21 septembre 2009

VISITE DES VILLAGES DISPARUS DU CAMP DE SUIPPES

Tous les deux ans, les autorités militaires ouvre au public les portes du camp militaire de Suippes dans la Marne. A l'intérieur de ce camp subsiste les vestiges de cinq villages, Mesnil les Hurlus, Hurlus, Perthes les Hurlus, Tahure et Ripont. Ces cinq villages furent complément détruit pendant la 1ere guerre mondiale et n'ont jamais été reconstruit.
Le 19e régiment d'infanterie a occupé ce secteur d'août 1915 à février 1916. Beaucoup d'hommes y ont laissé la vie, notamment lors de l'offensive du 25 septembre 1915, et certains y reposent encore, leurs corps n'ayant jamais été retrouvés...

Mesnil_les_Hurlus
Mesnil les Hurlus

Hurlus
Hurlus

Tahure
Autel de l'église de Tahure retrouvé en 1980 lors de travaux.

Pour en savoir plus sur ces villages disparus http://www.crdp-reims.fr/memoire/lieux/1GM_CA/villages_detruits/menu.htm

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03 septembre 2009

TABLEAU D'HONNEUR 1914 - 1918

Tableau_d_HonneurSur le site de la bibliothèque nationale de France http://gallica.bnf.fr/ se trouve un livre paru aux éditions La Fare en 1921 : "Tableau d'honneur 1914 - 1918".
Dans cet ouvrage, une liste impressionnante de soldats mort pour la France au cours de la 1ère guerre mondiale parmi lesquels j'ai retrouvé quelques hommes du 19e régiment d'infanterie.
Pour certains, le livre donne juste les noms, prénoms, grade, régiment, décoration et date du décés. Pour d'autres ces renseignements sont complété par le texte de la citation obtenue. Je vous livre le texte tel qu'il est dans le livre malgré les quelques petites erreurs qui y figure.
En voici la liste :

Pierre ANSART DU FIESNET
- Sergent au 19e d'infanterie. Disparu le 6 octobre 1914.

Augustin BREART DE BOISANGER
- Lieutenant au 19e d'infanterie. Légion d'honneur à titre posthume. Croix de guerre avec palmes.
Citation : Brave entre les braves; toujours en première ligne avec ses hommes, qui avaient pour lui un véritable culte. Blessé en tête de sa compagnie, le 17 décembre 1914, au combat d'Ovillers La Boisselle, répondait à ses camarades qui le pressaient de se laisser évacuer : "Un de Boisanger n'abandonne pas ses bretons." Tombé glorieusement quelques instants après.

Jean Jacques Etienne DU CREST
- Chef de bataillon au 19e d'infanterie. Légion d'honneur.
Blessé grièvement le 25 août 1914, succomba à ses blessures le 27 suivant à Sedan.

René DE FONTAINE DE RESBECQ
- Officier au 19e d'infanterie. Légion d'honneur et croix de guerre.
Mort des suites de ses blessures, le 28 décembre 1915.

Joseph DE LAAGE DE MEUX
- Chef de bataillon au 19e d'infanterie. Légion d'honneur et croix de guerre avec palme.
Ayant reçu, en aout 1914, à Maissin-PaliseulMaissin-PaliseulMaissin-PaliseulMaissin-Paliseul (Belgique), l'ordre de s'emparer d'une hauteur que dominait un moulin, il n'hésita pas, sous une pluie de mitraille, à se porter en avant pour entraîner ses hommes dans une charge à la baïonnette, contre un ennemi bien supérieur en nombre : une balle reçue en plein coeur l'arrêta brusquement dans cet acte d'héroïsme. Son corps fut enterré non loin de là, dans un jardin dépendant de la ferme des Bruyères.
Citation : Avec le plus grand mépris du danger, a enlevé brillamment son bataillon à l'attaque d'un moulin le 22 août 1914 : est tombé glorieusement au moment ou il enlevait la position.

René DE SAINT LAURENT
- Lieutenant au 19e d'infanterie. Croix de guerre.
Tué le 27 aout 1914, à l'assaut de La Marfée.

