Le_Temps_31_01_1915Le Temps 31 janvier 1915

Un article paru dans le journal Le Temps du 31 janvier 1915 raconte que, pour fêter l'anniversaire de la fondation de l'empire germanique, l'empereur Guillaume II a demandé la prise de La Boisselle. Pour motiver ses troupes, il promet une récompense de 700 marks à qui rapporterait une mitrailleuse française.

- Que s'est réellement passé à La Boisselle ?

Le 18 janvier 1915, le 65e régiment d'infanterie occupe le secteur de La Boisselle, la 7e compagnie dans l'ilot, la 8e au cimetière et la 6e dans la tranchée aux arbres située un peu en arrière du cimetière. Le 2e bataillon du 65e est dans les tranchées de soutien et le reste du régiment en réserve à Albert.
Un peu après minuit, les allemands s'élancent sur l'ilot et le cimetière en silence, pas un coup de fusil ni de canon.
Pris par surprise et devant la violence de l'assaut ennemi, les 7e et 8e compagnies du 65e régiment d'infanterie se replient sur la tranchée aux arbres. L'artillerie est alertée et commence aussitôt un bombardement du village de La Boisselle.
Vers 0 heures 45, le dépôt de cheddite, destiné aux travaux de mine, qui se trouvait dans une cave de l'ilot explose.
Le général commandant le 11e Corps d'Armée ordonne de reprendre le terrain perdu. Le 19e régiment d'infanterie est alerté et se porte à Albert prêt à intervenir si besoin. Le 118e régiment d'infanterie est à Bouzincourt.
A 6 heures 55, la contre-attaque lancée par le 65e régiment d'infanterie est un succès, tous les emplacements occupés au début de la nuit précédente sont repris.

Dans sa correspondance, le commandant Viotte chef du 2e bataillon du 19e régiment d'infanterie note à la date du 18 janvier 1915 :

" Ce matin à quatre heures un ordre imprévu nous portait à la sortie Est d’Albert. Là, je m’y mettais en liaison avec le commandant du 65e et j’attendais près de lui jusqu’à 10 heures 45 un nouvel ordre, celui de rentrer à Millencourt. Dans la nuit le 65e avait relevé le 118e et le 19e et par un hasard extraordinaire les allemands avaient fait un coup de main sur la partie de La Boisselle que nous possédons. Coup de main heureux puisque des deux compagnies qui la tenaient, il ne restait plus qu’une soixantaine d’hommes, le reste, pincé.
Vous voyez la tête du haut commandement ; à vouloir s’avancer toujours et sans nécessité ont finit par perdre de vue les plus nécessaires principes de sureté. Il n’y avait aucun fil de fer en avant. Les boches ont écopé ferme naturellement dès que notre artillerie se fut mise de la partie. A 10 heures 45, au moment où je repartais tout était repris par le 65e qui sera évidement plus prudent cette nuit.
PS : On avait promis 700 marks aux allemands par mitrailleuse prise ! Ils se sont tapés. Rien. "