANTERIE

Extrait des cahiers du 19e RI.

Les pertes du 19e étaient lourdes.
D'après les renseignements recueillis auprès des commandants d'unité survivants, on arrive aux chiffres de 14 officiers, 38 sous-officiers, 753 caporaux et soldats, tués, blessés ou disparus.
7 officiers étaient tués : Les chefs de bataillon ROUSSEL et DE LAAGE ; les capitaine MARMAGNAN, ARCHAMBEAUD ; les lieutenant CREMAILH, BOURDET et SAGET.
On doit admettre que le nombre de camarades qui reposent aujourd'hui à MAISSIN doit être de 250 à 300 environ. Ils dorment maintenant leur dernier sommeil dans deux grands cimetières regroupés depuis la guerre et pieusement entretenus par nos amis Belges.

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01 mai 2007

LA RETRAITE - 29 aout au 5 septembre 1914

Fin août, le 11ème corps d'armée, dont fait partie le 19ème régiment d'infanterie, est affecté à la 9ème armée du général FOCH. La 9ème armée comprends le 9ème corps, le 11ème corps, la 42ème division et les 52ème et 60ème division de réserve.

Le 29 août, le 19e R.I entame la retraite par Chemery, Vendresse et s'arrête le soir aux environs de Marquigny, Louvergny.
Le 30 août, Tourteron, Ecordal, Attigny.
Le 31 août, la retraite continue par Coulomme, Pauvres, Leffincourt ou le 19e RI reçoit ses premiers renforts.
Le 1er septembre, Machault, Saint Etienne à Arnes, Saint Pierre à Arnes, Saint Hilaire le petit.
Le 2 septembre, Moronvilliers, Prosnes.
Le 3 septembre, toujours vers le sud, Livry, Louvergny, cantonnement dans la région de Juvigny sur Marne, La Veuve, Les Grandes Loges.
Le 5 septembre, Vatry, puis bivouac dans les bois du camp de Mailly.
Ces sept jours de marches furent très pénibles. L'armée Allemande est sur leurs talons. Les soldats sont épuisés, mal nourris, la dysenterie fait des ravages.

Le 6 septembre, on communique aux troupes la proclamation du général JOFFRE :

Ordre à toutes les armées

  " Au moment où s'engage une bataille dont dépends le salut du pays, il importe de rappeler à tous que le moment n'est plus de regarder en arrière. Tous les efforts doivent être employés pour attaquer et refouler l'ennemi.
   Une troupe qui ne peut plus avancer devra coûte que coûte garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que reculer."

C'est la bataille de la Marne qui va débuter.

21 avril 2007

SEDAN

Le 24 août 1914, la 22ème division quitte Bouillon, passe a Corbion, Fleigneux pour se rendre à Sedan. Tandis que l'état major de la 44ème brigade et le 118ème R.I s'installent a Fresnois, le 19ème régiment d'infanterie cantonne dans un quartier de Sedan, Torcy.
La nouvelle mission du 11ème corps d'armée est d'interdire à l'ennemi les passages de la Meuse de Nouvion inclus a Remilly exclu.
Le 19e R.I s'organise défensivement a Torcy. Des barricades sont élevées, des tranchées sont creusées, l'accès des ponts est barré. Les hommes sont disséminés dans les tranchées, derrière les haies, les murs, dans les jardins, etc, et surveillent les rues, avenues et ponts. Des patrouilles sont envoyées en reconnaissance dans les rues.
Toute la journée du 25 août, les soldats du 19ème R.I vont repousser les nombreuses tentavives Allemandes de conquérir Torcy et les ponts pour franchir la Meuse.
Le 26 août, prévenu par des éclaireurs que les Allemands avaient passés la Meuse à Iges et risquaient de les prendre à revers, le 19ème R.I se replie a La Marfée ou il retrouve le reste de la 22ème division.
Pendant les journées des 27 et 28 août, la 22ème division livre de dur combats à Noyers, Chaumont, la ferme Saint Quentin, dans le bois de La Marfée.

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10 avril 2007

APRES LES COMBATS

Des le 24 août, les Allemands réquisitionnent tous les hommes valides de Maissin et des alentours pour enterrer les morts.
3 cimetières seront crée pour cela:
   - N° 1 : route de Transinne
   -N° 2 : près du bois Bolet
   -N° 3 : au Shiphoux
Des fosses sont creusées ou sont inhumés les morts par 20, 30 voir 40. Ont leur avaient auparavant enlevé toutes leurs pièces d'identités et bijoux (montres, bagues, portefeuilles, plaques d'identités militaires, etc...) Cela a duré 8 jours.