Paul WALWEINWALWEIN TAYLOR, baron
- Colonel du 19e d'infanterie. Légion d'honneur, croix de guerre avec palme, croix de guerre belge, ordre de Danebrog et Saint Olaf.
Blessé et disparu le 27 mai 1918 au Chemin des Dames.
Parti à la mobilisation comme chef d'escadron au 13e Hussards, il avait été blessé une première fois, en 1914, à la tête de ses escadrons. Nommé attaché militaire au Danemark et Norvège en 1915, il avait sollicité et obtenu, en 1916, son rappel en France et un commandement d'infanterie.
Citation : Officier supérieur de tout premier ordre, joignant à une expérience consommée du combat les plus belles qualités de courage, de sang-froid et d'abnégation ; a su faire de son régiment une unité de choc remarquable, qu'il a commandé pendant 14 mois. Le 27 mai 1918, au Chemin des Dames, après avoir résisté avec acharnement sur les positions prescrites, a passé au travers des groupes ennemis qui le cernaient dans son poste de commandement, et ralliant quelques débris de son régiment, a organisé lui-même un nouveau centre de résistance qui infligea à l'adversaire de lourdes pertes. Cerné à nouveau et sommé de se rendre, s'écria: "Prisonnier, jamais ! " et tomba mortellement frappé en essayant de résister jusqu'au bout.

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23 août 2009

LE COMMANDANT DU CREST

 

du CREST Jean Jacques Etienne

Né le 27 mars 1863 à Bourbon Lancy (71) Jean Jacques Etienne DU CREST est élève à l'école spéciale militaire de Saint Cyr de 1884 à 1886, promotion de Fou Tchéou.
Nommé sous lieutenant au 41e régiment d'infanterie de Rennes le 1er septembre 1886, il passe au 116e régiment d'infanterie de Vannes le 25 septembre 1890 avec le grade de lieutenant. En 1897, il est promu capitaine. Après un bref passage de 2 mois au 118e régiment d'infanterie de Quimper, il passe au 137e régiment d'infanterie de Fontenay le Comte le 26 mai 1897. C'est dans ce régiment que Jean Jacques Etienne DU CREST effectuera la plus grande partie de sa carrière, 16 ans. Il est promu capitaine adjudant major le 16 janvier 1907 et reçoit la légion d'honneur en 1910.
Fin septembre 1913, nouvelle promotion, il devient chef de bataillon et est muté au 19e régiment d'infanterie de Brest ou il prend le commandement du 1er bataillon à la tête duquel il participera à la terrible bataille de Maissin le 22 août 1914.
Quelques jours plus tard, dans le cadre de la mission du 11e Corps d'Armée qui est d'empêcher les allemands de passer la Meuse, le 19e régiment d'infanterie défend les ponts de Sedan. Au cours de cette mission que le chef de bataillon Jean Jacques Etienne DU CREST sera grièvement blessé le 26 août 1914. Transporté à l'ambulance Pajot, il succombera à ses blessures le lendemain.
Pour son action au cours de ces combats de Sedan, Jean Jacques Etienne DU CREST sera cité à l'ordre de l'armée :
" Chargé de la défense de ponts, le 25 août, a maintenu jusqu'au dernier moment son bataillon sous un feu meurtrier. Est tombé mortellement atteint au ventre au cours de l'action. "
Jean Jacques Etienne DU CREST repose dans la nécropole nationale de Sedan - Torcy.
DuCrestDu_Crest_MDH

 

 

 

 

 

Merci à Mr Desplanches pour ses renseignements et la photo du commandant DU CREST.

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03 juillet 2009

VAUX - 1er au 9 novembre 1916

Le 28 octobre 1916, le général Nivelle décide de reprendre l'attaque du fort de Vaux. Dès le lendemain, il commence la relève des divisions d'attaque et renforce le nouveau front.
La 44e Brigade (19e et 118e RI), sous le commandement du général De Lavillèon, est envoyée en renfort des troupes épuisées par plusieurs jours de lutte et est mise à la disposition du général Andlauer, commandant la 63e division d'infanterie.
Cantonné à Haudainville, sur des péniches amarrées sur le canal de la Meuse, le 19e régiment d'infanterie reçoit l'ordre de départ pour les premières lignes le 30 octobre. Il va relever le 305e régiment d'infanterie dans le sous-secteur du bois Fumin dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1916. Dès 3 heures du matin, le colonel De Chaunac De Lanzac (commandant le 19e RI), les commandants Lesdos (1er bataillon), Bosquet (2ème bataillon) et L'Helgoualc'h (3ème bataillon) quittent Haudainville pour reconnaître le secteur attribué au régiment ou ils arrivent au lever du jour. Après une visite du secteur, le colonel Duplat, commandant le 305e RI, leurs laissent les consignes. Le 19e RI quitte Haudainville après 16 heures pour rejoindre ses chefs au bois Fumin. Les compagnies se suivent à 1/4 heure d'intervalle. Itinéraire: Haudainville, Faubourg Pavé, Cabaret, Boyau et piste de l'étang. Les hommes sont lourdement chargés : en plus de l'équipement et des cartouchières, chaque homme porte un masque à gaz, une musette avec les biscuits et vivres de réserve, une autre musette avec les grenades, un bidon de 2 litres plein de vin, la couverture roulée dans la toile de tente, en bandoulière et l'outil au ceinturon. La marche se fait sous une pluie battante. La nuit est tombée lorsque le 19e RI arrive à la batterie de l'Hôpital ou l'attendent les guides du 305e RI. Le régiment repart, la marche est pénible tant le sol est bouleversé par les cratères d'obus, beaucoup d'hommes tombent dans la boue, d'autres s'égarent, les guides se trompent et le canon tonne...
La relève se termine le 1er novembre. Dans ce sous-secteur du bois Fumin, le 1er bataillon (commandant Lesdos) s'installe à droite, à gauche, le 2ème bataillon (commandant Bosquet) tandis que le 3ème bataillon (commandant L'Helgoualc'h) se positionne aux tranchées de Trébizonde et Curtenaz en réserve de division d'infanterie. Le 19e régiment d'infanterie est encadré à droite par le 118e régiment d'infanterie et à gauche par le 82e régiment d'infanterie.

Vaux__01_11_1916
Secteur du 19e RI le 1er novembre 1916

Du 28 octobre au 2 novembre a lieu la préparation par l'artillerie française de l'attaque du fort de Vaux. C'est un tir continu d'obus de 155 et de 220 sur le fort et ses environs. Et l'ennemi riposte, marmitage et pilonnage des lignes françaises à coups d'obus de 210. C'est un ouragan de feu, un vacarme épouvantable. Les hommes ne peuvent s'abriter car les tranchées de première ligne sont bouleversée par les bombardements. Ils se terrent dans les trous d'obus. Le ravitaillement en nourriture est impossible.

Témoignage du commandant Bosquet (Chef du 2ème bataillon du 19e RI) 1er novembre 1916
"La ligne ennemie se trouve à 100, 150 mètres devant nos lignes et à peu près parallèlement. L'ennemi, qui se préparait à sortir de ses tranchées vers 17 heures, a été obligé d'y rentrer à cause des tirs de nos 75 et de nos mitrailleuses. Une contre-attaque, qui avait été préparée pour rectifier notre front, n'a pu être déclenchée par suite d'un tir de 210 en avant de la crête et du feu des mitrailleuses ennemies. De 8 heures à 18 heures, le barrage est tellement intense et profond qu'aucun agent de liaison ne serait arrivé au P.C du colonel. Les liaisons optiques ne peuvent fonctionner à cause du nuage de fumée épaisse dégagée par les obus. Le téléphone a été mis en miettes tout de suite."

Pour cette journée du 1er novembre 1916, les pertes du 19e régiment d'infanterie sont:
- 1er bataillon : 21 tués et 50 blessés.
- 2 ème bataillon : 4 tués, 29 blessés et 4 disparus.
- 3ème bataillon : 4 tués, 2 blessés et 1 disparu.
Les bombardements des deux adversaires n'ont pas cessé de la nuit et continuent de plus belle toute la journée du 2.
Le 2 novembre, le 19e régiment d'infanterie reçoit l'ordre de porter ses lignes en avant et de réduire la hernie à la hauteur de la tranchée de Gotha. Il faut attendre la tombée de la nuit car tout mouvement de jour est impossible à cause des mitrailleuses ennemies. La mission est accomplie par la 6e compagnie qui, vers 18 heures 15, occupait l'abri 4296 qui gênait particulièrement toute progression, ainsi que l'ouvrage 4398.
Ce même 2 novembre 1916, vers 17 heures, était capté un message allemand qui disait que le fort de Vaux était évacué. Pour vérifier ce fait, l'état-major de la 63e DI décide d'envoyer deux reconnaissances de une compagnie chacune.
Une compagnie du 118e RI est envoyée en reconnaissance au fort de Vaux, accompagnée d'un groupe de soldats du 298e RI commandés par le lieutenant Diot. Ils trouveront le fort vide de ses occupants et, conformément aux ordres reçus, s'y installent pour la nuit.
Une compagnie du 19e RI est envoyée en reconnaissance aux abris 144 et 4595 qu'ils trouvent également abandonnés et suivant les ordres, s'y installent pour la nuit.
L'ordre d'opération de la
63e DI pour la journée du 3 novembre ordonne d'organiser une nouvelle position sur les pentes Est et Nord du fort de Vaux. Il faut porter la première ligne sur les retranchements 5190 et 5493, cote 307, 5395, 398 et 399, tranchée Glogau, cote 350 et 249, tranchée Serajevo, point 4696, boyau de Warnia, retranchement 4498, carrière W et abri 4299.