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En 1957, les cimetières de la route de Transinne et du bois Bolet furent supprimés et tous les corps sont rapatriés au cimetière du Siphoux a Maissin. Les soldats Français reposent dans deux fosses communes renfermant respectivement 1542 et 1459 corps qui ne purent êtres identifiés à cause de l'absence de toute pièce d'identités.

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Les 960 soldats Français qui purent être identifiés reposent dans des tombes individuelles.

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Dans ce cimetière reposent aussi 856 soldats Allemands tous identifiés, les autres victimes Allemandes auraient, d'après les dires, été soit évacués, soit incinérés.

Pour les blessés, un immense lazareth a été crée dans un champs sur la route de Transinne, face au cimetière N°1. Des milliers de blessés Français et Allemands ont été soigné dans ce lazareth.
De nombreux blessés des deux camps furent évacués et soignés dans les villages voisins de Maissin (Opont, Redu, Transinne, Libin , Saint Hubert, etc...).

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07 avril 2007

LE BILAN

Maissin est dévasté.
Plus de 70 maisons ont été incendiées, les 25 maisons restantes sont gravement endommagées.
Le bétail est décimé, les récoltes ravagées.
10 habitants de Maissin ont trouvé la mort au cours de cette bataille, dont certains fusillés par les Allemands.
Partout, a perte de vue, des morts, des blessés Français et Allemands gisent sur le champs de bataille.
Coté Français, les pertes se montent a 99 officiers et 4085 sous officiers et soldats.
Les Allemands ont perdus 95 officiers et 3581 sous officiers et soldats.

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27 mars 2007

LE 19ème REGIMENT D'INFANTERIE A TRAVERS L'HISTOIRE

" Cet ouvrage, préfacé par M le Général Marc ALBERT, écrit par Pierre MASSE, imprimé par Louis BOCLE, tous trois Anciens du 19e, a été édité pour tenter de sauver de l'oubli l'histoire glorieuse de leur Régiment, et pour honorer, au nom de l'amicale des Anciens Combattants du 19e, l'immortelle Mémoire de tous ses Héros disparus."

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Paru en 1928, Pierre Massé a écrit ce livre a partir de divers documents qu'il avait réunit, dans le but de retracer les grandes lignes de l'histoire du 19e RI de 1597 à 1923.
L'épopée du 19ème régiment d'infanterie pendant la 1ère guerre mondiale fait l'objet d'une vingtaine de pages de ce livre tiré a 1000 exemplaires.

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26 mars 2007

LE DRAPEAU DU 19e REGIMENT D'INFANTERIE

drapeau

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23 mars 2007

LA 1ere SECTION DE LA 3ème COMPAGNIE

La 1ère section de la 3ème compagnie, commandée par le lieutenant JOUNET, qui avait reçu l'ordre, par le colonel CHAPES, de défendre les abords de la gare de MAISSIN, ne put être informée du retrait du régiment, faute de liaison.
Le 23 aout 1914, vers 10 heures 30, encerclée par les Allemands et ayant épuisé toutes ses munitions, la 1ère section de la 3ème compagnie du 19 ème régiment d'infanterie tenta de s'enfuir en emmenant les blessés, mais il furent tous fait prisonniers et faillirent être passé par les armes dans un champ au dessus de la gare.

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21 mars 2007

LE CAPITAINE ARCHAMBEAUD

ARCHAMBEAUD

Georges Hyacinthe ARCHAMBEAUD est né le 11 février 1876 à Saint Pierre sur l'ile de la Réunion.
Elève a Saint Cyr, il fait partie de la promotion Bourbaki. Il est sous lieutenant en 1899. Il est promu lieutenant au 155e R.I à Verdun en 1901. En 1904, il passe au 124e R.I de Laval. Nommé au 41e R.I de Rennes en 1910, il est promu capitaine au 19ème régiment d'infanterie de Brest le 28 juin 1913. Il commande la 4ème compagnie.
Le 22 août 1914, à la bataille de Maissin, le capitaine ARCHAMBEAUD est tué en participant, à la tete de sa compagnie, a l'assaut du village Belge de MAISSIN. Il a reçu une citation :

   " A conduit brillamment sa compagnie à l'attaque d'un village le 22 août 1914, a été mortellement frappé au moment ou il abordait l'ennemi à la baïonnette. "

Merci à son arrière petit fils Matthieu ARCHAMBEAUD pour ses informations.

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(Source: Mémoire des hommes)

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