Vaux
Secteur Est et Nord du fort de Vaux

Pour sa part, la mission du 19e RI est la suivante :
Le bataillon de droite doit se porter sur 249, la tranchée de Sarejevo, le boyau de Warnia et le retranchement 4497.
Le bataillon de gauche se portera sur la carrière W et le ligne W ainsi que l'abri 4299.
Ce mouvement vers l'avant doit se faire en liaison avec le 82e RI.
Le 19e RI ne pourra atteindre ses objectifs que le soir du 4 novembre car le 82e RI qui couvre le flanc gauche du 19e RI est bloqué sur place par des tirs ennemis. Si le 19e RI avance trop vite, il découvre son flanc et risque de se faire prendre à revers.
Le 5 novembre, le 19e régiment d'infanterie porte ses premières lignes jusqu'à la tranchée Glogau, le boyau de Vaux jusqu'à la lisière Sud du village de Vaux et rétablit la liaison avec le 82e RI qui occupe le village.
Ces derniers jours ont été très dur. Au deuxième bataillon du 19e RI, on compte approximativement 40 à 50 tués et blessés par compagnies. Ces pertes sont essentiellement dues au bombardement intensif de l'ennemi.
En 5 jours, le 19e RI a progressé de 800 à 900 mètres au prix d'effroyables pertes. Les hommes sont épuisés, affamés et meurent de soif.
Rapport du lieutenant Cloastre de la 1ere compagnie :
"J'ai l'honneur de rendre compte de l'état d'épuisement dans lequel se trouvent mes hommes. Fatigués par le peu d'aliments, ils se trouvent actuellement dans des trous qui s'éboulent sans cesse et qu'ils doivent remonter continuellement pour ne pas être complétement recouverts. Avec cette impossibilité de prendre un sommeil de quelques heures, mes hommes sont à bout. Il serait urgent de les faire relever."
Le 6 novembre, le général De Lavillèon donne l'ordre suivant :
"Maintenant que nous avons atteint les objectifs qui nous étaient fixés, le meilleur moyen de diminuer nos pertes est de nous enterrer rapidement et profondément. Il semble que la meilleure façon d'obtenir un bon rendement soit de mettre les hommes à la tache par équipes, se relevant et assurant ainsi la continuité du travail de jour comme de nuit prescrite par le général en chef."
Mais, à cause des bombardements incessant, les travaux ne peuvent être exécutés le jour et les travaux faits la nuit sont aussitôt détruit dès que le jour reviens...
Le 7 novembre, le 2e bataillon du 19e RI est relevé par le 3e qui était resté en réserve de division. Les 7 et 8 novembre, les travaux de construction et d'organisation du secteur avancent mais très très lentement, toujours sous les bombardements incessants.
Le 9 novembre 1916, le 19e régiment d'infanterie est relevé par le 118e. Il descend à Haudainville et rejoint son ancien cantonnement des péniches sur le canal ou il passe 8 jours de repos avant de remonter en ligne dans le secteur du bois Fumin.

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18 juin 2009

LES MUSICIENS DU 219e RI

Musiciens_219e_RI

Les musiciens du 219e RI.
Une belle découverte de Christophe Rochet, que je remercie de sa générosité en nous montrant ses photos et cartes postales issues de sa collection personnelle.

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30 mars 2009

A LA GLOIRE DU 19ème DE LIGNE

Soldat         A LA GLOIRE DU 19e DE LIGNE

                   1914 - 1915

                 Le dix-neuvième

Chant : Paroles de Maurice Marchand,
           musique de Eugène Esvan

I

Tous sont des Celtes au coeur fort,
Des preux descendants de la race,
Dont gardera toujours la trace
Notre vieille terre d'Armor.
Qu'ils entonnent de leurs voix graves
La " Marseillaise " ou le Bardit,
Ces fils des terres de granit
Sont toujours les mêmes braves

Refrain

En avant ! fils du sol Breton
En avant ! et sus au Teuton
En avant ! au coeur de l'Espérance
En avant ! En avant ! C'est pour la France !

II

Sur son étendard sont inscrits
Des noms célèbres dans l'Histoire
Et l'étranger garde mémoire
Des temps où ses vaillants conscrits,
Servant la jeune République,
Mouraient au cri de " Liberté !"
A Jemmapes il a lutté
Le dix-neuvième héroïque.

III

Lorsque de glorieux lauriers
La Renommée encor naissante
Cernait la tête frémissante
Du plus fameux de nos guerriers,
Près du vainqueur des pyramides
Héliopolis vit se ranger,
Calmes en face du danger,
Nos bataillons intrépides.

IV

Marchant de succès en succès
Et toujours avide de gloire,
A Wagram il eut la victoire,
Sous l'Aigle du César français.
Servant toujours sans défaillance
Le dix-neuvième s'est battu
Avec une mâle vertu
Quand l'a demandé la France.

V

Aujourd'hui que de sombres jours
Ramènent la guerre abhorrée,
Maissin, Bulson et Lenharrée,
Nous nous en souvenons toujours.
Et demain, quand, victorieuse,
La France reprendra l'assaut,
Nous achèverons, le front haut
Notre tâche glorieuse !

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03 mars 2009

FROIDETERRE

Voici une superbe vue aérienne de l'ouvrage de Froideterre prise par Jean Luc Kaluzko.
Plus de 90 ans après les effroyables combats de Verdun, les traces laissées par les bombardements sont encore bien visibles de nos jours.

froideterre_aer
Merci à Jean Luc Kaluzko pour cette photo aérienne.

Début Avril 1916, le 19e régiment d'infanterie a eu plusieurs tués dans ce secteur de Froideterre, victimes des bombardements, dont :
Jean Marie GOASDUFF et Charles LE GAC le 1er avril 1916.
Jean Claude GOASGUEN, Jean LASSAL, Jean Marie PICARD, Henri VASSEUR et le caporal Alexandre LE CADRE le 2 avril 1916.
Jean LE MENTEC le 3 avril et Joseph LE TURNIER le 4 avril 1916.

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06 février 2009

DEVANT THIEPVAL, LE 7 OCTOBRE 1914

Parue dans le Nouvelliste du Morbihan le 11 novembre 1914, cette lettre a très probablement été écrite par un soldat du 19e régiment d'infanterie qui occupait ce secteur de Thiepval en ce début Octobre 1914. Dans cette lettre, cet homme, originaire du Morbihan, raconte son quotidien.

« Devant THIEPVAL, le 7 Octobre 1914

Depuis mon départ, tu n’as guère eu la peine de me lire souvent si bien longuement ; cela tient essentiellement à notre situation présente. Voilà trois semaines bientôt que nous vivons de la vie des taupes, toujours en terre.

Dès notre arrivée dans ce pays, nous avons commencé à creuser des tranchées et depuis nous y sommes, en quittant une pour en creuser une autre un peu plus près de l’ennemi. Mais tu ne dois pas savoir ce que c’est qu’une tranchée : je vais essayer de te l’expliquer et tu le comprendras facilement, je l’espère.

Nous savons par exemple que les Boches occupent la crête d’une colline. Cette crête est formée d’un terrain à peu près plan sur 100, 200 ou 300 mètres. Nous approchons de l’ennemi et , quand nous sommes assez prêts, nous nous couchons tous, mettons nos sacs devant nous pour nous protéger plus ou moins des balles, puis chacun commence son trou. Régulièrement ces tranchées individuelles se font à l’aide des outils que l’on porte sur le sac ; mais beaucoup ont perdu sacs et tout et j’ai vu creuser la terre avec les couteaux , cuillers, fourchettes et même simplement avec les seules mains. La terre, ainsi retirée des trous que nous faisons, se place devant nous, à coté du sac et forme parapet . Pour peu qu’on travaille pendant quelques heures , le trou devient assez profond pour que l’on puisse s’y tenir à genoux, puis debout, tout en étant à l’abri derrière le monticule de terre que l’on a tiré. Si on n’avait à craindre que les balles on ferait des tranchées très larges dans lesquelles on pourrait se tenir allongé ; mais pour nous garantir des obus nous préférons des tranchées plus étroites, tout le long du boyau. De la sorte, lorsque l’on est bien tapi au fond avec le sac sur le dos, il n’y a plus rien à craindre de leurs marmites. D’ailleurs, les premiers temps, nous ne pouvions entendre un obus siffler sans tous nous aplatir à terre. Depuis nous nous sommes habitués à cette chanson si souvent sifflée et nous reconnaissons à temps si le projectile nous est destiné, rien qu’à son bourdonnement qui, évidemment, n’est pas le même quand il rase terre et va tomber, et quand il passe à grande hauteur et va éclater à quelques kilomètres en arrière de nous.

Tu dois te demander ce que nous faisons dans ces habitations ultra-modernes appelées tranchées ? L‘horizon est plutôt borné ; aussi n‘admirons-nous pas beaucoup le paysage. Nous commençons tout d‘abord par améliorer notre « intérieur » . Pour ce faire nous allons chercher de la paille ou même du blé, car beaucoup de céréales ne sont pas battues, et nous en faisons d‘épais tapis et de chaudes couvertures. Les premiers jours après notre arrivée ici nous nous contentions de ces seuls meubles car le temps était très beau et nous dormions sans avoir trop froid, avec comme ciel de lit la calotte céleste constellée d‘étoiles !!! Malheureusement, depuis plusieurs jours, le soleil fait grève et par contre la pluie et la brume ne dédissent pas ; aussi, a-t-il fallu nous garantir mieux : ma toile cirée m‘est très utile. On nous a fourni aussi des tricots de laine et des couvertures régimentaires. De notre coté, nous avons travaillé. Les bois environnants nous fournissent dexcellentes toitures . Tous ces feuillages enchevêtrés, recouverts ensuite de paille, nous font des abris relativement chauds et sous lesquels nous narguons la pluie. La paille pourtant se fait rare et celle que nous avions primitivement dessous commence à se transformer en fumier, sans quil nous soit possible de la renouveler.

Ce que nous faisons dans les tranchées ?

Tout dabord on dort quand on nest pas de veille et dun sommeil !!! Il est vrai que trois semaines passées à entendre le grondement continuel des canons et le sifflement des balles ne sont pas faites pour vous reposer . Un obus éclatant à 6 ou 8 mètres  de la tranchée ne réussit pas à nous réveiller. Le ronflement des dormeurs se même au fracas de léclatement des obus : jen ai ri combien de fois ?

On cause aussi, on chante même, on rit et on fume. J‘ai eu la précaution de me munir d‘une pipe en passant à TROYES et je ne le regrette pas car le feuilles à cigarettes ont fait très souvent défaut. Le tabac nous a manqué à tous aussi pendant un ou deux jours et ça été une grande privation . Maintenant, par bonheur, nous en sommes munis abondamment . Ce qui nous a beaucoup ennuyé et nous tracasse encore, cest le manque dallumettes : cest triste à dire. Au milieu de tous ces feux croisés dartillerie et dinfanterie, de ces incendies de châteaux, de villages et de meules de paille , nous avons mille peines à nous procurer des allumettes. Nous employons des ruses de sauvages pour, modernes Vestales, entretenir le feu indispensable aux fumeurs.

Hier, jai réussi à me procurer 3 allumettes pour toute la Section. Nous avons établi un tour de fumerie et 2 allumettes ont suffi à contenter tout le monde. A ce propos, si tu disais cela à M. P.. , peut-être pourrait-il obtenir que les Femmes de France fassent parvenir une cinquantaine de boites dallumettes rouges, les plus pratiques en campagne. Tous les soldats leur en sauraient grand gré.

Donc nous dormons, nous fumons, nous mangeons aussi, dune façon un peu monotone, un menu qui na rien de trop varié ; mais nous ne demandons quune chose, que les mets soient chauds. A ce point de vue, none avons pas à nous plaindre actuellement, car la Compagnie se trouve à proximité du village où lon fait la cuisine . En effet, il est absolument interdit dallumer de feux à ciel ouvert, de peur de se faire repérer par les aéros .  De la sorte, quand on se trouve un peu éloigné de toute habitation on mange et on boit le café froid, ce qui na rien dagréable par ce temps qui est loin dêtre tropical . Jusquici nous navons eu que du rata, du bouilli, de la soupe et du café ainsi que du singe ; mais désormais les Compagnies pourront se procurer du chocolat, du fromage et des conserves (sardines, thon, etc.) . Chacun attend ces nouveaux mets avec une impatience que tu dois comprendre et je te promets bien que, même si les sardines sont importées dEspagne, cela ne mempêchera pas de les dévorer à belles dents.

Il n’y a pas que des choses terribles en guerre, il y a aussi le coté comique. Ainsi, l’autre jour (nous sommes à 200 mètres à peine des tranchées allemandes), nous entendons les Boches chanter. Pour les faire taire, nous tirons quelques coups de fusils sur leur talus. Figure-toi que ces animaux se sont mis à siffler ! Et d’un air de se fiche du monde ! Nous sommes tous partis d’un éclat de rire général.

Encore un autre fait : nous sommes tellement rapprochés que, quelquefois, dans la nuit, les cuisiniers allemands se trompent de route. Ainsi, lautre jour, deux dentre eux sont venus porter le « jus » dans la première tranchée de la 5e Compagnie. Comme tu le penses, ils ont été accueillis avec enthousiasme, le café a été accepté et exécuté séance tenante, tandis que les Boches étaient faits prisonniers. Ils nont dailleurs pas du tout lair fâché dêtre pris par nous. Ils en ont assez, eux aussi, et savent bien maintenant quils ne seront pas maltraités. Tous dailleurs tant quils sont ont lair de ne marcher que bourrés dalcool. Il est rare quon fasse un prisonnier qui ne soit pas plein comme une bourrique. Un uhlan, lautre jour, vient la nuit pour couper les fils de fer que nous mettons devant nos lignes ; il est blessé et fait prisonnier. La blessure est très superficielle et pourtant il ne tient pas debout. Quand le Major sest approché de lui pour le panser il lui a parlé en Breton , oui, tu lis bien, en Breton ! Cest dailleurs étonnant comme ils sont nombreux chez eux ceux qui savent le Français et cela nous joue de sales tours . Chaque fois quils savancent ou quils se voient pris, principalement la nuit, ils crient : « Ne tirez pas, nous sommes Français » et nous, de peur de tirer sur des camarades, nous ne tirons pas et nous faisons attraper.

Jai encore bien des choses à te raconter sur notre vie , mais que je ferai de vive voix. Quand ? A linstant, je reçois ta lettre. Quel plaisir et quelle chance ! En effet, je navais pas denveloppe, et la tienne va te retourner. La prochaine fois que tu mécriras, mets plusieurs enveloppes dans la lettre et quelques feuilles , ne crains pas de charger ; ici nous navons rien absolument, tout le pays est saccagé et dailleurs nous ne bougeons pas de notre trou, comme je te lai dit » .

27 janvier 2009

Des photos

Collectionneur de cartes postales et de photos anciennes sur le thème de la Bretagne, Christophe Rochet a eu l'extrême gentillesse de me faire parvenir des scans de photos de soldats du 19e régiment d'infanterie provenant de sa collection.

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Photo prise certainement lors d'une permission, ce soldat du 19e RI pose en compagnie de sa femme et de leurs trois enfants en costume traditionnel de Quimper.

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Série de portraits

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A gauche un soldat du 19e régiment d'infanterie et à droite un sergent du 2e régiment d'infanterie coloniale.
Ces deux régiments étaient caserné à Brest.

Vous pouvez retrouver ces photos et d'autres dans l'album photos "A identifier" qui se trouve dans la colonne de droite.

Grand merci à Christophe Rochet pour ces photos.

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16 janvier 2009

Jean Marie PERON

Jean_Marie_Peron

Né le 11 septembre 1884 à Bodilis, Jean Marie PERON a rejoint le 19e régiment d'infanterie dès la mobilisation. Blessé trois fois au cours du conflit, il a eu la chance de survivre à l'enfer de la guerre.
Poète, son fils Hervé Peron a écrit un poème en hommage à son pére et aux poilus de la grande guerre que vous pouvez lire ci-dessous.
Merci à Virginie et Hervé Peron pour leurs documents.

Peron_Poeme      Jean_Marie_Peron_Groupe

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